‹ MarieAntoinette et le procès du collier d'après la procédure instruite devant le parlement de ParisChapitre 26 sur 48 · I* I K C E S JUSTIFIE A T I V E · texte numérisé non relu

I* I K C E S JUSTIFIE A T I V E

M. de Galonné, et lui avait représenté qu’il ne faisait pas pour elle ce qu’il devait faire, et s'il ne lui donna pas pour lors 15,000 livres, eu lui disant de placer de ces fonds le plus qu’elle pourrait,

A répondu qu’il se rappelle avoir recommandé la dame de Lamotte il M. le contrôleur général, mais qu’il ne pourrait pas dire il quelle date positivement; qu’il se rappelle aussi très-bien n'avoir donné ni à cette époque ni à aucune autre une somme de 15,000 livres à la dame de Lamotte.

Interrogé s’il n’est pas vrai que dans le mois de janvier 1785 la dame de Lamotte lui dit que le joaillier de la Heine était venu chez elle et lui avait montré un collier, pour engager lui répondant à agir auprès du ministre afin de faire faire l'acquisition du collier par le Roi ,

A répondu que non , et au surplus s’en réfère à ses précédents interrogatoires.

Interrogé si un jour, de grand matin, il ne fit pas demander par écrit à la dame de Lamotte l’adresse des joailliers et si elle ne la lui envoya pas ,

A répondu qu’il ne se rappelle nullement avoir fuit une pareille demande.

Interrogé si la dame de Lamotte , ayant appris par les joailliers l’acquisition du collier et voyant que le répondant ne parlait pas , elle ne lui dit pas en plaisantant : « Vous êtes bien discret, vous ne me dites pas que vous avez vu les joailliers et que vous avez fait l’emplette du collier? » et s’il ne lui répondit pas :

« Vous êtes bien curieuse. . . eh bien , devinez pour qui c’est... C’est pour votre souveraine; surtout le plus grand secret , car tout serait perdu ; »

A répondu qu’il n’y a pas un mot de vrai dans tout cela , et que le fait allégué dans ses précédents interrogatoires prouve la fausseté de ce qu’elle avance ici , puisqu’elle a été de très-grand matin chez les joailliers les prévenir que le répondant viendrait voir le collier, et que c’était pour la Reine.

Interrogé s’il connaît le comte de Cagliostro, dans quel temps et où il a fait sa connaissance ;

A répondu qu’il l’a vu une première fois à Strasbourg en le consultant pour sa santé, et ensuite à l'occasion de l’accident de la jambe de M. de Soubise qui menaçait de la gangrène; à cette époque il fut écrit de Paris, à lui répondant, d’engager le comte de Cagliostro de venir dans cette ville voir M. le prince de Soubise, ce qu’il fit sans hésiter; que lui, répondant, l’amena dans sa voiture, et depuis ce temps-là il a lié connaissance avec lui.

Interrogé s’il n’a pas toujours témoigné au sieur de Cagliostro beaucoup de déférence et d’égards, s’il ne l’a pas engagé à venir demeurer à Paris, et s’il ne lui a pas fait louer et meubler un appartement à ses frais , A répondu qu'il lui a toujours su grand gré des marques d’attachement qu’il lui avait données en venant sur-le-champ à Paris à l'occasion du prince de Soubise; (pic, quant à son séjour dans cette capitale, le répondant aurait désiré qu’il vint s’établir h Stras-

bourg par futilité dont il y était, non-seulement par les secours qu’il donnait gratis, mais par le concours considérable d'étrangers qui y étaient venus pendant son premier séjour; et que, quant à la maison qu’il occupe, ce n’est pas aux frais du répondant.

Interrogé s’il n’allait pas souvent chez lui, s’il n’y mangeait pas fréquemment, et s’il ne fournissait pas à la dépense de la maison ,

A répondu qu’il y allait fréquemment, y faisait porter quelques plats de chez lui, mais qu’il n'entrait pour rien dans la dépense de la maison.

