ALLEMAGNE
l'aventure. — a Parlez, lui dit-il, votre seule présence pourra vous former un parti et une armée, et alors il faudra bien que la France vous soutienne. » — Le conseil était de ceux qu'un jeune homme goûte facilement : Charles-Edouard se décida donc à le suivre et à se mettre en route tout seul, non cependant sans avoir, une dernière fois, essayé d'émouvoir le roi par de nobles paroles. — « Je pars, Sire, lui éixivail-il, dans le désir de nie faire connaître par mes actes ; je vais combattre mes ennemis, qui sont les vôtres, et tenter ma destinée, qui, après Dieu, est entre les mains de Votre .Majesté. »
A son arrivée en Kcosse, quand les seigneurs et les chefs des principaux clans qui l'avaient appelé surent qu'il était venu seul, sans aucun des appuis qui leur avaient été promis, aucun d'eux ne voulait plus se compromettre dans une entreprise qui paraissait désespérée, et ils le pressaient de se rembarquer avant que l'alarme fut donnée à la police anglaise. Vainement essayait-il de les entraîner par les élans d'une éloquence juvénile; ce furent les popu-
126 MARIE-TUÉRÈSE IMPÉRATRICE.
lations des bourgades voisines qui, averties de sa présence et transportées de joie de saluer l'héritier de leurs rois, se levèrent spontanément et firent taire toutes les résistances. Le nombre de ses adhérents était pourtant encore très faible, et quand le prince se décida à arborer T étendard royal, fait d'un morceau de taffetas qu'un homme de sa suite avait apporté, il ne se trouva pas plus de 1200 hommes autour de lui pour le saluer *.
Avec de si faibles commencements, il semble qu'il eût suffi d'un peu de sang-froid aux ministres anglais qui, en l'absence du roi, formaient un conseil de régence, pour mettre le pied sur l'étincelle avant que l'incendie fût allumé. Mais, ils étaient si convaincus que la petite escorte du prince était l'avant-garde dune armée française et que Charles-Edouard n'était que l'avant-coureur du maréchal de Belle-Isle ou du maréchal de Saxe, que ce fu-
1. Voltaire, Siècle de Louis XV, ch. xxiv. — Correspondance relative aux relations avec les prétendants. Vol. Smart?, juillet-août 1745. (Ministère des affaires étrangères.) - Pichot, Histoire de Char les- Edouard, t. I", p. 303, 30;i.
i t H I ITIOB lu. t' l i.i.i-m 191(8. 12"
nt eux-mêmes qui grossirent le péril en l'exagérant, Leurs alarmes, trop manifestes, encouragèrent les défections en laissant voir qu'ils doutaient de la solidité de rétablissement qu'ils avaient à défendre, D'ailleurs, ils avaient a se préserver personnellement de tous (es soupçons, car le public se méfiait d'eux et ils se méfiaient les uns des autres, le dernier remaniement ministériel ayant fait entrer dans le cabinet des jarobites récemment ralliés dont la fidélité était douteuse. Les mesures prises à la baie se ressentirent de cet étal d'agitation. — « La régence tout entière est revenue à Londres, écrit Horace v\ slpok, | r prévenir l'invasion. » — On publia sur-le-champ une proclamation qui pro- DMUftit une récompense de 30 000 livres sterling à celui qui mettrait la main sur le prince. On rappela 10 000 hommes de l'armée de Flandn\ qui n'en avail jamais compté plus de 20000, et que les combats et la maladie avaient déjà Fort réduite. Enfin, on supplia le roi, on lui enjoignit presque de revenir sans délai au milieu de ses sujets. Pour l'y décider, il devait suffire de lui faire lire le manifeste rédigé par Charles-
Edouard et que ses partisans répandaient déjà en Ecosse ; car le grief principal allégué par le représentant de la vieille dynastie contre la nouvelle était la prédilection des princes allemands pour leur terre natale. — « Vous savez, y était-il dit, que l'électeur de Hanovre a toujours vécu en Angleterre comme dans un pays de conquête, toujours prêt à lui échapper. Les richesses des Indes et du nouveau monde ne font que passer par vos mains pour tomber dans les siennes et couler dans son électorat. 11 ne vous laisse que des pierres, généreux Anglais, tandis qu'on bâtit Hanovre d'or et de diamant, et la Tamise est tributaire de la Leine. »
