‹ Marie StuartChapitre 6 sur 107 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

rois de son temps. Les États lui firent prendre le nom de Robert III. Un de ses frères, le duc d'Albany, gouverna en son nom. Les chefs de tribus, toujours portés à la révolte, et d'autant plus jaloux de leur indépendance que l'autorité paraissait moins forte, ne craignaient pas de porter ouvertement atteinte à la dignité royale. Il fallait les maintenir dans le respect et repousser l'attaque de Henri IV d'Angleterre, qui, sur les frontières de l'Ecosse, demandait à main armée que Robert et les grands s'assemblassent à Edimbourg pour lui rendre hommage.

Robert, pour éviter l'effusion du sang, lui proposa un combat entre un certain nombre de nobles choisis dans les deux armées. Le combat n'eut pas lieu, mais l'expédition anglaise échoua. Les intempéries de la saison et les maladies furent plus puissantes que les armes, et une trêve mit fin aux hostilités. Elle fut rompue en 1402, renouvelée en 1404, et amena un projet de congrès. L'Angleterre, dont l'ambition ne pouvait être satisfaite que par la soumission de l'Ecosse, ne mit jamais beaucoup de bonne foi dans la conclusion de ces trêves, ni dans les stipulations de la paix, ni dans l'exécution des conventions. Ainsi, les guerres naissaient des guerres, et la cessation des combats n'était qu'un moment de répit pour reprendre des forces et réparer ses pertes.

David, fils aîné de Robert, fut arrêté par l'ordre de son père, à cause de ses désordres, et le duc d'Albany le fit enfermer dans le château de Falkland, où il mourut de faim et peut-être de mauvais traitements. Le duc d'Albany à qui l'on a attribué cette mort, obéissait moins à son roi qu'à son ambition, et il souffrait impatiemment tous les obstacles. Il aspirait au trône et l'extinctic. de la race régnante, au nom de laquelle il gouvernait depuis longtemps, lui en aurait ouvert les voies.

Robert désespéré se retira dans l'île de Bute, et envoya son plus jeune fils Jacques' en France, pour le soustraire au sort de son frère. Les Anglais le prirent et le retinrent prisonnier pendant vingt ans. Ils l'avaient enfermé dans la tour de Londres. Ils s'essayaient à leur métier de geôliers des Stuarts.

Robert III mourut de chagrin en 1405.

Le duc d'Albany continua à gouverner le royaume sous le nom de Jacques Ier. L'occasion semblait favorable pour saisir enfin cette couronne, objet de tous ses vœux. Il ne tenta pas

cependant cette entreprise qu'il paraissait méditer depuis longtemps, soit qu'il lui suffît d'être le maître, soit que la jalousie de la noblesse ait contenu son ambition. Il ne perdait pas de vue les intérêts de sa famille, et pour préparer l'avè-

La tour de Londres, d'après un manuscrit du XVe siècle conservé au Musée Britannique.

nement de son fils, il ne négligea rien de ce qui pouvait lui faire des partisans, et affaiblir la cause du roi prisonnier. Il mourut en 1419 sans avoir atteint son but.

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