‹ Marie Tudor; La EsmeraldaChapitre 59 sur 88 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les Précédents, LA ESMERALDA.

Entre la bohémienne, timide, confuse et radieuse. Mouvement d'admiration> La fodle s'écarte derant elle.

CHOEUR

Regardez! son beau front brille entre les plus beaux, Ctomme ferait un astre entouré de flambeaux !

PHOEBUS

Oh! la divine créature! Amis, de ce bal enchanté Elle est la reine, je vous jure.

Sa couronne c'est sa beauté!

Il se tourne rers MM. de Gif et de Cherrcuse.

Amis, j'en ai Pâme échauffée!

Je braverais guerre et malheur, Si je pouvais, charmante fée, Cueillir ton amour dans sa fleur!

M. DE CHEVREUSE

C'est une céleste figure!

Un de ces rêves enchantés

Qui flottent dans la nuit obscure

Et sèment l'ombre de clartés!

Dans le carrefour elle est née.

0 jeux aveugles du malheur!

Quoi ! dans l'eau du ruisseau traînée,

Hélas! une si belle fleuri

LA ESUERÂLDA, l'œil fixé sur Phœbus dans la foule.

C'est mon Phœbus, j'en étais sûre.

Tel qu'en mon cœur il est resté!

Ah! sous la soie ou sous Tarmure, C'est toujours lui, grâce et beauté!

Phœbus, ma tête est embrasée!

Tout me brûle, joie et douleurs.

La terre a besoin de rosée, Et mon âme a besoin de pleurs !

FLEDR-DE-LYS.

Qu'elle est belle! j'en étais sûre.

Oui, je dois être, en vérité.

Bien jalouse, si je mesure Ma jalousie à sa beauté!

Mais peut-être, prédestinées.

Sous la rude main du malheur, Elle et moi, nous serons fanées Toutes les deux dans notre fleur !

MADAME ALOISE

C'est une belle créature !

Il est étrange, en vérité, Qu'une bohémienne impure Ait tant de charme et de beauté !

Mais qui connaît la destinée?

Souvent le serpent oiseleur Cache sa tête empoisonnée Sous le buisson le plus en fleur.

TOUS, ensomble.

Elle a le calme et la beauté

Du ciel dans les beaux soirs d'été !

MADAME ALOISE, à la Esmeralda.

Allons, enfant, allons, la belle, Venez, el dansez-nous quelque danse nouvelle.

La Esmeralda se prépare à danser et tire de son sein l'écharpe que lui a donnée Phœbus.

FLEUR-DE-LYS

Mon écharpe 1 . . . Phœbus, je suis trompée ici, Et ma rivale, la voici !

Fleur-de-Lys arrache l'écharpe à la Esmeralda, et tombe évanouie. Tout le ba s'ameute en désordre contre l'égyptienne^ qui se réfugie près de Phœbus.

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