‹ Marie-ThereseChapitre 7 sur 40 · I. Oiauibri'.' i- I ! : i · texte numérisé non relu

I. Oiauibri'.' i- I ! : i

i 1743. Mini.-li'j-e ilir

5i MARIE-THÉRÈSE IMPÉRATRICE.

Quoi qu'il en soit, et quelle que fût son humeur secrète, Frédéric n'en laissa rien voir, le jour où il dut recevoir dans son camp le marquis de Valori, accompagné d'un officier français, M. de La Tour, dépêché tout exprès du camp de Tournay pour lui raconter le détail de la journée du 11 mai. Il les accueillit, au contraire, avec toutes les marques d'une véritable satisfaction, examina avec eux un petit plan de la bataille qui lui fut montré, et témoigna la plus vive admiration pour les dispositions du maréchal de Saxe. Puis, il retint ses

affaires étrangères.) — Un petit fait que je ne puis insérer dans ce récit, parce qu'il se rapporte à une date postérieure, montre quel dépit secret Frédéric avait ressenti, et garda même assez longtemps, de l'honneur que Louis XV et son fils s'étaient fait à Fontenoy. On a vu qu'il consacra quelques pages de ses Mémoires sur l'Histoire de son temps au récit de la bataille, et j'ai déjà eu occasion de dire qu'il existe deux textes différents de cette partie des Mémoires, l'un écrit en 1746, au lendemain des événements, l'autre retouché et remanié plus tard à tête reposée, pendant les loisirs de la vieillesse du grand monarque. Ce second texte seulement avait vu le jour et était connu jusqu'à ces derniers temps. C'est en 1819 qu'a été publié, à Leipzig, le texte primitif jusque-là resté ignoré dans les archives de Berlin. Or, dans ce texte, écrit un an juste après la bataille de Fontenoy, Frédéric, encore obligé de compter avec l'évidence et le témoignage unanime des contemporains, rend pleine justice

I V ICEATIOK liF. T. ALLEM IG.IE O.l

i.i'a» ù dîner, où on but à plusieurs reprises à la sailli' du vainqueur île Fonicnoy. En se levant de table, il engagea M. do La Tour à rester quelques jours auprès de lui p<mr rire lernnin dp. ce qui allait se passer, et repartir i barge de la bonne nouvelle qu'il espérait, bien lui-même renvoyer à son lonr au roi de France. Mais le soir, prenant Valori en tète a télé aoas sa tente, il lui laissa voir le fond de sa pensée et le pou de prix, qu'à son point de vue pnrli-

•culîer (ce serait trop de dire égoïste), il attardait à tous les lauriers qu'on pouvait cueillir

à la conduite de Loin? XV i<t du dauphin : Louû XV et le •tiiuyhin, dit-il, payèrent de leur personne dam cette journée àtttt t té potf la France: si te mi ne l'en eût empêché, h dauphin aurait chargé les ennemis à In Me des gardes du corps. — Mata dans le leitc romaine plus de trente ans après, l'un leur, n'ayant plus a craiudie d'être coolredil par aucun témoin oculaire, se met plus a l'aise l-I ebange absolumi'iit de toa et d'appréciation. — h Louis XV et le dauphin, dil-il, se trouvaient en personne à celte action. On lea avait placés auprès d'un mouliu, qui Était en arrière; depuis, les soldats français n'appelaient leur roi que Louis du Moulin, t Je n'ai pas besoin de dire que j>* n'ai trouve aucune- trace dans les écrit* contemporains de celle grossière plaisanterie, incessamment répétée cependant depuis lor» par lous les historiens français, en particulier par Uichclet, qui trouva moyen de la faire figurer dans un récit e la bataille, lequel ne tienl pus plus de deux pages.

hors de l'Allemagne : — « Je suis toujours bien charmé de la gloire personnelle, lui dit-il, que le roi a acquise et des avantages qui lui reviennent de cette mémorable victoire ; mais, convenez-en avec moi, elle ne m'est d aucune utilité ; je n'en ai pas moins d'ennemis sur les bras, et la reine de Hongrie ne regarde pas cet événement comme un de ceux qui doivent lui être extrêmement nuisibles... Je vous accorde que les Hollandais pourront être d'abord consternés, et rechercheront les moyens de sortir d'affaire, mais prenez garde qu'ils le chercheront inutilement. Us sont à présent dans les entraves de l'Angleterre et forcés malgré eux à en suivre toutes les impressions et tous les mouvements. Or, c'est se faire illusion de croire que les Anglais seront consternés de celte aventure au point de changer de mesures. Au contraire, je suis fortement persuadé que la nation s'irritera et qu'il sera moins difficile que jamais de l'engager à redoubler d'efforts. Croyez-moi, il n'y a qu'un moyen de mettre la reine de Hongrie à la raison, c'est en mettant le prince de Conti en état d'agir avec supério-

8VACI M10.V IIE l ALLEMAGNE. 5"

■ et de suivre le duc d'Àrenberg, s'il revient moi en Bohême... Si le prince de Conli forces pour marcher sur Iigra, quel bien ii en résulterait-il pas? La Saxe ne larderait pas à changer de mesure, Hanovre tremblerait, et vous jugez bien que. pour tous les cercles prêts aujourd'hui à se déclarer contre vous, ils criei.u-'iil beaucoup cl vous obéiraient. Vous no doutez pas non plus que, si vous étiez forcés de repasser le Hhin, je n'eusse raison de me croire abandonné, et que, quelque effort que je fasse par moi-même, il faudrait que je succombasse... Mais alors vous aurez la plus grande partie de l'Allemagne contre vous, les Anglais et les Hollandais y trouveront des Imiipes à leur solde tanl qu'ils voudront et le prand-duc sera empereur. Mais, je vois ce que

É'est, ajoule-l-il, vous craignez de vous enfourr en Allemagne, mes chers amis. »

Hcvenanl alors avec un merveilleux sangfroid sur sa situation personnelle et la passe étroite où il s'était volontairement engagé, il explique à Valori, en détail, pur quelartilîce et dans quel dessein il avait lui-même appelé les

Autrichiens en Silésie, où il espérait les écraser. C'était en les trompant par le moyen de faux espions qui leur avaient fait croire que son mouvement de recul était le commencement d'une évacuation complète de la province. — « J'ai ouvert, dit-il, tous les passages de la haute et de la basse Silésie. On ne peut prendre des souris sans ouvrir la souricière; je me flatte et j'espère qu'ils y entreront. L'état de mes affaires veut ce coup décisif; si je les bats, comme je l'espère, je ne ferai pas comme par le passé, je suivrai ma victoire 1 . »

Sa confiance ne larda pas à être justifiée par le succès. Trois jours après, le 4 juin, la bataille était livrée et gagnée. Les Autrichiens avaient donné en plein dans le piège qui leur était tendu : ne voyant rien devant eux dans les passages, pourtant aisés à défendre, qui gardaient la Silésie, et, trompés par de faux rapports, ils s'étaient avancés sans défiance 2 , et rien n'égala leur surprise quand ils trouvèrent devant

1. Valori à d'Argenson, 30 mai 17 ia. (Correspondance de Prusse. — Ministère des affaires étrangères.)

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