‹ Marie StuartChapitre 88 sur 107 · Chapitre btf*})uttttmt · texte numérisé non relu

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Les tentatives de délivrance.

S&^&ffiENDANT sa longue captivité, du 18 juin 1568, J™j y^ l^f au ^ février 1587, et de Carlisle à Fotheringay, ^ jl V& Marie put espérer plus d'une fois la liberté. ^L^— -1m Elle l'attendit de la? fuite, d'un mariage, du S^'Y?s^u3 dévouement de ses Écossais et de l'intervention des puissances catholiques. Rien ne lui réussit, et Elisabeth ne perdit pas sa proie.

Pendant qu'elle était enfermée à Bolton, au milieu des conférences qui avaient pour but non d'arriver à la vérité, mais de répandre et de fortifier la calomnie, elle aurait pu s'échapper. Il y avait aux environs un grand nombre de catholiques, et l'ensemble delà population lui était favorable. Elle ne profita pas des facilités qu'elle trouvait, peut-être parce qu'elle croyait à des informations sérieuses sur les accusations dirigées contre elle. En s'échappant, elle aurait paru redouter le jugement, et elle le désirait parce qu'elle n'en avait rien à craindre. La captivité devint pour elle de jour en jour plus dure, et le surveillance jalouse des agents d'Elisabeth ne lui laissa jamais assez de liberté pour qu'elle pût tenter, avec quelque espoir de succès, une évasion.

L'ambition du duc de Norfolk parut, un moment, pouvoir la servir d'une manière plus efficace.

Il avait une immense fortune et les plus illustres alliances. Il était proche parent de la reine d'Angleterre. Élevé dans la religion protestante, à laquelle on le croyait attaché par politique, il paraissait pencher vers le catholicisme, pour lequel son grand-père et son père avaient subi la prison et la mort sous Henri VIII. Son nom avait été prononcé lorsqu'il s'agissait du mariage de la reine d'Ecosse avec Darnley, et il put concevoir un moment l'espoir de réunir les trois couronnes d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande.

Nommé commissaire par Elisabeth pour les conférences d'York, il avait amené Murray à des sentiments plus justes et à des dispositions plus favorables. Aussi Elisabeth avait-elle voulu l'éloigner en lui donnant la mission d'apaiser des

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troubles, sur les frontières. Il avait rapidement ramené la paix et repris son service à la cour, ce qui donna quelque confiance aux amis de la reine.

Elisabeth le reçut froidement, et lui reprocha d'avoir voulu épouser Marie. Il s'en défendit dans des termes qui devaient effacer tout soupçon. Il n'aurait jamais consenti, dit-il, à épouser une femme qui avait été la rivale de sa maîtresse, et dont le mari ne pouvait dormir en sécurité sur son oreiller.

Ce fut assez pour qu'Elisabeth lui rendît ses bonnes grâces. Mais Norfolk n'abandonna pas son projet de mariage.

Lorsque^les négociations furent reprises directement entre Marie et Elisabeth, pour la conclusion d'une alliance, par l'évêque de Ross et Leycester, un article avait été introduit à l'insu d'Elisabeth. Il donnait le duc de Norfolk pour époux à Marie, à l'exclusion de tout prince étranger. Marie avait accepté un époux qu'elle n'avait jamais vu, malgré son désir de passer le reste de ses jours dans le veuvage. Mais elle exigeait le consentement de la reine d'Angleterre, car elle ne pouvait oublier combien il lui en avait coûté d'avoir épousé Darnley malgré elle.

Elisabeth se montra d'abord indignée quand Leicester lui fit connaître cette clause, et se plaignit d'être trahie par les siens. Elle s'adoucit pourtant à la pensée que Marie était, quoique prisonnière, recherchée par des princes catholiques. Le mariage avec Norfolk éloignait ce danger. Norfolk envoya un riche diamant à Marie, qui, de son côté, lui fit remettre son portrait. Il s'adressa à Murray en lui demandant de se hâter d'enlever tous les obstacles qui pourraient s'opposer à ce projet, et Marie, envoyant lord Boyd en Ecosse, le chargeait de former une commission à laquelle serait soumis son mariage avec Bothwell. Bothwell avait consenti au divorce, et elle se proposait de s'adresser au Pape, pour mettre en sûreté sa conscience et son honneur.

Murray fit repousser la demande relative au divorce, et montra à Elisabeth la reine et le duc prêts à conclure leur mariage sans son agrément, et disposés à revendiquer la couronne d'Angleterre.

Elisabeth, qui était alors au château de Farnham, dans le comté de Surrey, interrogea Norfolk qui nia tout, et elle lui défendit de songer désormais à ce mariage. Ce qu'elle apprenait peu à peu l'irritait de plus en plus, ses serviteurs les plus fidèles étaient compromis, et il fallut qu'elle craignît pour la

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