Interrogé si au mois de mars 1785 il ne dit pas à lu dame de Lamotte qu’il avait vu quelqu'un qui désirait renouveler connaissance avec elle, que c’était le sieur Cagliostro, et s’il n’ajouta pas : « Si voulez le voir, écrivez-moi que vous désirez voir ce grand homme , cet homme extraordinaire » ,

A répondu qu’il se souvient, sans se rappeler la date, cpie la dame de Lamotte lui ayant dit qu’elle était incommodée, il lui dit ([lie si elle avait confiance dans le sieur comte de Cagliostro qu’elle avait vu à Strasbourg, elle n’avait qu’à le lui rappeler et à l’aller voir.

Interrogé si la dame de Lamotte ne vit pas le comte de Cagliostro chez lui, s’il ne lui dit pas : « Êtes-vous bien contente d’avoir vu un aussi grand homme ; voyez, on ne sait pas qui il est, c’est un dieu : voyez ce portrait , ces yeux qui regardent au ciel Pour vous as-

surer de ce qu’il est capable de faire, amenez une petite

fille ou un petit {'arçon de sept ans, il vous fera voir des choses extraordinaires que vous ne pourrez croire qu’en les voyant » ,

A répondu qu’il n’a pas certainement tenu ce propos, mais qu’il aura demandé à la dame de Lamotte si elle n’était pas très-contente de la façon dont Cagliostro lui avait parlé sur sa santé , et qu’il répète encore qu’il n’est pas possible qu’il ait tenu le propos qu’on lui prête.

Interrogé si deux jours après la dame de Lamotte ne mena pas chez lui sa nièce, s’il ne dit pas à cette nièce : « Allons, mademoiselle, priez M. le comte de vous faire voir ce qui vous fera très-grand plaisir, après cela vous pourrez dire être un ange.... Allez auprès de M. le comte , ne le craignez pas, il ne vous fera pas de mal ? »

A répondu que tout cet ensemble de faits est présenté extrêmement en charge. Le fait est que la dame de Lamotte désirait lui présenter sa nièce pour lui faire obtenir une pension ; qu’elles se trouvèrent chez lui avec le comte de Cagliostro, à qui on rappela cpx’il avait dit il Strasbourg que la lteine accoucherait d’un Dauphin , et on lui dit qu’il fallait qu’il devinât aussi juste dans cette occasion eu annonçant que la Reine accoucherait d’un prince. Sur-le-champ, le sieur de Cagliostro dit à la nièce de la dame de Lamotte : o Si vous êtes sage , vous verrez que la grande dame (sans nommer la Reine) aura un prince. » On mit un paravent , derrière lequel on fit passer la nièce de la dame

de Lomotte, et M. de Gagliostro lui répéta : « Si vous êtes sage , vous verrez. » Et comme elle ne répondait pas , il frappa contre le paravent en lui disant : « Eh bien, vous ne répondez pas? » Et alors la nièce dit qu'elle voyait une grande dame qui était grosse , qu’elle accoucherait d’un prince et qu’elle voyait la Reine. Le comte de Gagliostro parut étonné de ce qu’elle avait nommé la Reine qu’il ne lui avait pas nommée, et lui dit : « Allons, j’espère que vous avez dit juste et que la Reine aura un prince. » Et tout fut dit.

Interrogé si l’on n’a pas recommencé pareille scène en deux fois, l’une avec la nièce de madame de Lamotte et une autre fois avec un petit garçon , et si celte dernière scène ne s’est pas passée au mois d’avril,

A répondu qu’il y a quelque chose de vrai dans cette question , mais qu’il croit qu’il hit question de l’effet du magnétisme.

A lui demandé si , après cette dernière scène , il ne s’est rien passé de plus extraordinaire,

A répondu que non, absolument rien.

A lui demandé si au contraire de ce qu’il vient de nous dire, Gagliostro, avant de commencer ses opérations, n’u pas paré cette nièce de différents cordons, croix, crachats, et de tablier ; s’il ne lui a pas posé son épée sur la tête ; s’il ne lui a pas parlé du grand Cophte, de l’ange Michael-Raphaël, et enfin n’a pas employé toutes sortes de cérémonies pour la préparer il ce qu’elle allait voir et à ce qu’elle allait répondre, en prononçant des mots auxquels on ne comprenait rien ,

A répondu que quand même toutes ces simagrées seraient vraies, elles seraient très-insignifiantes sérieusement prises, et n’auraient eu pour but que de mettre du sérieux vis-à-vis de l’enfant; mais qu’elles sont fausses dans tous ces détails.

