Chapitre setîtème
Les négociations en Angleterre et les troubles en Ecosse.
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UOIQUE captive et obligée de défendre son honneur et sa vie, Marie n'oubliait pas l'Ecosse. Elle avait nommé pour ses lieutenants le duc de Chatellerault et les comtes de Huntley et d'Argyle. Elle avait mis son fils sous la garde du comte de Mar.
Murray avait été accueilli en Ecosse avec défiance, car on l'accusait d'avoir promis de livrer à l'Angleterre le prince d'Ecosse et les châteaux d'Edimbourg, de Stirling et de Dumbarton. Il sortait des conférences méprisé des témoins de ses lâches complaisances et haï de ceux qui connaissaient son ambition. Un complot se forma contre lui. Il essaya de le déjouer en feignant de vouloir se réconcilier avec le duc de Norfolk, qui en paraissait l'âme, et avec Marie dont on voulait servir la cause. Il obtint ainsi une intervention utile du duc auprès d'Elisabeth, qui lui prêta cinq mille livres, et l'ordre de Marie à ses lieutenants de ne rien faire contre lui.
Les commissaires de Marie obtinrent enfin de quitter l'Angleterre, et quand ils sollicitèrent une fois encore la liberté de leur maîtresse, il leur fut répondu que c'était impossible, mais qu'il leur était permis d'aller la visiter dans la maison de Tutbury, où elle venait d'être transférée, et où elle trouverait tous les égards auxquels elle avait droit.
Marie les reçut avec bonheur, recueillit avec confiance les assurances qui lui venaient d'Elisabeth et envoya lord Herries en Ecosse avec des instructions pour les chefs qui lui étaient restés fidèles. Les autres commissaires furent quelques jours après, par ordre de la cour, consignés dans une ville voisine, sous prétexte qu'ils avaient cherché à délivrer la reine. Murray fit approuver sa conduite dans une assemblée de ses partisans, et publia une proclamation par laquelle le jeune prince le défendait contre toutes les accusations, et imputait à la reine la responsabilité du meurtrede Darnley. L'indignation fut générale en Ecosse à cause cie la calomnie et du rôle prêté au jeune prince. Les partisans de la reine convoquèrent
leurs vassaux, et la guerre allait recommencer, lorsque Murray, par ses mesures hardies, les devança et l'on finit par s'entendre. Ces accords ne préparaient jamais que des trahisons ou de nouvelles prises d'armes.
fLe 10 août 1569, devait être conclue la pacification de l'Ecosse, Murray fit saisir, dans l'assemblée même, le duc de Chatellerault et lord Herries, qui avaient refusé de signer ce qu'il leur présentait. Ils furent enfermés au château d'Edimbourg. Les autres perdirent confiance, n'osèrent résister, et Murray ne rencontrant plus de résistance, se livra sans réserve à tous les excès, pillant, confisquant, emprisonnant et livrant au bourreau ceux dont il croyait avoir à se plaindre ou dont il redoutait la fidélité à la reine.
C'est à ces conditions et par ces moyens qu'il établit ce qu'il appelait la paix.
Cependant Marie envoya l'évêque de Ross à Elisabeth avec des propositions qu'elle jugeait acceptables :
Elle ne troublerait pas la reine d'Angleterre dans la paisible jouissance de la couronne et ratifierait le traité d'Edimbourg de 1560 ;
Il y aurait alliance entre les deux royaumes ;
Amnistie serait accordée aux rebelles, à condition qu'ils rentreraient dans le devoir, et lui rendraient son fils, ses forteresses et ses joyaux;
Le meurtre du roi serait puni conformément aux lois;
Bothwell serait banni d'Ecosse et le divorce immédiatement poursuivi.
Ces propositions parurent raisonnables, mais l'accord faillit être rompu sur la nouvelle que Marie avait cédé au duc d'Anjou ses droits sur la couronne d'Angleterre. L'évêque de Ross protesta, et Marie envoya un de ses écuyers en France pour obtenir un démenti. En attendant, des contre-propositions furent faites, Elisabeth ne pouvant jamais se résoudre à rien accepter qui vint de Marie :
La reine d'Ecosse n'entreprendrait rien qui peut nuire à la reine d'Angleterre et aux enfants qu'elle pourrait avoir;
Il y aurait alliance perpétuelle, offensive et défensive entre les deux royaumes ;
La réforme serait établie en Ecosse ;
Les rebelles seraient pardonnes et rétablis dans leur situation antérieure ;