‹ Marie StuartChapitre 27 sur 107 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

ployait contre elle pendant son absence, et auxquelles elle ne renoncerait pas après son retour.

Elle savait leur puissance sur les âmes écossaises.

Elle arriva le 10 août à Calais. Après avoir employé tous les moyens qui lui paraissaient propres à vaincre les préjugés et l'hostilité d'Elisabeth, elle voulut faire une tentative suprême. Elle fit partir un envoyé spécial qui devait renouveler et compléter les explications transmises par l'ambassadeur. Elle comprit pourtant l'inutilité de ce dernier effort, car elle partit le 15, avant d'avoir pu recevoir aucune réponse.

« Le commancement de l'automne estant donc venu, dit Brantôme (I), il fallust que ceste reyne, après avoir assez temporisé, abandonnast la France ; et s'estant acheminée par terre à Calais, accompagnée de messieurs tous ses oncles, M. de Nemours, et de la plupart des grands et honnestes de la cour , ensemble des dames, comme de madame de Guyse et autres, tous regrettans et pleurans à chaudes larmes l'absence d'une telle reyne, elle trouva au port deux gallères ; l'une de M. de Meuilon, et l'autre du capitaine Albèze, et deux navires de charge seulement pour tout armement; et six jours après son séjour de Calais,ayant dict ses adieux piteux et plains de soupirs à toute la grand' compagnie qui estoit là, depuis le plus grand, jusques au plus petit, s'embarqua, ayant de ses oncles avec elle, messieurs d'Aumale, grand prieur, et d'Elbeuf, et M. d'Amville, aujourd'huy M. le Connestable, et force noblesse que nous estions avec elle dans la gallère de M. de Meuilon, pour estre la meilleure et la plus belle.»

Son temps a remarqué avec soin les événements malheureux qui ont^précédé ou accompagné les principaux actes de sa vie. L'Ecosse, toujours superstitieuse, les a notés dans la naïveté de sa crédulité traditionnelle, et l'imagination populaire frappée de la malheureuse destinée de cette reine, qui exerça une si puissante séduction, et qui est si digne de pitié, a voulu associer à son sort, dans la nature ou chez les hommes, même ce qui lui était le plus étranger.

« Ainsi donc, reprend Brantôme, qu'elle commençoit à vouloir sortir du port, et que les rames commençaient à se vouloir mouiller, elle y vist entrer en plaine mer, et tout à

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