CHAPITRE PREMIER
Son fils Murdoch prit sa place, mais moins habile ou moins hcureux.il rencontra une opposition qu'il crut ne pouvoir vaincre qu'en travaillant d'une manière sincère à la délivrance de Jacques Ier. La négociation aboutit, grâce aux embarras que donnait à l'Angleterre l'occupation de la France, et aux difficultés qui, de toutes parts, étreignaient Murdoch.
Jacques Ier fut rendu à la liberté en 1423. Il fallut donner des otages et payer une forte rançon, mais le prisonnier avait réfléchi, étudié et appfis à gouverner. Il savait combien était dure la domination des grands.il s'efforça de les ramener à la justice, en constituant un pouvoir fort, et les mesures qu'il prit furent accueillies avec reconnaissance par le peuple. Il fit des lois très sages et essaya de porter remède à des excès dont l'État ne souffrait pas moins que les particuliers, et que semblait justifier leur ancienneté. Il fit arrêter Murdoch, ses fils et tous les membres de sa famille, les accusant de malversations, d'injustices et de tyrannie. Ils furent décapités, et ce châtiment aurait été parfaitement accueilli, si le roi n'avait voulu corriger un grand nombre d'abus que les nobles avaient intérêt à conserver. Ils applaudissaient aux réformes tant qu'elles ne les atteignaient pas, et les repoussaient dès qu'elles réprimaient leurs excès. Ils conspirèrent contre lui et l'assassinèrent en 1437.
Le duc d'Athol, son oncle, se trouvait parmi les meurtriers. Les Stuarts trouvèrent toujours des ennemis, et les plus acharnés, parmi les membres de leur famille.
Jacques Ier aimait les lettres et cultivait la poésie. Il avait des principes de gouvernement, et ne négligea rien de ce qui pouvait fortifier l'autorité royale contre les prétentions audacieuses et turbulentes des seigneurs. Il réprima le brigandage, soumit les montagnards, donna un large essor à l'industrie nationale, et s'il eût pu poursuivre ses desseins jusqu'au bout, il aurait préparé et peut-être établi une profonde réforme gouvernementale.
Il ne prétendait pas toucher à la constitution féodale, ce qui eût été une entreprise périlleuse ; il lui suffisait de placer hors d'atteinte le pouvoir royal. C'était trop pour les seigneurs toujours d'accord dans leur haine contre la royauté, et ce fut la cause de sa mort.
Son fils Jacques II lui succéda, et voulut poursuivre son œuvre. Il se montra impitoyable pour les seigneurs qu'une longue habitude de l'indépendance et de l'impunité rendaient
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dangereux pour la royauté, autant que redoutables au peuple. Il ne recula pas devant de sanglantes exécutions, dont l'aristocratie fut plus irritée qu'affaiblie, et les Douglas qui aspiraient au trône, payèrent de leur vie leur coupable ambition. Leur chef périt de la main du roi, jaloux de venger lui-même sa querelle, et de donner un grand exemple.
Les troubles qui suivirent furent facilement réprimés, et Jacques II paraissait pouvoir poursuivre avec succès ses desseins, lorsqu'il fut tué au siège de Roxburgh par l'explosion d'un canon qu'il essayait (1460).
Il avait pris peu de temps auparavant deux mesures qui paraissaient propres à affermir l'autorité royale. Les grandes charges avaient cessé d'être héréditaires,et la justice, privilège dont la noblesse ne voulait pas se dessaisir, ne pouvait plus être rendue qu'en vertu d'une autorisation du parlement. Si son fils Jacques III avait eu autant de fermeté que de bonne volonté et d'amour pour le peuple, il eût trouvé dans ces mesures sa propre tranquillité et le salut du pays.
Mais il se laissa gouverner par des favoris, et il trouva des ennemis dans sa propre famille. La noblesse habituée aux travaux de la guerre, toujours sous les armes, prompte à la rébellion, ne pouvait voir qu'avec dédain un prince savant, plus habile à manier la plume que l'épée et plus occupé d'études que d'expéditions. Il montra cependant de l'énergie dans la répression d'une révolte conduite par son frère ; mais la sévérité avec laquelle il frappa les coupables, ne fit que rendre la lutte plus ardente. Une conspiration se forma contre lui et les principaux feudataires y prirent part ; il marcha contre eux et périt dans un combat à Bannokburn (1488).
Son fils Jacques IV n'était peut-être pas innocent de la mort de son père, car les rebelles s'étaient appuyés sur lui et l'avaient mis, de gré ou de force, à leur tête. Aussi les habitants des hautes terres qui étaient restés fidèles à son père se montrèrent-ils peu disposés à le reconnaître. Il avait épousé Marguerite, fille de Henri Vil, roi d'Angleterre, afin de resserrer les liens d'une amitié qui ne devait pas être moins préjudiciable à l'Ecosse que l'antagonisme séculaire.La guerre entre les deux pays dont les intérêts étaient opposés, ne pouvait être conjurée par une alliance de famille. Mais cette alliance eut pour les Stuarts des conséquences politiques prochaines et graves. L'Angleterre y trouva le droit de se mêler aux affaires de l'Ecosse, et elle ne s'y mêla que