La nouvelle de l'invasion prochaine de l'Angleterre suivit ainsi de près à Hanovre celle de la conquête de la Flandre, et en les recevant coup sur coup, accompagnées d'un appel auquel il lui répugnait plus que jamais de se rendre. George en éprouva un dépit qu'il ne put contenir. On le vit, dit-on, arracher sa perruque pour la fouler aux pieds et déchirer avec ses dents la dentelle de ses manchettes. Coûte que coûte pourtant, il fallait bien se résigner et regagner
celle lerre d'Angleterre où ne l'attendaient que des soucis. Par suite, raccommodement avec la Prusse devenait nécessaire : c'était le préliminaire obligé de ce départ. Quand ce n'eût été que pour soustraire aux chances de la guerre l'électoral désormais sans défense, on ne pouvait laisser aux portes du Hanovre dégarni un voisin hostile et armé. George dut céder cl accepter de mauvaise grâce la main que, sans plus de cordialité, lui tendait son neveu.
Mais s'accommoder avec la Prusse, c'était bienlùt dit; pour qu'un tel arrangement fût utile el effiMM, il ne suffisait pas que Londres et Berlin s'entendissent, il fallait que Vienne aussi se mît de la partie; rien n'était fait pour la pacification de l'Allemagne, rien non plus pour la défense de la Flandre, si Marie-Thérèse ne consentait pas, en rentrant dans les conditions du traité de Breslau, à laisser Frédéric en paix en Silésie. C'est a ce prix seulement que,
n'étant plus elle-même inquiétée en Bohème, elle pourrait porter le gros de ses forces dans ses possessions des Pays-Bas, pour remplacer les troupes anglaises forcées de quitter le continent. L'ambassadeur anglais à Vienne, sir Thomas Robinson, reçut donc l'instruction de représenter à la reine la nécessité absolue de ce sacrifice, et de la menacer même d'un abandon complet si elle hésitait à s'y résoudre, de lui tenir, en un mot, un langage assez ferme pour l'y déterminer.
Robinson n'aborda la reine qu'en tremblant.
Si nos lecteurs n'ont point oublié le nom et le caractère de ce brave diplomate, ils doivent se rappeler aussi quels étaient son pieux dévouement, son admiration même un peu naïve pour la princesse, dont la beauté et le génie avaient toujours exercé sur lui un véritable charme.
C'était bien lui dont les instances l'avaient décidée, trois ans auparavant, à mettre sa signature au bas de ce même traité qui avait si peu duré et qu'on le chargeait de faire revivre. Mais qu'il en avait coûté de discussions orageuses entrecoupées de larmes et
CCATtOB l>i L i
d'éclats île passion! Le souvenir même l'en faisait frémir. De quel air venir refaire à la reine aujourd'hui la même demande quand l'événement avait si bien justifié sa résistance? A quelles scènes ne fallait-il pas s'attendre? Que lui répondre quand elle démontrerait sans peine que ce malencontreux traité, violé presque aussitôt que conclu, n'avait servi qu'à laisser Frédéric reprendre haleine, rassembler ses forces afin de fondre de nouveau sur elle, et se préparer en silence un poste avancé d'où il avait pu commodément, à son heure, envahir la Bohème? Quelle duperie donc de signer des conventions avec un homme sans loi, qui n'attendait pas même, pour les déchirer, que iïi! Bêchée! Hobinson augurait d'autant plus tristement du débat qu'on le chargeait de soutenir, qu'il apercevait moins que jamais, ebn li reine, de tendance a une disposition roiicilianle; chez cette âme intraitable, nul indice d'ébranlement. Si la défaite de son armée en Silésie l'avait peu troublée, les fâcheuses nouvelles de Flandre la laissaient plus froide encore. Kilo avait même moutré si
peu d'émotion de la prise de Gand que personne (écrivait Robinson lui-même) n'avait osé lui en parler et lui demander ce qu'il y avait à faire (What is to be done?). Surpris, choqué même un peu de tant d'indifférence, l'Anglais en venait parfois à se demander si, des deux ennemis qu'elle avait à combattre, le plus voisin n'était pas, au fond de l'âme, celui qu'elle détestait le plus, et si, forcée de choisir, elle n'aimerait pas mieux laisser faire Louis XV en Flandre pour rester plus libre d'écraser Frédéric en Allemagne. Le soupçon, on le verra, n'était pas sans fondement, et la question valait la peine d'être posée f .
