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On voit, par une dépêche de Venise du 5 juin

01 i l' YicilluTi: , m avant, du petit ruisseau do rigau, l'année prussienne rangée en bataille. ■Méfie ne leur laissa pas le temps de respirer. Le 4 juin, à deux heures du matin, il faisait attaquer par sa droite les Saxons, qui formaient a gauche de l'armée envahissante. Le prince de orraine. prévenu trop tard, n'eut que le temps venir à leur aide, el WVissenfels était déjà ■iiiu et en pleine déroute, au point du jour, ivant que les Autrichiens eussent eu le temps e seller el de brider leurs chevaux. Le roi prît ors le commandement do son aile gauche, el, DpÛtement délivré d'inquiétude du côté de i liane droit, opéra un mouvement de conrsion qui, menaçant d'envelopper les Aulrij el do leur couper la retraite, les força .ikimliinNiT rapidement le champ de bataille. i regagnèrent en désordre ces défilés de monics qu'ils s'étaient estimés heureux, quelles jours avant, de franchir sans y rencontrer fobstacles. Ils laissaient derrière eux quatre

p prlœa de Lnrraiue arait tait parla^er h Vienne a. illusion et qu'on t'applaudissait do l'évaeuilîoo <lc SOMe.

mille morts, sept mille prisonniers, parmi lesquels trois généraux et soixante-seize drapeaux. « La ruse, dit Frédéric, prépara cette action et la valeur l'exécuta. » — Sa joie était telle que le soir, en revoyant Valori, qui, du reste, avait suivi de sa personne, toute la journée, les incidents du combat, il lui dit, avec l'accent d'une émotion presque pieuse : « Mon cher ami, Dieu m'a singulièrement protégé et mis l'esprit d'aveuglement parmi mes ennemis. » — « Voyez donc, dit Valori dans ses Mémoires, combien on se trompe quand on dit qu'il ne croit pas en Dieu! » — Quant au prince de Lorraine, qui avait fait preuve, dans cette rencontre, d'autant d'imprévoyance que d'indécision, c'était sur un ton bien différent qu'il écrivait à Vienne dès le soir même : — « Je n'ose, disait-il à son frère le grand-duc, mander la nouvelle à la reine, mais je m'en remets à votre prudence. Ce malheur me fait d'autant plus de peine que nos gens ont fait comme des cochons. Pardonnez le terme; mais je suis furieux et vous supplie de prier la reine de me continuer toujours ses bontés, de même que vous. »

Rentré dans sa tente, Frédéric remit, comme il lavait annoncé au messager de Louis XV, un petit billet ainsi conçu : — « Monsieur mon frère, j'ai la satisfaction d'apprendre à Votre Majesté que mes armées viennent de remporter une victoire sur les Autrichiens et Saxons; comme MM. de Valori et de La Tour y ont été présents, je m'en rapporte à la relation qu'ils en feront à Votre Majesté. Elle aura vu que je n'ai pas tardé à suivre son exenple; c'est à présent le tour du prince de Conti. » — Et, en post-scriptum, seulement ces deux lignes : — « Je félicite Votre Majesté sur l'action glorieuse qui s'est passée à Fontenoy et sur la prise de ïournay 1 . »

1. Histoire de mon temps, chap. xm. — Frédéric à Louis XV, 4 juin 1745. Pol. Corr., t. VI, p. 182. — D'Arneth, t. I», p. 72, 77, 419. — Valori, Mtmohrt, t. I", p. 235.

Le ciel s'était donc subitement éclairci de tous les côtés de l'horizon ; Frédéric passait de l'extrême péril à tout l'éclat d'une gloire nouvelle, et l'alliance des cours de France et de Prusse, naguère si fortement ébranlée par une série de mécomptes et de mésaventures, semblait de nouveau raffermie par une double victoire. Ce changement à vue était complété par d'excellentes nouvelles venues d'Italie, où le maréchal de Maillebois, qui avait fait échange de commandement avec le prince de Conti, venait de faire la plus brillante entrée de campagne.

Pressé par les armées réunies de France et d'Espagne, le général autrichien Lobkowitz abandonnait les côtés de la Méditerranée pour se retirer dans le Milanais, et la république de Gènes, jusque-là engagée dans la cause de Marie-Thérèse, se trouvant sans défense, faisait sa soumission aux deux maisons rovales de Bourbon par un traité signé à Aranjuez le 4 juin, quinze jours après Fontenoy, et le jour même

île Frtedberg. Tout souriait donc aux deux vainqueurs ; restait ;'i savoir quel parti ils sauraient tirer, pour leur cause commune, des avantages qu'ils veulent deoonquérir, chacun pour son ". a la pointe de l'épée, par des efforts séparés.

Il était un fruit de leur triomphe qui semblait IdUTét» assuré, pour peu qu'ils voulussent bien, se rapprochant l'un de l'autre, joindre leurs mains pour le cueillir; c'était le choit d'un candidat a leur gré pour le troue impérial. Nul doute que si Louis XV (comme Frédéric l'en pressait), profitant de l'émotion causée par ce réveil de la gloire et de la puissance françaises, eût donné ordre au prince de Conti de s'avancer rapidement en Allemagne et de mettre la main ■ttt la ville impériale où le cullè&c princier devait i réunir, l'élection, ne pouvant plus s'opérer qu'avec sa permission et sous ses yeux, ne se fût terminée que suivant son bon plaisir. L'expérience récemment faîte par Belle-Isle prouvait avec quelle docilité l'urne électorale de Francfort se prétait à reproduire le nom dicté par la victoire. Ou ne voit pas trop qui aurait gèiié

Conti dans l'accomplissement de ce coup de force, et encore moins qui l'en eût fait repentir. Il n'avait que peu de choses à craindre du duc d'Arenberg, qui ne ramenait de Flandre qu'un corps d'armée, en assez mauvais état, de trente à quarante mille hommes, et n'avait plus aucun secours à attendre des Anglais, déconcertés et dispersés. Fontenoy avait rendu un nouveau Dettingue impossible. Sur sa gauche, du côté de la Bavière, il avait moins encore à redouter, et il dépendait de Frédéric de le délivrer à cet égard de toute inquiétude. Il suffisait que ce favori de la fortune voulût bien tenir la parole qu'il avait donnée fièrement à Yalori quand il annonçait que, vainqueur, il suivrait sa victoire. En poussant hardiment sa pointe, soit sur Vienne, à travers la Bohême et la Moravie, pour inquiéter Marie-Thérèse dans ses propres foyers, soit sur Dresde, pour lui enlever l'appui des Saxons, il ne laissait plus à la reine vaincue aucune troupe disponible qu'elle pût diriger sur Francfort, où la domination de Conti sérail ainsi devenue incontestée.

Que manquait-il donc aux deux souverains

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