Fragments. Labanoff, I, pp
sinon complaire à tous, du moins aux gens de bien, aux catholiques et à ceux de mon surnom. »
Elle ne se hâta cependant pas. Quoique bien disposée pour Darnley,elle répondit assez froidement à une proposition de mariage qu'il lui fit directement, et refusa une bague qu'il lui offrait. Mais pendant qu'elle était au château de Stirling, Darnley qui s'y rendit, tomba malade. Elle voulut le soigner elle-même, le veilla avec une sollicitude qui faisait plus d'honneur à son cœur qu'à sa prudence, s'inquiéta de son état, et manifesta sa joie de son rétablissement. Cette bonté imprudente fit croire à un mariage secret, et provoqua chez Darnley une satisfaction qui exalta sa vanité, le rendit hautain à l'égard de la noblesse, donna naissance à des bruits malveillants, et fournit des prétextes à la rébellion.
Avec un peu plus de sagesse, il aurait évité de froisser ceux au-dessus desquels il allait être élevé, et son intérêt lui commandait la réserve. Le peu d'élévation de son esprit, une fatuité naturelle et son inexpérience ne lui permirent pas de prendre ou de garder une attitude dont il eût recueilli le fruit, en enlevant tout prétexte à ses ennemis. Mais Darnley semble avoir toujours pris à tâche de fournir des armes contre lui-même, et de se livrer sans défense à ceux qui travaillaient à sa perte.
Knox se fit l'interprète violent des plaintes, et Murray s'exila volontairement, moins par dépit que par calcul. Au dehors l'intrigue était plus facile et plus sûre.
La France vit avec peine ce mariage et proposa des époux à Marie : mais son choix était fait. Elle en ayisa la France et envoya son secrétaire d'État Lethington à Elisabeth, pour lui faire connaître sa détermination et lui en donner les motifs.
Elisabeth montra une irritation réelle ou feinte et proposa, si la reine n'était pas déjà mariée, comme on le lui avait dit, Leicester ou le duc de Norfolk. Le conseil d'Etat anglais à qui fut communiquée la notification dont Lethington était chargé, déclara que le mariage n'était « ni convenable, ni profitable, et directement préjudiciable au maintien de l'alliance entre^ les deux royaumes, et qu'on devait le juger dangereux. » Elisabeth dit qu'elle ne pouvait l'approuver, et envoya Throckmorton enEcossepourfaire connaître son refus.
Marie ne négligeait rien pour gagner sa noblesse et la rendre favorable au mariage projeté. Elle convoqua le 1 5 mai