Quoi qu'il en soit, rassemblant son courage, Robinsou arriva à l'audience royale avec un discours en règle, divisé en plusieurs points. Il entra en matière par quelques chiffres dont la précision, la brutalité même, étaient à ses yeux le meilleur des arguments: 1168753 livres sont sorties, lui dit-il, de l'Angleterre en une seule année, uniquement en subsides de guerre,
1. Robinson à Harrington, 28-31 juillet 1745. (Correspondance de Vienne. — Record Office.)
compter les trois quartiers qu'attendent encore les électeurs de Cologne et de Bavière. Celle dépensa ne peut être ni continuée ni surtout accrue. L'Angleterre ne peut tenir léte à tant d'ennemis à la fois, et puisqu'on ne peul songer a détacher la France de la Prusse, c'esl la Prusse qu'il faut détacher de la France. Suivait un tableau, nullement adouci, assombri plutôt, au contraire, des périls de la situation; rien n'était dissimulé, ni la défaillance à craindre de la part de la Hollande, ni l'invasion déjà préparée du sol anglais. La guerre de Bohème ne paraissait pas, disait Robinson. se présenter avec des chances plus favorables: mais fussent-elles les meilleures possibles, on n'aboutirait jamais qu'à l'évacuation complète de cette province par les armes prussiennes, puisque la tentative de reprendre la Silésie avait malheureusement échoué. Or c'était là un avantage qu'on pouvait espérer oblenir du roi de Prusse sans coup férir, par un traité qui assurerait en même temps l'élection du grandduc ; et, libre de ce côté, la reine pourrait consacrer toutes ses forces à venir en aide aux
puissances maritimes. C'est le service qu'elles avaient le droit d'attendre de sa reconnaissance aussi bien que de sa générosité, pour prix de tant d'efforts consacrés depuis cinq années à sa cause. Le moment, d'ailleurs, ajouta-t-il en terminant, était précieux, il fallait se hâter de le saisir; car la France hésitait encore à donner au roi de Prusse un secours d'argent qu'il sollicitait avec instance. Si elle se décidait à l'accorder, tout serait dit : la porte, un instant ouverte, serait refermée, et l'alliance des deux cours scellée à nouveau. — On se demande comment le cabinet anglais avait connaissance de ce détail diplomatique, tout intime, des rapports de la France et de la Prusse? Etait-ce Frédéric lui-môme qui avait eu le sans-gêne un peu cynique d'en faire confidence ?
A la grande surprise de l'orateur, la reine le laissa achever sa harangue sans l'interrompre. « Je ne la vis jamais si calme, » écrivait-il. Mais c'était le calme d'une résolution arrêtée, et cette possession de soi-même qui vient, avec l'âge, de l'habitude du commandement. — Quand il eut fini : — « Rien, dit-elle, n'égale
.ÉVACUATION DE [, ' A l.l.KM AGM B. 135
reconnaissance pour la nation anglaise, ot je le ferai voir pu tout ce qui sera en mon pouvoir. « — Elle ajouta qu'elle allait conférer des le lendemain avec ses minisires, et que le chancelier d'Klat ferait connaître sa réponse. Il n'y avait qu'un point sur lequel elle aimait mieux s'expliquer tout de suite, c'est que, quelle que fut sa résolution, paix ou guerre, elle s'enlèverait jamais un seul homme du voisinage du roi de Prusse; îl y allait de la sûreté de sa personne et de sa famille : avec un homme tel que ce roi, on ne pouvait jamais prendre trop de précautions.
