CHAPITRE SEPTIÈME. O
On y distingue le pays des hautes tevxçs(High lands)zt le pays des basses terres (Lotv lands). La vallée qui sépare la Clyde du Forth sert de limite naturelle à ces deux grandes divisions territoriales et ethnographiques.
A des degrés différents, les habitants des hautes et des basses terres sont prudents,réfléchis, jaloux de leur indépendance, braves, ambitieux, mobiles dans leurs projets et leurs sentiments, fiers, hospitaliers, portant très haut le sentiment de l'honneur, industrieux, avides de gain, et lorsque l'intérêt ou la passion est en jeu, prompts à des capitulations qui démentent la loyauté de leur caractère, et à des trahisons qui les déshonorent.
L'histoire de l'Ecosse n'est qu'une longue lutte entre les grands, qui ne sont jamais unis que dans la haine contre la royauté. Le régime féodal s'était établi après les invasions successives desScots d'Islande et des Pietés, peuple d'origine gothique. Les premiers habitants soumis aux vainqueurs furent courbés sous une domination que la longue possession adoucit, sans lui enlever ni ses exigences, ni sa rigueur.
Le pouvoir royal, peu sûr de lui-même, flottait entre des mesures excessives qui entretenaient l'irritation, et des ménagements qui compromettaient l'autorité. Au IXe siècle, la division des hautes et des basses terres cessa par l'union des deux couronnes sur la tête de Kennet II. Mais la distinction de race ne fut jamais effacée, et l'événement le plus futile devenait une occasion de conflit.
Aussi, le pays ne fut jamais tranquille. Placés sur le rang d'une égalité parfaite, les nobles, dont la chasse et la guerre occupaient les longs loisirs,ne voyaient que dans les armes la solution de leurs difficultés. Ils se jouaient de leur vie et de celle des autres. Une expédition contre un voisin était une bonne fortune, et les exploits accomplis au grand jour, ou par une de ces surprises auxquelles se plaisent les montagnards, devenaient une occasion de fêtes.
On aimait les grands coups de claymore, on ne dédaignait pas, avec la gloire qu'ils donnent, le butin qu'ils procurent.
Les inimitiés restaient ainsi vivantes, les familles les gardaient comme un héritage, et des partis se formaient, toujours en éveil, toujours prêts à en venir aux mains. Les tenanciers s'associaient aux sentiments de leurs maîtres. Obligés de les suivre à la guerre, ils en rapportaient des haines et des désirs de vengeance qui rendaient les luttes plus fréquentes et plus
impitoyables. Les chants nationaux n'étaient que le récit de ces exploits, et l'imagination ajoutait ainsi aux effets de la jalousie et de la cupidité.
Tel est le spectacle qu'ont présenté pendant des siècles les pays situés au nord et au sud de la Clyde.
L'antagonisme qui existait entre les nobles de l'Ecosse arma fréquemment les hautes terres contre les basses terres. Les incursions étaient fréquentes. Le pillage à la suite d'un coup de main a toujours tenté les esprits aventureux. Ils y trouvaient un bien facilement acquis et une occasion de montrer leur supériorité. Une vaine gloire a été souvent l'unique mobile des incursions et des maux de toute sorte qu'elles ont provoqués. Un intérêt cupide venait peut-être en seconde ligne, mais n'était pas moins puissant.
La royauté a eu cruellement à souffrir de ces dispositions d'un peuple dont la mobilité égalait la violence. Elle était l'ennemie pour ceux qui sacrifiaient tout à leurs intérêts et à leurs passions. La race des Stuarts qui, avant d'arriver au trône, avait généreusement versé son sang pour la cause commune, fut victime de cette turbulence et de cette impatience de toute subordination. Ni l'intérêt public, ni les menaces d'un voisin ambitieux et redoutable, ni les grandes qualités de ces rois, ni les services rendus pendant la paix et pendant les guerres, ne purent corriger des dispositions rebelles, ni faire renoncer à des entreprises coupables. Sous un pouvoir fort, les conspirations étaient permanentes ; sous un prince faible, pendant une régence, à ces menées secrètes succédaient de soudaines explosions et des prises d'armes.
La régence de Marie de Lorraine fut constamment agitée ,par les conspirations du dedans et les sourdes excitations du dehors. Elle fut ébranlée par ceux-là mêmes qui auraient dû se ranger autour d'elle parce qu'elle était une femme, et que, malgré de rares qualités, elle ne pouvait que défendre faiblement le trône d'une enfant. Parmi les seigneurs qui l'entouraient, plusieurs trahirent sa confiance et s'associèrent à des tentatives criminelles. Ils se préparaient à des trahisons plus infâmes encore.
On peut nommer parmi eux : Morton, qui n'eut point d'égal en duplicité ; Lindsey qui montra dans les luttes une rare intrépidité comme il avait déployé dans ses bruyères une puissance hautaine; Huntley, grand propriétaire, conspirateur tenace, fier soldat ; lord Ruthven, qui, à l'élégance de