PRÉFACE. III
l'opinion puisse se refaire. Elle a été longtemps déformée, trompée, pervertie par la légèreté ou la passion. Il faut la réformer, l'éclairer et la remettre dans sa voie par le respect pour la vérité. C'est le rôle des petits livres. Ils ne demandent pas assurément peu de travail, car ils présentent, sous une forme réduite, le résultat de nombreuses recherches et d'efforts cachés, mais ils n'exigent pour la lecture que peu de temps, et on leur en sait gré. C'est avec une disposition favorable qu'on les aborde, parce que l'on sait qu'ils n'abuseront pas de l'attention qu'on veut bien leur accorder. Pour les uns, ils sont des initiateurs, et engagent à pousser plus loin. Pour les autres, ils leur donnent des solutions; si elles sont claires, simples, loyales, elles restent comme le dernier mot sur une question, un homme et une période.
Pouvons-nous espérer pour notre Marie Stuart, cette bonne fortune ? Elle est une œuvre de bonne foi, et cela nous donne quelque confiance, car la bonne foi n'est jamais stérile.
Nous n'avons pas hésité à joindre au nom de la reine et de la femme si calomniée, celui de martyre. Il nous semble pleinement justifié par les faits. Elle a été martyre par les longues souffrances et les terribles « tragédies » de sa royauté, par les humiliations et les tourments d'une captivité de plus de dix-neuf ans, et par une mort cruelle subie avec une résignation chrétienne. Le cœur se serre à mesure que se développent les phases diverses de cette existence vouée à toutes les épreuves, et l'on ne sait ce qui l'emporte de l'admiration ou de la pitié.