‹ Marie-ThereseChapitre 6 sur 40 · DE L ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

DE L ALLEMAGNE

deviendrait pour nous plus glorieuse et plus sûre ' ! »

A ces calculs faits, comme on peut lo voir, dans un intérêt tout personnel, qu'il confondait volontiers avec celui de la cause commune (tout on étant toujours prêt il s'en détacher), se joignait-il dans le fond de l'Ame quelqu'une de ces suggestions de l'amour-propre inquiet qu'on no s'avoue pas à soi-même et dont la génie même no réussit pas toujours à se préserver? On sait quel plaisir il avait pris, pendant la campagne précédente, à accuser l'incapacité, la lâcheté même de tous les Français, souverain, princes et généraux; le tout suivi toujours d'un retour orgueilleux sur lui-même et sur la comparaison que la postérité aurait à faire entre le jeune héros de la nouvelle grandeur prussienne et les héritiers dégénérés de Louis XIV. Ce sentiment s'était même fait jour dans les compliments, trop exagérés pour -ti-: sincères, dont il avait cru un moment de son intérêt d'accabler les débuts de Louis XV

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SI. H mut 11U. — Pot. Cor

dans la carrière des armes. Lui déplaisait-il d'être, celle fois, obligé de parler sérieusement et de reconnaître que, si la comparaison n'était pas encore retournée à son désavantage, il devait au moins entrer en partage de gloire avec un monarque son égal? Qui peut connaître le fond des cœurs? Ce qui est certain, c'est que ceux qui avaient à lui faire leur cour, pour se mettre en grâce, ne croyaient pas pouvoir mieux s'y prendre qu'en diminuant l'importance de la journée de Fontenoy, et surtout de la part personnelle que le roi. de Frapce y avait prise. Ce sont souvent les serviteurs qui devinent les faiblesses des maîtres, et les trahissent par le soin qu'ils mettent à leur complaire.

C'est Chambrier, par exemple, qui écrit de Lille, d'où il se prépare à aller rejoindre le roi pour lui faire compliment : — « La suite fera connaître de quelle importance est le gain de celte bataille ; mais il y a des gens qui croient que cette affaire n'est pas finie et que les alliés pourraient bien revenir à la charge. Les Français vantent la bonne contenance de leur roi et

dauphin, uu point qu'on pourrait croire qu'il peut y avoir un peu d'exagération... ■• — « Ce sera quelque chose de bien singulier, .ij'.nl>'-l-il, s'il i).' résulte pas ici, de cette victoire, une enllure si considérable qu'on ne saura plus comment, parler à ces gens-ci, tant auront les oreilles chatouilleuses sur les choses qui ne sont pas île leur goût, par la délicatesse qu'ils témoignaient, malgré leurs revers, des qu'il s'agissait de quelque chose qui blessait

t| i'n le ton de bailleur que Louis XIV a ilî ici. Un ministre de la conférence m'a dit jour à ce sujet ; — a On ne connaît pas encore Louis XV ; il sera aussi haut que Louis XIV et peut-être plus haut, .le sais de bonne source que le roi de France, voyant à un momeul la cruelle situation de son armée, dit au maréchal de Saxe : — » Tout est perdu ! •< A quoi celui ci répondît ; — « Pourvu que Votre Majesté ne le fasse pas paraître, il y aura du remède ; ce jour est si important qu'il faut vaincre ou mourir '. »

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