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cipalo église de Berlin les trophées de Friedberg et de Sohr, le ministre de Suède, Rudenscbold, s'approche du roi, pendant la cérémonie, et l'avertit h l'oreille qu'il a une communication importante a lui faire de la part do son collègue résidant à Dresde. Il faut se rappeler que, depuis lo mariage de fa princesse Ulrique avec l'héritier de la couronne de Charles XII, l'heureuse inlluence de cette charmante jeune femme avait établi les plus affectueux rapports entre son frère et son époux ; toutes les légations suédoises devenaient par là presque des ambassades de famille. Or, voici ce qu'écrivait Wolfcnstïern, le ministre de Suède accrédité auprès d'Auguste TU: « Pendant un dîner auquel il assistait, le comte de Briïhl s'était emporté, après boire, en paroles violentes contre Frédéric, et, piqué d'être contredit, s'était laissé aller à déclarer qu'on aurait Uni bientôt avec cet însulleur public et ce perturbateur du repos de l'Allemagne. Kn le pressant alors de questions insidieuses, on avait pu tirer de lui, sans presque n'il s'en rendit compte, tout le secret de la
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i oimi.ne he FBÉruinir en saxe. 313 ait ainsi face A la double attaque dont il élail menacé, sans pourtant, par une entrée trop précipitée sur le territoire saxon, fournir de prétexte à l'intervention de la Russie. Le cas, pourtant, était à la fois si pressant el si étrange, que, contrairement à ses habitudes, il crut devoir, avant d'agir, réunir un petit conseil de guerre composé de quelques généraux et de plusieurs de ses ministres. Mais, quand il leur sot fait part de la nouvelle qu'il avait reçue, l'incrédulilé fut générale; on ne voulait voir dans la prétendue indiscrétion du comte de fîrùhl qu'une ruse dont le ministre suédois avait été dupe. Personne ne consentait à croire qu'Auguste III el son ministre llrîihl eussent l'audace d'appeler chez eux tous les maux de la guerre el de faire entrer dans leur cher électoral quatre armées •< qui le mangeraient et le ruineraient h discrétion ». Le vieux prince d'Anhall surtout, a qui était réservé le commandement du corps qui devait se réunir à Halle pour veiller a la défense de la frontière prussienne, se refusait presque à se charger d'une tache qu'il regardait comme ridiculement
superflue. — « Cela n'est pas vrai, cela n'est pas possible, » disait-il sèchement. — « Je vis clairement, dit Frédéric dans son Histoire, qu'il me prenait en pitié, comme un étourdi emporté par la vivacité de son tempérament. Il est vrai, ajoute-t-il, qu'il est de ces gens qui sont les Narcisses de leurs opinions etabondont toujours dans leur propre sens. » — Quant h Podewils, qui élait aussi présent, co n'était pas lui, avec la timidité qu'on lui connaît, qui, dans le doute, devait opiner pour le parti le plus résolu. De plus, il avait, dit encore Frédéric, quelques fonds placés dans la banque de Leipzig, et se refusait à penser que Bruhl, qui y était aussi intéressé, voulût provoquer une secousse d'où la ruine de cet établissement pouvait sortir. Frédéric tint bon et fit comprendre qu'il entendait èivQ obéi, puis il leva la séance, en se repentant peut-être intérieurement d'avoir, pour la première et dernière fois de sa vie, demandé un conseil \
t. Frédéric, Histoire de mon ternes, rédaction de 17 i6,
publiée a Leipzig en 18"'.», p. 100-407. — Le même n'oit est
ait, mais sous une forme plus abrégée et beaucoup moins