À lui demandé si , au contraire, on n'a pas employé toutes ces cérémonies pour donner plus de confiance à la dame de Lamotte en Cagliostro, et l’amener au point que l’on désirait d’elle,

A répondu que ce ne pouvait pas être l’efFet d’aucun motif, puisque l’on ne se proposait aucun but.

Interrogé si après la dernière séance la dame de Lamotte étant restée en tiers avec le répondant et Cagliostro , on ne posa pas sur une table nne trèsgrande quantité de lumières, une épée nue en croix avec un poignard, différentes médailles, les croix de Jérusalem et de Saint- André, et si Cagliostro ne fit pas poser à la daine de Lamotte la main sur la croix, en lui faisant jurer que de sa vie elle ne dirait rien de ce qu’elle verrait et de ce qui allait lui être proposé,

A répondu que ces calomnies sont trop odieuses pour y répondre autrement que par la négation la plus affirmative.

Interrogé si Cagliostro ne dit pas à lui, répondant : « Prince, allez donc, allez donc! » S’il n’a pas été à son secrétaire, et n’en a pas rapporté une boite de bois blanc ovale, un peu grande; si Cagliostro ne lui dit pas : « Il y en a encore une autre, apportez-la. » S’il ne l’a pas été chercher et ne l'a pas apportée;

A répondu que rien n’est plus faux, et que c’est une calomnie atroce.

Interrogé si ces deux boites n’étaient pas remplies de diamants; s'il ne demanda pas à la dame de Lamotte si son mari voudrait aller en Angleterre, qu’il lui donnerait 6,000 livres, qu’il porterait chez un banquier; qu’il tirerait une lettre de chunge à vue sur Londres, et s'il ne dit pas à lu daine de Lamotte en présence de Cagliostro : « Voici des diamants, j’en sais le prix, dites à votre mari que s’il ne les vend pas sans être montés , il ne les rapporte pas ici sans qu'ils le soient » ;

A répondu que rien n’est plus faux; qu’il n’y a pas un mot de vrai.

Du mercredi \ n février 1786.

Interrogé si dans les premiers jours du mois de mars il ne remit pas à la dame de Lamotte vingt-deux diamants, et s’il ne lui dit pas : « Voilà des diamants, si vous étiez intelligente... Mais non, votre mari pourrait me dire ce qu’on en offre, j’en ai la note. » S’il ne pesa pas ces diamants dans de petites balances jaunes, et ne lui dit pas : » 11 y en a pour 15,000 livres. » Si la dame de Lamotte ne dit pas : « Mon mari n’est pas connaisseur, je lui en parlerai avant que d’emporter la boite » ;

A répondu affirmativement que non ; qu’il n'a donné aucun diamant ni à la dame de Lamotte ni à son mari, en présent ou pour les vendre.

Interrogé si le lendemain matin il n’envoya pas par son suisse , à la dame de Lamotte , les vingt-deux diamants dans une petite boite cachetée et une lettre portant : « Défaites-vous de cela au plus vite » ;

À répondu que non , que ce fait est aussi faux que le précédent, et que jamais son suisse n’a été chargé par lui de lui porter de boite.

Interrogé si la dame de Lamotte ne lui a pas fait part des démarches qu’elle avait fuites pour vendre ces vingt-deux diamants, en lui disant qu’on ne pourrait les payer qu’en deux payements; s’il ne lui dit pas.: « Donnez-les, puisqu’on ne peut pas faire autrement. » Si la dame de Lamotte ne lui a pas remis 8,000 ou 9,000 francs pour la première vente, et le montant du surplus à l’échéance d’un billet cpii avait été fait;

A répondu que cette allégation est aussi fausse que les précédentes.

Interrogé si dans le même mois de mars il ne donna pas à la dame de Lamotte une boite de bois blanc, dans laquelle il y avait de petits diamants, et si ces diamants ayant été vendus 9,000 francs, il n’en fit pas présent à la dame de Lamotte ,

A répondu que non.

