‹ Marie StuartChapitre 55 sur 107 · CHAPITRE ONZIÈME. IO · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME. IO

d'Ecosse, etKnox rassura par ses paroles d'entière approbation des consciences qui ne se troublaient guères. Il indiqua un jeûne général qui peut avoir été sans lien avec le meurtre, mais qui fut fixé au commencement de mars, et attira à Edimbourg un grand nombre de réformés exaltés. Ils y étaient encore lorsque le complot éclata, et leur présence fut un encouragement.

Les nobles ne pouvaient souffrir qu'un étranger fût en possession de la pleine confiance de la reine, qu'il dirigeât sa politique étrangère, et lui donnât pour la politique intérieure des conseils de prudence et de fermeté qui augmentaient sa force et raffermissaient son pouvoir. Les ennemis se réconcilièrent à cette occasion, et une haine commune les rapprocha. Le comte de Lennox vit en Angleterre où il put entrer et demeurer sans difficulté, Murray et ses amis qui approuvèrent le complot, espérant en recueillir les fruits.

Marie professait à l'égard de la noblesse des opinions fort sages, mais qui devaient paraître étranges aux hommes de son temps. On les trouve exposées dans un fragment de mémoire qu'elle avait écrit (*). « Soubz vernis de grandeur et noblesse des ancestres, fault-il que l'autorité des roys puisse estre enfrainte ou diminuée, et la leur irrépréhensible ? L'une vient de Dieu, l'aultre du roy soubz Dieu ; car Dieu a esleu les roys et commandé aux peuples de leur obéyr, et les roys ont faict et constitué les princes et grands pour les soulager, non pour leur faire teste.

4 Que doit donc faire le roy, si son père a eslevé un homme de bien, et que les successeurs et enfants dégénèrent ? Faut-il que le roy en face mesme estât et leur donne mesme crédit (en ce de quoy ils sont indignes) comme la vertu du père a mérité? Le père estoit vaillant, sage et obéissant ; le filz n'a rien appris qu'à faire le grand et prendre ses ayses, et desdaigner toutes loys ; et si le roy trouve un homme de bas estât, pauvre en biens, mais généreux d'esprit, fidèle en cœur et propre en la charge requise pour son service, il ne luy osera commettre autorité, pour quoy les grands qui ontdesjà en veulent encores 1 »

Riccio était de « bas estât )> et étranger. Est-il étonnant que la noblesse ait été empressée à se débarrasser de lui ?

Elle atteignait ainsi la reine et la punissait du dédain

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