La conversation tourna alors à un dialogue 1res pressant, mais sans que la reine élevât la ni donnât aucun signe d'irritation.., —
uoi I pas un homme, dit Hobinson, des soixante-dix mille hommes qui sont opposés au roi de l'russe? C'est lui témoigner plus de méfiance que n'en inspirait Louis XIV luimême! — Non, je l'ai dit, pas un homme. — Si tant de troupes sont nécessaires â la reine pour sa sécurité personnelle, elle ne sera pas surprise que l'Angleterre ait besoin de rappeler
très
les siennes pour sa propre défense. — Mais quel mal y aurait-il donc à laisser la Hollande accepter de la France la neutralité de son territoire ? — Quel mal ! mais il n'y a pas, en ce cas, un Anglais, jusqu'au dernier, qui ne fût obligé de rendre son épée ! — Et pourquoi dites-vous qu'il est plus facile de détacher la Prusse que la France ?» — Cette étrange question venait comme un trait de lumière à l'appui de la conjecture que formait déjà tout bas Robinson, et dut lui causer une vive émotion; aussi se hâta-t-il de répondre : — « Mais c'est qu'il est plus aisé au roi de Prusse de faire la paix en gardant ce qu'il a déjà qu'il ne le serait de faire rendre à la France ce qu'elle a pris et ce qu'elle est en si bon train de conquérir. — Mais pourquoi ne pas attendre qu'un nouveau coup soit porté au roi de Prusse? — Êtes- vous bien sûre d'être appuyée cette fois-là encore par les Saxons? — Qu'importe! le prince Charles peut bien livrer la bataille à lui tout seul. — Cette bataille, Madame, si elle est gagnée, ne vous rendra pas la Silésic, et, si elle est perdue, elle vous ruine dans vos propres Etats. — Dussfc-je
tiË L ALLEMAGNE.
conclure avec ce roi demain, je lui livrerai halaille ce soir. Quelle nécessité donc de se presser et pourquoi ne pas al tendre la fin de la campagne? En octobre, vous Ferez ce que vous voudrez. — En octobre, la guerre sera finie par- Ion!, i-l oottt n union* plus qu'à accepter les conditions qui nous seront faites. — Mais ce sera la même chose si mon armée se rend de la Bohême sur lu Rhin et du Rhin dans les Pays- Bas : elle n'arrivera jamais à temps; il n'y a pas un de mes généraux qui voudrait commander une armée pour une marche aussi inutile. En tout cas, ce ne seront sûrement ni le grand-duc ni le prince Charles qui s'en chargeront. Le grand-duc n'est pas si ambitieux que vous le pensez d'un vain titre d'honneur el moins encore d'en jouir sous la tutelle du roi de Prusse. .Mon Dieu, laissez-moi jusqu'au mois d'octobre, et je vous aurai de meilleures conditions. »
Robinson, à bout de voie et voyant qu'il ne nait rien par le raisonnement, crut devoir ourir aux derniers moyens el déclarer que, qu'il en pût couler au roi d'Angleterre
d'abandonner ses alliés, il n'y avait plus à espérer d'obtenir ni du Parlement anglais de nouveaux subsides, ni des États généraux de nouvelles mesures de guerre, et que c'était sa raison pour demander une réponse prompte et catégorique. — « Vous l'aurez, dit la reine; c'est pour cela même que je vous ai reçu aujourd'hui et que je réunis mon conseil demain, quoique je sache d avance, ajouta-t-elle, que, quelque chose qui s'y décide, on fera ailleurs ce qu'on voudra, avec ou sans moi 1 . » La réponse annoncée fut donnée, en effet, dès le lendemain, sous la forme d'un long mémoire, dont les considérations, très développées, pouvaient se résumer pourtant en une
t. RobineoD à HarriDgton, 3 août 1745. (Correspondance de Vienne. — Record Office ) — Cette conversation a-t-elle eu lieu a vaut que Ion fût informé à Hanovre du débarquement du prince Charles-Edouard en Ecosse? C'est ce qu'il est difficile de savoir, l'irrégularité et la lenteur des communications épistolaires (Haut telles, a cette époque, qu'il est impossible de suivre exactement le sort des correspondances. Ce mois d'août 1715 est plein d'événements de tout genre, également i'i porta uts, qui se produisent sur des théâtres différents. J'ai vainement essayé de déterminer comment ces divers incidents ont agi les uns sur les autres et sur les dispositions de ceux qui s'y trouvaieut môles.