Interrogé si dans les premiers jours d’uvril il ne fit pas présent à la dame de Lamotte d’un brillant de 3,100 livres, et de petits diamants qui pouvaient valoir 2,040 livres,

A répondu que non.

Interrogé si dans le courant du même mois d'avril il

PIECES JCSTIFICATIVES.

n'a pas remis à la dame de Lamotte sei/e diamants, qu’il lui dit valoir 18,000 francs; si la dame de Lamotte ayant dit que l’on n’en offrait que 16,000, il ne lui dit pas de les vendre pour ce prix , et si la dame de Lamotte ne lui a pas remis cette somme ,

A répondu que non.

Interrogé si la dame de Lamotte lui ayant fait paraître de la surprise de la quantité de diamants qu’elle voyait et qu’il lui donnait à vendre, ne lui demanda pas d’où lui pouvaient provenir ces diamants ; s’il ne lui répondit pas : « Ce sont d'anciennes parures que je ne mets plus à présent , parce que je suis vieux » ;

A répondu que non.

Interrogé si dans le commencement de mai il ne demanda pas à la dame de Lamotte de chercher quelqu'un qui aurait le portrait de la Reine, qu’il ferait mettre sur une bonbonnière, pour l’entourage de laquelle il lui donna des diamants, et s’il ne lui ht pas présent de deux brillants pour être montés en bague; si la dame de Lamotte ne lui a pas apporté le portrait de la Reine, dont il lui dit de faire faire une copie et d’y faire ajouter à la main une rose; si elle ne lui remit pas le portrait avec la boite, et s’il ne lui donna pas un billet de 1 ,000 livres pour payer la boite et la façon du portrait,

A répondu que non.

Interrogé si ce n’est pas il sa sollicitation que le sieur de Lamotte est parti pour Londres dans le courant d’avril pour vendre les diamants, qui étaient renfermés

dans tes deux boites qu'il avait remises a la dame de Lamotte, en présence de Cagliostro,

A répondu que non , et qu’il n’a remis aucune boite en présence du comte de Cagliostro ni d’aucune autre personne.

Interrogé si dans le courant de inui il ne dit pas à la dame de Lamotte d écrire à son mari de revenir, et de rapporter avec lui l’argent qu’il avait reçu, parce qu’il en avait le plus grand besoin ,

A répondu que non.

Interrogé si le 29 du mois de mai le sieur de Lainotte ne revint pas et ne rapporta pas des effets en papier pour 121,000 livres, sur Perregaux, banquier; un médaillon , une paire de girandoles , mie épingle et deux grosses bagues pour un homme; si la dame de Lamotte ne lui a pas remis les effets ainsi que les diamants; s’il n’a pas dit à La dame de Lamotte de dire à son mari de convertir les billets en billets de la caisse d’escompte; si la dame de Lamotte, lui ayant rapporté ces billets, il ne lui donna pour ses peines le médaillon, l’épingle et les girandoles ,

A répondu que non ; qu’il n’a donné aucune commission au sieur de Lamotte, et n’a donné aucun diamant ni putre bijou à la dame de Lamotte.

Interrogé si la dame de Lamotte lui ayant dit que son inari avait laissé en Angleterre des diamunts à monter ou à vendre, parce que le répondant l’avait pressé de revenir, il ne lui dit pas : « Je désirerais qu’on les vendit plutôt que de les renvoyer montés. » Si elle

ne lui montra pas une lettre écrite à son mari, où l’on marquait que les diamants étaient montés, et par quelle voie il fallait les faire passer; s’il 11e lui dit pas :

■ Cela n’est pas pressé, j’ai mes objets remplis, je verrai cela à mon retour de Saverne » ,

A répondu que tout cela est absolument faux.

Interrogé s’il connaît les nommés Marcilly et Ogeard ,

A répondu que non.

Interrogé s’il connait une fille nommée Mesla de Courville, et qui se fait appeler la baronne de Solleberg ou Souberg,

A répondu que non.

Interrogé s’il ne sait pas que cette fille, qui s’est dite baronne de haute qualité, ancienne chanoinesse d’Allemagne, il n’y a pas dix-sept à dix-huit ans qu'il en a fait la connaissance; si elle ne l’a pas suivi à Paris, à Strasbourg , en Alsace et à V ienne ,

A répondu que non.

