CHAPITRE SEPTIÈME
tendre , et on s'en retournait le cœur plein de haine pour cette Église dout il dénaturait les croyances, dont il ridiculisait le culte et dont il calomniait la morale.
Après l'assassinat du cardinal Beaton, il s'enferma dans le château de Saint- André, et soutint longtemps le courage des assiégés qu'il ne put pourtant faire renoncer à leurs orgies. Après la capitulation,ilfuttransr porté en France, passa trois ans aux galères et fut rendu à la liberté en 1551.
Le séjour en Ecosse lui étant interdit, il se réfugia en Angleterre, où il devint le chapelain d'Edouard VI. (1552.) A l'avènement de Marie Tudor, il perdit son emploi, et trembla pour sa sécurité. Après avoir passé quelque temps à Francfort, où il abandonna les formes de l'anglicanisme, il chercha une autre voie et conçut l'idée d'une révolution plus complète. C'est a Genève, dans l'intimité de Calvin, qu'il trouva ce qui convenait à sa nature absolue et à ses tendances démocratiques.
Il revit l'Ecosse en 1555, et grâce à la tolérance de Marie de Lorraine qui oublia sa participation à la révolte, il put prêcher à Edimbourg, où il acquit une grande popularité et gagna de nombreux partisans.
» L'audace de sa parole, le nombre et la qualité de ses adhérents provoquèrent une vive inquiétude parmi les catholiques. Cité à comparaître à Edimbourg devant une commission ecclésiastique, il n'hésita pas à obéir, sûr de l'impunité, grâce à l'attitude de la foule qui l'accompagnait ; et ce qui devait l'arrêter donna une nouvelle force à son action.
Il revint à Genève où il publia un pamphlet d'une extrême violence contre le gouvernement des femme*
John Knox.
JO MARIF, STUART.
(1557). Il rentra en Ecosse le 2 mai 1559, et sa parole donna le signal des scènes les plus violentes. Des villes furent prises et saccagées, des couvents pillés et détruits, des prêtres maltraités et massacrés.
Knox fut un véritable révolutionnaire, passionné, implacable, absolu. Sous prétexte d'établir la Réforme sur «la seule parole de Dieu », il bouleversa l'Ecosse, et après avoir provoqué ou favorisé la révolte contre la régente, il fut contre Marie Stuart l'agent le plus actif de l'Angleterre et, au nom de la Réforme, l'instrument le plus inflexible de sa c'iute.
L'hostilité entre l'Ecosse et la Bretagne était ancienne. Les Romains après avoir repoussé par les armes, les invasions des Pietés, avaient élevé contre eux les deux murs d'Hadrien et de Septime Sévère.qui ne furent pas longtemps une barrière respectée. C'est contre des incursions fréquentes et meurtrières, que les Bretons appelèrent de la Germanie les Angles et les Saxons. L'union des Pietés et des Scots (833), en constituant un royaume, contint dans ses limites un peuple que le christianisme avait arraché dès le VIe siècle à ses superstitions et à sa barbarie.
En 90c, Edouard I, roi d'Angleterre, avait soumis ces contrées rebelles à toute discipline et fières de leur indépendance. Elles ne tardèrent pas à lui échapper. Ses successeurs reprirent son œuvre, mais malgré des querelles intestines qui donnaient et enlevaient le pouvoir aux Bruces.aux Bailleuls et aux Stuarts, la réunion ne put être opérée. Enfin, en 13 14, la victoire de Robert Bruce à Bannockburn découragea ces tentatives, et l'Ecosse put vivre en sécurité poui son autonomie.
La lutte reprit sous les Stuarts, et lui fit courir de grands dangers. Ces princes furent constamment en guerre avec leurs sujets ou avec leurs voisins. Jacques IV d'Ecosse, en épousant Marguerite, fille de Henri VII d'Angleterre, n'aspirait qu'à établir de bons rapports entre les deux pays. 11 créa des droits à sa famille sur le trône d'Angleterre. Henri VIII menaça Edimbourg et voulut accomplir par un vigoureux coup de main, ce que ses prédécesseurs avaient préparé par des attaques multipliées et une politique constante. L'Ecosse se jeta entre les bras de la France, renouvela tous les anciens traités, et scella par le mariage de Jacques V avec une fille de François I, et ensuite avec