ÉVACUATION n
R 1. ALI.EMAU-VE.
ténia pensée : refus absolu de faire avec le roi de Prusse un arrangement quelconque d'où pùl résulter l'éloignemenl d'un seul bataillon de la frontière prussienne. — <• Il y a des pais, disait le mémoire, mille fois plus funestes que la guerre même, puisqu'elles exposent des peuples à des calamiiés plus grandes encore, et que peu à peu elles Oient absolument toute ressource pour se sauver. En peu d'années la reine en a fail la triste épreuve, et les pauvres peuples se ressenliront au delà do mémoire d'homme de ce qu'il leur en a coûté... La reine pourrait-elle, sans se rendre responsable devant hieii. la postérité et ses peuples, sur une simple lueur d'espérance et à la vue d'un ennemi si dangereux, dégarnir ses pays héréditaires des seules troupes qui lu! restent pour les envoyer à cent lieues de leur frontière?... Qui' deviendrait alors la reine? Pourrait-elle demeurer à Vienne? Où trouverait-elle un asile? Bile est non seulement reine, mais encore chérie de ses peuples, et ne saurait, par .équent, saii3 blesser la conscience, les ■ h une perle totale et certaine après
qu'ils ont prodigué leur sang et leurs biens non seulement pour sa défense, mais pour le bien de toute l'Europe. » — D'ailleurs, la reine avait des engagements envers le roi de Pologne en Allemagne, et le roi de Sardaigne en Italie, -qui ne lui permettaient pas de traiter sans leur concours, encore moins de laisser un d'entre eux exposé aux ressentiments de son voisin de Prusse.
Mais si la reine, ajoutait le mémoire, ne pouvait consentir, pour complaire aux puissances maritimes, à mettre en péril la sécurité de ses propres États, il y avait un autre moyen, plus efficace et moins périlleux, de leur venir en aide qu'elle mettait à leur service : c'était, aussitôt après l'élection qui allait avoir lieu à Francfort (et dont le résultat n'était plus douteux), de faire avancer sur les points menacés le corps d'armée qui stationnait aux entours de la ville impériale, sous les ordres du grand-duc lui-même, pour assurer la liberté de la diète. On le dirigerait, soit sur les Pays-Bas, soit sur le Hanovre, suivant le désir qu'exprimerait le roi d'Angleterre. Nul doute que l'Empire entier
Uk L ALLEMAG.N
se portât avec élan a la suite du chef (ju'il vîeodraitde aominer. La dislance, quelle qu'alla (ïu. serait plus rapidement franchie que celle qui •éptnH l'armée de Bohème des autres théâtres de la guerre. — daigna it-ou, cependant, le retard causé par les formalités de l'élection? a Eu ce cas, disait le mémoire, pour prouver combien le salut des Pays-lins et l'accomplisi! dos désirs de ses alliés tiennent au cœur de la reiru*, elle ne balance pas de déclarer el d'assurer, tant en sou nom qu'au nom de Son royal époux, que, supposé qu'il ne fût pas possible de concilier l'affaire de l'élection avec ledit prompt secours et diversion, elle et Son Altesse Itoyalc sont dés à présent pleinement déterminées à (jost-poser le premier objet au second, et cela sans qu'on ait le moindre petit retardement à craindre pour ce dernier. La reine ne saurait donner une preuve plus éclatante et moins équivoque de son zèle pour les intérêts et même pour les désirs île ses alliés. .. — Le mémoire se terminait enfin par une sorte de sursum corda, ni Fou reconnaissait la main de la reine
442 MÀRIE-THÉRESE IMPÉRATRICE
