Voir Laianoff, t. VII, pp
mérité, qu'elle avait eu l'imprudence de manifester en plusieurs occasions.
Ainsi, pour faire périr le secrétaire de Marie et pour établir la calomnie contre la reine sur un meurtre, les agents de l'Angleterre, les ministres de la religion réformée et les membres les plus élevés de la noblesse écossaise se trouvèrent d'accord. Mais ce qui est le plus étrange, c'est la participation directe de Darnley.
Comment avait-on pu amener au crime cet esprit sans consistance, cette âme sans volonté ? Comment ceux qui avaient conçu la première pensée du meurtre,et aux passions de qui il importait le plus, n'en paraissent-ils que les complices ?
Darnley avait beaucoup obtenu de Marie. Il voulait avoir encore davantage. Il fallait à son ambition impuissante, et par là même plus exigeante, la moitié de l'autorité royale, ce que l'on appelait la couronne matrimoniale. Riccio, qui savait ce que serait devenue cette autorité en des mains incapables, affermissait la reine dans sa volonté de résister aux instances de Darnley.
Elisabeth n'ignorait pas le projet de l'attentat, et elle a été accusée d'avoir aidé par de l'argent à son accomplissement. Il est certain du moins qu'elle fournit à Murray ce qui lui était nécessaire pour se rendre en Ecosse, afin de recueillir les fruits du meurtre, quand il n'y aurait plus danger pour lui, ni inconvénient pour l'honneur de la politique anglaise.
Les conjurés hésitèrent quelque temps sur le mode et le moment du crime. Ils avaient d'abord choisi le château de Seaton, où Riccio avait suivi la reine. Ils craignirent de ne pas échapper à la surveillance, ou de ne pas se trouver en force au moment de l'exécution. Ils voulurent le frapper, pendant qu'il jouait à la paume avec le roi, qui ne paraissait pas éprouver cette jalousie que l'on prétendait motivée par la faveur du secrétaire. On eût manqué l'occasion de compromettre la reine. Il fallait le tuer chez elle, afin que la calomnie pût au moins s'appuyer sur une apparence de preuve.
Le 7 mars, elle ouvrit le parlement. Darnley n'assista pas à cette cérémonie, sous prétexte qu'il n'était pas roi. Habituée à ses caprices, la reine ne s'en préoccupa nullement. Le désir de vengeance de cet ambitieux impuissant s'en accrut, et le jour fut fixé au 9 mars.
Vers six heures du soir, les conjurés suivis d'environ trois