Os pourparlers secrets, entretenus cuire Marie-TIiéréec
•A licorge II par l'Intermédiaire du ministère hnnovrlen, sont
avec détail dam uoe publication récenly faite a
tIIu, d'après ries documenta tlrti des archives de Hanovre,
;e tilro : Dit Englitche Fi-ieilrm-crrmitlelung im Jakrf,
1*K, par Eni(>?t Borkov.sU. — Consulter en particulier
mieux voir combien les deux adversaires en présence étaient dignes l'un de l'autre. On peut se convaincre qu'il ne manqua à la rivale de Frédéric, pour régaler en tout genre, que de pouvoir, comme lui, joindre l'action à la pensée, et exécuter de sa propre main ce que son esprit savait concevoir. C'était par l'exécution, en effet, qu'allait manquer ce grand dessein, dont une femme de génie, reléguée au fond d'un palais par ses devoirs d'épouse et de mère, était forcée de confier l'accomplissement à des instruments incapables, non seulement d'en assurer le succès, mais même de le bien comprendre.
(Vêtait loul de suite, d'ailleurs, que la partie demandait à (Mre jouée avec autant de résolution et d'intelligence qu'il en avait fallu pour en faire le plan ; car Frédéric n'était pas de ceux qu'on peut endormir ni tromper bien longtemps. Un premier soupçon du péril nouveau
CAMPAGNE DE FHÉnÉRlC EN
ii grondait contre lui à l'horizon lui fut donné par l'empressement du ministre russe à lui apporter, dès son arrivée, la déclaration hostile concertée entre Vienne et Pélcrsbourg.
Celte haie lui parut suspecte, puisque, toute idée d'agression en Saxe étant de sa pari indéfiniment ajournée, rien ne la rendait immédiatement nécessaire. — « Mon cher Podewils, écrit-il sur-le-champ, ne voilà-l-il pas de ces maudits incidents qui gâtent tout? h — A la réflexion, cependant, on voit qu'il en vient encore à se rassurer : la Russie est bien éloignée, pensc-l-il, et il y a loin encore d'une menace à une exécution : « Tous les chiens qui aboient no mordent pas. » Puiï, à changer l'appui de l'Angleterre contre celui de la Russie, il n'est pas sur que l'Autriche ait fait un troc h son avantage. — « On a plus besoin, a Vienne et à Dresde, d'argent que de paroles : }r~ taglats donnent l'un, les Russes l'autre, et, dans la nécessité de ce précieux métal, on sera obligé de faire plier l'orgueil sous la force de
iiis le lendemain, nouvelle, et, celle fois.
SiO . HABIB-THÉRÈSE IMPÉHATBICB.
fout à fait grave alerte. Un avis certain du mouvement inexplicable du prince Charles vers la frontière de Lnsace. Qu'est-ce là? N'estce point nn piège? Veut-on l'entraîner à se mettre en prise lui-même, en faisant naître le cas prévu de Tintorvention russe? — Ne seraitce point, écrit-il encore» pour nous attaquer par cette lisière, et, en cas qu'ils soient battus et poursuivis dans la Lusace, que ces gens-là fissent exprès pour nous mettre aux mains avee la Russie? Je ne sais ce que j'en dois penser, mais il me semble qu'il y a quelque projet caché de la part des ennemis, el l'idée que je leur prête ne serait pas trop mal imaginée. » Quel mystère donc et quelle énigme! « En vérité, cela ne s'appelle pas vivre, mais mourir mille fois, que de passer ainsi toute sa vie dans des inquiétudes et dans une crise de dix-huit mois *. »
Deux jours se passent encore, et une révélation inattendue vient dissiper ce que le doute ajoutait de tourment à l'inquiétude. Le 11 no-
1. Frédéric à PodewiU, 6 et 7 novembre 1745. — Pol. Corr., t. IV, p. 328-329.