elle-même. Rappelant les épreuves par lesquelles avait passé tant de fois la maison d'Autriche, et celles qu'elle avait elle-même traversées...: « Les affaires ne sont pas, disait-elle, aussi désespérées qu'on les présente... La reine a fait plus pour la cause commune que ses augustes prédécesseurs n'ont jamais fait ; elle continuera à y employer les mêmes soins que par le passé. Ces efforts et ces soins joints à sa constance l'ont tirée, avec l'aide de Dieu, de périls infiniment plus grands que ceux d'aujourd'hui. La pureté de ses intentions, solidement pacifiques, est parfaitement connue à ce même Dieu qui a tant de fois frustré les conseils et les espérances de ses ennemis, lors même qu'elles paraissaient bien mieux fondées ! . »
Le refus étant sans réplique, Robinson dut se borner à le transmettre à sa cour sans commentaire. Mais, dans l'intervalle, les événements avaient marché, et la situation devenait
i. Réponse a la proposition faite par M. le chevalier Robinson le t" et le 4 août 1745. (Correspondance de Vienne. - Record Office.)
iv ici IT10B ni:
i Hanovre plus pressante d'heure en heure.
C'était d'abord l'Ecosse entière nui, après quel que hésitation, se ralliait au drapeau du prétendant. Le nom de Slnart y était resté très populaire et se rattachait à tous les souvenirs d'une indépendance regrettée; aussi une vive sympathie ne tarda-t-ellc pas à se manifester envers le jeune héritier de celte race chérie, dès qu'on put s'apercevoir que le ministère de George, aussi troublé qu'impuissant, lui opposait plus de bruyantes paroles que de résistance effective. Charles-Edouard put s'avancer hardiment vers Edimbourg, à la tête d'une troupe dévouée et grossie de village en village par des recrues nouvelles. S'il était une fois reçu dans la capitale, il était roi tout de bon, et toute l'Europe allait compter avec lui. D'un autre coté, le roi de Prusse faisait avancer ses troupes sur la lisière de la frontière saxonne, Bl le prime ilAnhalt avait l'instruction de la franchir si le contre-ordre ne lui arrivait pas avant un jour fixé; une fois cette agression faite, toute idée de paix était éloignée, et la carrière des aventures était rouverte. 11 n'était
144 mjki::x-?£»£3£ ixtebatiice.
ézœ jîh» «»p* £Wsher ni de délibérer, et i :•£* js* KaL«£i«* de Gwrçe le pressaient de t£*x.»'.~xrr « 4* partir. Frédéric, de son côté, n~>ùh rsère moins désirai de sortir d'incertitoà*. çaoâqall mil pins d'art et de sang-froid i cifé^ulers*:^ impatience laassHedécida-t-on sans peine à ne pas insister sur des exigences qnll n'axait, en réalité, mises en avant que pour la forme, et à se contenter de rentrer purement et simplement dans le statu quo ante btUum. Dè-s lors, tout fat aplani, et par une convention signée le 26 août entre les ministres anglais et l'envoyé prussien, le traité de Breslau fot déclaré rétabli dans toutes ses clauses principales, la Silésie restant à Frédéric, comme la Bohème à Marie-Thérèse, et les deux souverains devant s'engager à se garantir réciproquement l'intégrité de leurs territoires. La même garantie était étendue à la Saxe, au Hanovre, au Palatinat et à la Hesse. Frédéric, en échange, promettait sa voix au grand-duc pour l'élection impériale. Le roi d'Angleterre dut faire partir sur-le-champ un courrier pour Vienne, afin d'exiger de Marie-
i:vac i'A B la