CHAPITRE SEPTIÈME
Marie de Lorraine, des relations séculaires. L'ambition de l'Angleterre en Ecosse s'accrut de toute la haine qu'elle
Portrait d'Elisabeth, d'après le tableau original de Zucchero.
portait à sa rivale du continent, dont elle avait espéré, un moment arrêter les destinées par la conquête.
Cette ambition devait surtout se manifester sous le règne d'Elisabeth,
y 2 MARIE STUART.
Née en 1533, elle succéda, le 17 novembre 1558, à Marie Tudor. Après la mort de sa mère, Anne Boleyn, décapitée par l'ordre de Henri VIII, elle avait été déclarée par le parlement, incapable de régner. Ses droits alors niés furent plus tard reconnus sans hésitation.
Son ambition et sa haine contre Marie Tudor l'avaient jetée dans des conspirations à la suite desquelles elle fut arrêtée, emprisonnée et menacée du dernier supplice.
Son eloignement de la cour favorisa le développement de ses facultés. Son intelligence était vive et son jugement solide. Elle apprit plusieurs langues et les parla facilement. Le français, le latin et l'italien lui étaient aussi familiers que l'anglais. Elle avait moins de goût que d'instruction, et sa mémoire qui la servait fidèlement, venait en aide à son pédantisme naturel.
Elle avait plus de grâce que de beauté, et plus de prétentions que d'attraits. On a de la peine à croire jusqu'à quel point allait son désir de plaire, et sa volonté d'être trouvée supérieure à toutes celles à qui elle pouvait être comparée. Elle n'aurait pas pardonné qu'on eût méconnu ses talents comme musicienne, et l'élégance exquise qu'elle déployait en dansant. Elle aimait la parure, bien qu'elle affectât de la dire inutile pour rehausser sa beauté naturelle, et sa recherche n'était pas toujours dirigée par le goût.
Obligée à une constante surveillance sur elle-même, pour déguiser ses vices précoces et couvrir les projets de son ambition inquiète, elle avait pris l'habitude, qui ne l'abandonna pas, de dissimuler. Mobile dans ses affections et ses projets, inconséquente dans ses volontés, elle offrait le spectacle d'une constante et redoutable incertitude. On n'était jamais assuré d'avoir pu lui plaire, et il eût été imprudent de compter sur les témoignages même publics de sa faveur. Elle était voluptueuse et fantasque, et plus elle parlait de ses scrupules, moins elle en tenait compte dans sa conduite.
Jalouse de la grandeur de l'Angleterre.elle avait l'ambition de la voir puissante et de la placer à la tête des nations. Égoïste et absolue, elle trouvait bons tous les moyens qui la menaient à son but Econome pour son propre compte et souvent avare, elle veillait avec la plus sage sollicitude sur les finances de l'État. Elle avait compris l'importance de la marine, et elle la développa avec une activité qui ne se