‹ Marie StuartChapitre 49 sur 107 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

Ni une conférence réunie à Berwick, ni les messages de lord Cécil, ni les affirmations réitérées d'Elisabeth, ne donnèrent le change à l'Angleterre, à l'Ecosse et aux principaux souverains de l'Europe qui s'intéressaient à Marie, sur les véritables intentions de sa cousine. Elle ne voulait pas éloigner de sa cour Dudley,dont la familiarité lui était nécessaire.

Marie ne s'y trompait pas, et elle s'en expliqua très franchement avec Randolph. Elle ajouta, pour montrer qu'elle avait pénétré une pensée qui se cachait sous toutes sortes de réticences et de mensonges, qu'elle épouserait Dudley devenu comte de Leicester, si Elisabeth reconnaissait ses droits à la couronne d'Angleterre.

Elisabeth répondit à cette ouverture qui l'effraya.en accordant à Darnley la permission de revenir en Ecosse. Elle lui donna et lui fit donner par Leicester des lettres de recommandation.

Marie était au château de Wemiss lorsque Darnley lui fut présenté : on avait déjà cru à la possibilité de ce mariage, on fut convaincu qu'il ne tarderait pas à se faire. Marie s'y résolut promptement. Elle avait été charmée de son cousin, et elle crut avoir de bons motifs personnels et de sérieuses raisons publiques pour l'épouser. Son dévouement à l'Eglise catholique ne l'y poussait pas moins que son penchant. Elle a exposé ces considérations dans un mémoire sur son second mariage (T).

Ses sujets ne voulaient pas d'un prince étranger. Aussi résolut-elle « d'épouser plutôt quelqu'un de cette île, ce à quoi les catholiques et protestants, la sollicitoient vivement,et menaçoient ne souffrir le contraire. Lors la comtesse deLenox, comme elle avoit faict depuis la mort de François II, m'envoyoit visiter, et par des lettres et des présents, solliciter d'accepter son fils, qui estoit comme moi du sang royal d'Angleterre et d'Escosse, le plus proche après moi en succession, et comme moi catholique.... Muray cherchoit de se faire légitimer sous main, et feignant m'aimer, ne me laissoit d'un pas, et vouloit pourvoir à tout le gouvernement du royaume, et s'estoit si bien fortifié, qu'il me tenoit en tutelle ; et enfin me proposa bailler ma couronne à lui et à Argyle, et me deffaire des Hamilton, comme j'avais faict de Huntley ; ce qui me mist en opinion d'entendre à me marier, et en ce,

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