‹ Marie TudorChapitre 3 sur 12 · AA · texte numérisé non relu

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dance absolue, n'a-t-ei!e jamais reçu d'atteinte par raccomplissement de faits en désaccord avec les besoins de ton ame? Tu veux te suiïiie , tu veux t'isoler de Dieu, astu donc trouvé les hommes toujours bons, toujours disposés à l'amour? Olil si leurs mépris étaient tombés sur toi, si leui' visage s'était détourné du tien avec dégoût, s'ils t'avaient rassasié d'injustices et d'opprobres, tout superbe que tu es, tu auiais cherché Dieu, tu lui aurais demandé secours contre tous ces méchants, sa miséricorde aurait appuyé ta faiblesse. Il est affreux, crois-moi, de se trouver seul aux jours de l'affliction. L'ame acquiert tout-à-coup la résolution de sa profonde indigence ; elle se voit dans toute sa misère et son néant, et que cette vue est navrante! La giâce te manque, Walter, voilà ce qui hvre ton espiit à l'incrédulité.

r.es Pères (!<• TK^lise iTont-ils pas ilil que saint [*ienv ne pécha nnllenicnl par froideur ou par lu'^diiijence, mais parce ipie la grâce lui maïupia. C'est une erreur bien audacieuse cpie d'établir rindépendance de l'homme sur les ruines de la puissance inlinie.

— J'anne mieux, ré[)ondil Waller, mettre

des bornes à la puissance de Dieu, que de le

faire complice de toutes les lâchetés el les

violences qui déshonorent l'humanité. Kn

vérité, mylord, le Seigneur du ciel n'a guère

à s'applaudir des sages de la lerie. Saint

Paul déchue qu(^ Dieu fait miséricorde à tpiel-

(pK's élus et endurcit le cœur de ceux (pi'il

\( ul perdit', et pour le justifier, il dit : < l^e

u \)i)['u\ n'a t-il pas le pouvoii" de faire de la

., même masse d'argih' mi xesie destiné a la

<( udoire, et un autre drshiK' ai»\ choses mU's

— /it) —

<( et honteuses? » ( [) Mais le vase impur n'a pas, ainsi que l'homme, conscience de sa destination, il ne sait pas, il ne souffre pas ; qu'importe donc ce qu'il est? Saint Augustin explique la création des pervers par le désir qu'avait Dieu de relever la beauté du monde, en y mettant des contraires, comme on emploiel'antithèse pourl'ornement d'un poème. Il appelle ces contraires l'éloquence des choses (2). Ce ne fut pas sans ironie que Walter ajouta : le sublime artisan de l'univers aura sans doute de meillenres raisons à nous donner que celles du grand apôtre et du grand docteur. Voilà Luther qui use son courage à se défendre des tracasseries obsti-

{V) Epître aux Romains, chap. i\.

(2) Cité de Dieu, liv. xi, chap. xviii.

nées (lu diahle. Cvs[ le tliîihic <|ui I «pif , le diable qui le chasse de sa cliambre, le diable ijui lui suscite des querelles théologiques (i). Manès revit eu (|uel(|ue l'acoi) dans I.ulhei*, avec sou principe du mal. Ce n'est pas tout : le grand docteur se dil quehpie part, que Tame ne saurait être souillée pai' les impuretés du corps {i). Vient Calvin , pour partager le monde en deux races distinctes : Tune invinciblement vouée à des fins mau-

\ I Mi(.!ii.i.Er, Màiwires (/< l.uflur.

(2 ' « Il V a deux homiiirs dans IMutininc : IhoiniiM' iii- (( lériour, Tame ; riionime exléiioin , If coi |)s. Nul ia|)|K)it <( enlro vu\. Connue les nnivres vlcniunl dr riionnnc cxU-- « rieur leurs cfrels n^ |)euNent alTeeler l'anie Que le corps « hante des li.nx profanes, qu'il niante, hoiNr . (|u il u>- << |)rie point de bondir et ne{]li{je (ont ee ipie lonl l( > li\po « eritrs. l'innr n <'n s«>urfrira aiicnnenimt »

Mie.iiiLi I. MrmoDfs >h lulhir.

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