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CHAPITRE DIX-HUITIÈME. l8l

Elisabeth de son côté, faisait connaître cet accord aux rois de France et d'Espagne, r et leur annonçait que Marie allait être renvoyée dans ses États. Mais lorsque les représentants de la reine vinrent avec de pleins pouvoirs, afin de prononcer la solution de difficultés si nombreuses, si anciennes et si graves, Elisabeth différa, prétexta un projet de mariage pour elle avec le duc d'Anjou, souleva des difficultés, renouvela les accusations auxquelles elle demandait que l'on répondît par écrit, fit déclarer par Morton, l'abbé de Dunfermline et Mackill, représentants du régent, que leurs pouvoirs n'étaient pas en bonne forme, et Marie poussée à bout, dut finir par déclarer qu'elle n'était pas dupe et qu'elle refusait toute prorogation de négociations. Elle mettait fin en même temps à la trêve dont ses partisans avaient souffert, tandis que ses ennemis en profitaient pour accroître leurs forces.

Norfolk avait été mis en liberté après avoir solennellement promis de renoncer à son mariage avec la reine d'Ecosse. Il était décidé à ne pas tenir sa promesse, et afin que Marie ne pût accepter d'autres propositions qui auraient contrarié ses sentiments et son ambition, il s'opposait à sa délivrance. Marie en souffrait, mais quoiqu'ils ne se fussent jamais vus, elle se considérait comme engagée, était prête à partager avec lui « tout heur et malheur », et à ne se conduire que d'après ses conseils.

L'accord ne s'était pas fait, parce qu'Elisabeth ne l'avait point voulu. Marie ne comptant plus sur la France, se tourna du côté de l'Espagne et de Rome, à qui la reine d'Angleterre donnait de justes sujets de plainte. Elle s'efforça d'assurer leur appui à ses partisans d'Ecosse, dont le nombre était augmenté par des excès de tout genre et par la persécution religieuse.

Norfolk qui avait à se plaindre des rigueurs d'Elisabeth et qui se regardait comme l'époux de Marie, était le chef désigné des nouvelles tentatives.

Trois agents se chargèrent de les engager et de les conduire : l'évêque de Ros^, i'embassadeur d'Espagne, D. Guérau de Espès, et Ridolfi, agent secret du pape.

Ridoïfi partit avec des instructions de Marie et de Norfolk. Il alla trouvera Bruxelles le duc d'Albe, qui rendit compte sans enthousiasme à Philippe 11, de ce qui lui était proposé. Il ne s'agissait de rien moins que d'une descente en Angleterre. Le duc louait le but, qui était la délivrance de Marie et le

rétablissement du catholicisme, mais il prévoyait de grandes difficultés, et il n'était pas disposé à y jeter son maître.

Philippe II, d'après un tableau de la Galerie de Vienne, XVIe siècle.

Ridolfi se rendit à Rome, où le pape approuva son projet, et arriva à Madrid, le 28 juin 1571, porteur d'un bref pontifical d'encouragement.

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