Interrogé s’il n’a pas eu le projet de marier cette fille avec un gentilhomme, qui aurait reconnu un enfant que la fille Courville aurait eu de lui , lequel pourrait avoir quinze ans ,

A répondu que c’était une calomnie atroce; qu'il était bien fâché que M. le rapporteur fut obligé de lui faire une pareille question.

Interrogé s’il ne sait pas qu’il a été fait des démarches relatives à ce mariage ; qu’un sieur de Bette d’Étienville a proposé dans le courant du mois de mars dernier le sieur baron de Fages, garde du corps de

ifiO

Monsieur, lequel s’est présenté; qu’il a été accepté; que le mariage avait été fixé pour être fait après la Quasimodo ,

A répondu qu’il n’a nulle connaissance de ce dont on lui parle.

Interrogé si cette daine deCourville ne demeurait pas rue des Tournelles, au coin de la rue Neuve Saint-Gilles,

A répondu qu’il n’cn sait rien.

Interrogé s’il n’est pas vrai que le 6 du mois d’avril, la dame de Courville montra au sieur d'Etienville des diamants non montés, qu’elle lui dit provenir d’une rivière de diamants que les femmes portaient autrefois, lesquels avaient été estimés 4-32,000 livres,

A répondu que non, et n'a nulle connaissance de cela.

Interrogé s’il n’a pas connaissance que la fille de Courville voulait vendre ses diamants avant que de se marier, et qu’elle proposa au sieur d’Etienville de passer en Hollande pour les vendre, parce qu’elle avait des raisons pour ne pas les vendre à Paris ,

. A répondu que non.

Interrogé s’il n’est pas vrai que le 12 avril, sur les dix heures et demie du soir, le sieur d’Etienville ne trouva pas lui, répondant, chez la fille de Courville; qu’il était vêtu d’une redingote petit-gris, ayant sur sa tête un chapeau rond avec un cordonnet et des glands d’or, et s’il ne dit pas au sieur d’Etienville qu’il était content de sa conduite et de son zèle, et qu’il se chargeait du soin de sa fortune,

A répondu que non, qu’il n’a point de capote petitgris, et qu’il ne sort jamais avec un chapeau en clabuud, à cordonnet et glands d’or.

Interrogé s’il ne dit pas ce jour-là au sieur d’F.tienville que des raisons de la plus grande importance empêchaient que le mariage n’eùt lieu avant l’époque du I* r au 15 juillet; si d’Etienville n’écrivit pus sur-lechamp, en sa présence, au baron de Fages, pour lui annoncer ce retard , et s’il ii’a pas été fait par la dame de Courville un dédit de 30,000 francs au profit du baron de Fages, dans le cas où le mariage n’aurait pas lieu , lequel dédit a été remis au sieur d’Etienville ,

A répondu que non , qu’il n’a nulle connaissance de ces faits.

Interrogé s’il n’est pus à su connaissance que duns le mois de mai, la fille de Courville proposa de nouveau au sieur d’Etienville d’aller en Hollande vendre les diamants, et que sur le refus qu'il en fit, elle en vendit une partie et en fit monter une autre, qu’elle annonçait devoir être destinée au baron de Fages,

A répondu qu'il n’a aucune connaissance de ces faits.

Interrogé s’il n’est pas resté à Paris dans le mois de juillet pour faire conclure ce mariage; si le 18 ou 20 de ce mois il n’eut pas une seconde entrevue avec d’Etienville chez la dame de Courville, à onze heures du soir; s’il ne dit pas au sieur d’Etienville que ce n'était pas à lui qu’il fallait s'en prendre si le mariage n'était pas fait; si In fille de Courville ne dit pas à

d’Etienville que lui, répondant, devait lui donner pour le mariage 500,000 livres, et que tant qu'il ne remplirait pas sa promesse, elle n'irait pas plus avant ,

A répondu que toutes ces allégations sont aussi fausses que les précédentes.

