I. BUANTOME, Recueil des dames ; la reine d'Escosse
tion par laquelle Marie s'engageait à laisser au culte réforme sa liberté, et réclamait le même privilège pour sa cour et ses serviteurs. Knox trouvait cette égalité injurieuse pour les doctrines dont il était le prophète fougueux et intraitable. C'est ainsi qu'il entendait et pratiquait la tolérance.
Marie voulut le voir. Il se montra aussi vaniteux et dur, que Marie fut simple et douce. Il fut inexorable pour les catholiques et menaçant pour les princes. Marie pleura de honte.
Les réformés n'approuvèrent pas tous le langage insultant de Knox, mais nobles et bourgeois cherchaient et saisissaient toutes les occasions de faire profession de haine contre l'Eglise catholique. Ils savaient combien ils froissaient les sentiments de la reine, mais ils trouvaient un certain plaisir à braver le pouvoir, et leur orgueil de sectaires s'enorgueillissait d'avoir fait entendre à une reine un langage austère et indépendant. Ils se croyaient d'autant plus fidèles à la Réforme, qu'ils avaient plus cruellement outragé ses adversaires.
Le 6 septembre, Marie composa son conseil privé. Les comtes d'Arran, de Huntîey, Argyle, Rothwell, Errol, Marshal, Athol, Morton, Montrose, Glencairn, Erskine et son frère James Stuart en faisaientpartie. L'élément protestant y dominait. Lethington était secrétaire d'Etat, Richardson trésorier, James Mackill, clerc du registre ; John Bellenden, clerc de la justice ; Wishart de Pittarow reçut le sceau privé.
Combien parmi ces hommes qu'elle associait à son gouvernement et investissait de sa confiance, devaient répondre à sa facile bonté par la trahison !
Les deux hommes qui exercèrent sur elle la plus grande et la plus funeste influence étaient James Stuart et Lethington. Elle leur accorda tout d'abord une part importante dans le gouvernement et ne tarda pas à devenir la victime de l'ambition du premier et de la trahison intéressée du second. Elle créa James, comte de Mar, puis comte de Murray, et lui céda une partie des biens immenses qui appartenaient à la couronne dans ce comté septentrional. Il répondit à ces bienfaits en soulevant contre elle toutes les passions et en s'alliant à ses ennemis.
Quant à Lethington, son influence fut d'autant plus pernicieuse qu'initié aux secrets particuliers, comme aux secrets d'Etat, il pouvait nouer toutes les intrigues.et en envelopper la reine de manière a ne pas lui laisser une issue.