‹ Marie StuartChapitre 41 sur 107 · Chapitre ïjutttèxne · texte numérisé non relu

Chapitre ïjutttèxne

Les premières années de règne.

'ARIE STUART débarqua le soir, à Leith, au

Mh2 milieu d'une foule nombreuse et empressée. Içr* Protestants et catholiques, nobles et peuple, se portèrent à sa rencontre avec des manifestations non équivoques de dévouement et de fidélité. On était avide de voir la reine dont on connaissait, par des témoignages multipliés, la beauté, la grâce et la bonté.

« Nous allasmes entrer et prendre place au Petit-lit, raconte Brantôme, où soudain les principaux de là et de l'Islebourg (J) accoururent pour recueillir leur reyne ; et ayant séjourné deux heures seulement au Petit-lit, fallut s'acheminer à l'Islebourg, qui n'est qu'à une petite lieue de là. La reyne y alla à cheval, et ses dames et seigneurs sur des hacquenées guilledines du pays, telles quelles, et harnachées de mesmes; dont sur tel appareil, la reyne se mist à pleurer et dire : que ce n'estoient pas les pompes, les appretsz, les magnificences, ny les superbes montures de la France, dont elle avait jouy si longtemps ; mais puisqu'il luy falloit changer son paradis en un enfer, qu'il falloit prendre patience. Et qui pis est, le soir, ainsi qu'elle se vouloit coucher, estant logée en bas en l'abbaye de l'Ilebourg (2) qui est certes un beau bastiment et ne tient rien du pays, vindrent soubs sa fenêtre cinq ou six cents marauts de la ville, luy donner l'aubade de meschans violions et petits rebecz, dont il n'y en a faute en ce pays-là; et se mirent à chanter des pseaumes tant mal chantez et si mal accordez, que rien plus. Hé ! quelle musique et quel repos pour sa nuict ! »

Quel changement pour Marie Stuart et quelle chute !

La première nuit passée dans la demeure royale qui devait être témoin de tant d'inquiétudes et de douleurs, fut sans sommeil. Le lendemain, elle voulut entendre la messe dans sa chapelle. Le peuple s'insurgea, envahit le palais, menaça l'aumônier, et « s'il ne se fust sauvé de victesse dans sa

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