Interrogé si le mariage n’a pas été fixé pour le 12 août, époque à laquelle un emprunt de 500,000 livres projeté par lui, répondant, devait être rempli; s’il n’engagea pas il cette époque du 12 août la fille de Courville à retirer le dédit de 30,000 livres, il s'absenter de Paris, et à emmener avec elle le sieur d’Étienville, afin qu’on ne pût avoir connaissance de ce qui s’était passé au sujet de ce mariage ,

A répondu qu’il n’a aucune connaissance de ces faits.

Du mercredi 1 "février 1786..

Interrogé s’il n’est pas vrai que sollicitant dans le mois de mai la dame de Lamotte de presser son mari de revenir île Londres, et de lui apporter l’argent provenant des diamants; il ne lui dit pus qu’il en avait le plus pressant besoin, ayant pris des engagements dont il avait bien des regrets, et s'il ne dit pas à la dame de Lamotte : « Vous ayez vu chez moi , la semaine sainte, une femme; c’est à elle que j’ai promis 500,000 livres, c’est pour la marier avec quelqu’un de nom à Versailles; j’ai eu un enfant d'elle que je voudrais faire légitimer, elle me presse beaucoup » ;

A répondu qu’il n’v a pas un mot de vrai, que d’ail-

leurs dans la semaine sainte il était à Versailles, et, dans le mois de mai, il était à Saverne.

Interrogé si la dame de Lamotte ne lui observa pas que cette femme était couverte de diamants; qu’elle n’avait pas besoin de 500,000 francs, et s’il ne lui répondit pas : « Si je ne lui donne pas les 500,000 livres, elle vendra les diamants » ;

A répondu que tout cela est faux.

Interrogé s’il n’est pas parti pour Saverne le 20 ou 22 juin dernier,

A répondu qu’il y a été dans les premiers jours de mai, et en est revenu dans les premiers jours de juin.

Interrogé s’il n’est pas vrai que le sieur de Cnrbonnières fut quelques jours après proposer ii la dame de Lamotte d’aller à Saverne, parce qu’il avait des choses importantes à faire tenir au répondant ,

A répondu que cela n’est pas vrai.

Interrogé si la dame de Lainottc ne s’est pas rendue il Saverne habillée en homme, et s’il ne l’a pas envoyée chercher dans une de ses voitures,

A répondu qu’elle est venue effectivement à Saverne à la fin de mai , et qu’il l’a vue.

Interrogé si elle ne lui a pas remis un paquet dont elle avait été chargée par le sieur de Carbonnières,

A répondu que oui , mais que ce n’était pas un paquet important, mais seulement des papiers d'affaires.

Interrogé s’il ne lui a fias dit pour lui marquer sa reconnaissance : « Voilà une boite dont je vous fais cadeau , ouvrcz-la , vous y trouverez quelque chose ; »

si la dame de Lamotte, l'avant ouverte, ne lu trouva jms remplie de diamants non montés, et s’il ne lui dit pas, à l’égard du portrait qui est sur la boite : « Vous I ôterez, ou vous le laisserez, comme vous voudrez » ;

A répondu qu’il n'y a pas un mot de vrai dans tout ce détail; qu’il ne lui a donné ni argent ni boite; qu’il a offert à la dame de Lamotte de l’argent pour les frais de son voyage. Elle lui a répondu que la Heine lui avait donné de quoi faire le voyage ; a ajouté que le but de cette démarche de la dame de Lamotte était de lui dire que la Reine aurait la bonté de le recevoir quand il reviendrait, et qu’elle s’était empressée de lui apprendre cette bonne nouvelle.

Interrogé si ensuite il ne montra pas il la dame de Lamotte une bonbonnière moitié plus grande que celle qu’il venait de lui donner, entourée de très-gros diamants; s’il ne leva pas le médaillon et ne fit pas voir à lu dume de Lamotte le portrait de la Reine , plus beau que celui qu’il lui avait donné,

A répondu que c’est absolument faux,, qu’il n’a jamais en le portrait de la Reine.

Interrogé s’il n’a pas donné une très-grande quantité de diamants à la dame de Cugliostro et il son mari , et s’Hs ne provenaient pns du collier,

A répondu que le comte de Cugliostro lui ayant en diverses occasions donné divers objets qui avaient une certaine valeur, et n’ayant jamais rien voulu accepter de lui, il avait pris occasion du séjour de sa femme à Paris pour lui faire quelques présents, et que ce qu’elle

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