‹ Marie StuartChapitre 31 sur 107 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

La régente différa sa réponse, et les catholiques proposèrent un compromis. Les lords rejetèrent ces avances, déclarèrent qu'ils entendaient pratiquer leur religion sans avoir à redouter ni persécution, ni gêne, et ils exigèrent l'extirpation immédiate des abus qu'ils prétendaient exister de temps immémorial dans l'Église romaine.

Marie de Lorraine aurait voulu éviter une rupture, mais les lords de la Congrégation la recherchaient et la rendaient inévitable. Au mois de mars 1559, ils demandèrent que les évêques fussent élus par les fidèles des diocèses et les curés par ceux des paroisses. La régente repoussa ces prétentions, et après avoir rappelé l'obligation de faire, dans les églises, les prières en latin, et de suivre partout les mêmes rites pour le culte public, elle annonça son intention de résister à tous ces empiétements.

Des députés furent envoyés vers elle pour obtenir que les demandes fussent accordées et les ordres retirés. La régente à qui l'on rappelait des promesses dont on prétendait se prévaloir sans remplir les conditions acceptées, ayant dit qu'on ne « doit en exiger l'accomplissement par les princesses que si elles sont conformes à leur dignité >, on lui répondit : <ï Si vous êtes résolue à ne garder aucune foi avec vos sujets, nous cesserons de vous obéir. »

De ces paroles à la révolte, il n'y avait qu'un pas. Il fut vite fait, la ville de Perth ayant apostasie, la régente ordonna de rétablir la messe, et cita les prédicateurs devant le parlement à Stirling. „

Les prédicateurs ne comparurent pas et furent déclarés rebelles. Ils n'avaient pas attendu cet arrêt pour souffler la révolte au sein de populations irritées. Sur leurs excitations, la foule pilla et dévasta la cathédrale, renversa les couvents des moines gris et des moines noirs et profana l'église des chartreux. Ces scènes se renouvelèrent dans toutes les villes où les réformés se sentirent en force et l'Ecosse se couvrit de ruines.

Marie leva une armée pour attaquer Perth qui était le quartier général des réformés. Les révoltés expliquèrent leur conduite dans des lettres qui furent une insulte nouvelle. La régente aurait pu les réduire, car elle disposait de forces supérieures. Elle aima mieux traiter avec eux, espérant les gagner, et après de longues négociations, elle rentra pacifiquement dans Perth, où il fut convenu que ne serait pas reçu un soldat français.

William Cecil, Lord lïurleigh.

D'après un portrait original de la Collection du Comte de Burlington.

Page 1