I* I K CE S J L STI H C AT I V ES
perdre quelque chose, et qu’il avait déjà chez lui de quoi les tirer d'inquiétude?
A répondu qu’il n’a rien dit de cela à la dame de Lainotte.
A lui demandé, si, le 3 août, il ne vint pas chez la dame de Lamotte, entre dix et onze heures du matin, avec trois morceaux de papier qu’il dit être les déhris d’une lettre de la Heine qu’il avait trouvée dans sa famille; s’il n’ajouta pas : « Reconfrontons-les avec ce que je vous ai lu hier, vous verrez que je suis trompé, et que ce n’est pas la même écriture; gardez ces trois morceaux de papier, montrez-les à Bassenge, dites-lui que j’ai été trompé, qu’il ait pitié de moi » ;
A répondu qu’il n’y a pas un mot de vrai.
Interrogé s’il n’a pas persécuté la dame de Lamotte pour la faire venir chez lui, craignant ses indiscrétions, dans le cas où elle serait arrêtée et interrogée relativement à ce qu’elle avait vu de Cagliostro, de la remise et vente de diamants ; et si le \ août il ne la sollicita pas de partir pour le pays étranger; si après lui avoir dit que des espions le suivaient perpétuellement, il ne lui a pas dit : « Je vous enverrai chercher ce soir entre onze heures et minuit; dites à votre mari que je lui saurais mauvais gré, et que je vous abandonnerais tous deux s’il ne se prêtait pas à cela » ;
A répondu qu’il s’en réfère à tout ce qu’il a dit dans ses précédents interrogatoires.
Interrogé si la dame de Lamotte 11 e lui a pas tait dire qu’elle avait vu un inspecteur de police passer sous
ses fenêtres à differentes fois, et s’il n'est pas venu chez elle à huit heures du soir, et si le sieur et la dame de Lamotte ne se sont pas rendus chez lui à onze heures du soir, conduits par le sieur de Carbonnièrcs ,
A répondu qu’il s’en réfère sur ce détail à ce qu’il a dit dans ses précédents interrogatoires.
Interrogé si le lendemain 5 août il n’a pas dit au sieur et à la dame de Lamotte, qu'il ne les abandonnerait pas s’ils voulaient passer deux ou trois mois par delà le Rhin, en pays étranger,
A répondu que cela n’est pas vrai.
Interrogé si le sieur de Lamotte ne lui dit pus : « Je ne vois pas pour quel motif vous voudriez nous éloigner, nous aurions l’air d’être coupables; je suis fâché d’être obligé de vous refuser; je vous donne ma parole d’honnête homme de ne rien révéler» ,
A répondu que le sieur de Lamotte n’a pas été à portée de lui tenir un pareil propos.
Interrogé si le sieur de Lamotte ne s’est pas évadé de l’appartement où il était renfermé; si sur les quatre heures il n’est pas revenu chercher sa femme; si lui, répondant, ne les a pas traités d’ingrats, et si, ayant fait passer la dame de Lamotte dans une chambre où était le buste de Gagliostro, il ne lui a pas fait jurer de garder le secret qu’elle avait promis ,
A répondu que la vérité est que le sieur de Lamotte est sorti parce qu’il pouvait toujours sortir; qu’il a emmené sa femme parce que le répondant ne leur avait
pas promis de les garder plus longtemps, et que quant au reste de l’énoncé, il est faux en tout.
Interrogé s’il n’a pas eu connaissance que le sieur et la dame de Lamotte se rendirent à cette époque à Barsur-Aube, après avoir fait emballer publiquement et transporter leurs meubles de Paris ,
A répondu qu’il n'avait eu nulle connaissance du transport de leurs meubles, et que même ils lui avaient dit aller, non chez eux , mais chez un de leurs parents à Bar-sur-Aube.
Interrogé si avant le départ de la dame de Lamotte, et pendant qu’elle était chez lui, il n’a pas exigé qu’elle lui remit toutes les lettres et papiers qui établissaient la correspondance entre lui et elle, et si la dame de Lamotte ne les lui remit pas,
A répondu qu’il ne lui a demandé aucun papier, et qu’elle ne lui en a remis aucun.
A lui représenté qu’il n'est pas vraisemblable que le sieur et la dame de Lamotte eussent déménagé au vu et au su de tout le monde, eussent été à Bar-sur-Aube, et ne se fussent pas plutôt retirés en pays étranger, si la dame de Lamotte eût contrefait ou fait contrefaire l’écriture et la signature de la Reine, et si elle et son mari eussent vendu pour leur compte les diamants provenant du collier, et qu’il est difficile de croire qu’ils se soient approprié la totalité du collier que lui, répondant, avait acheté des joailliers,
A répondu que cette conduite de la dame de Lamotte n’est pas si inconséquente ; que ladite dame croyait
avoir tellement enveloppé le répondant dans ses artifices, qu’il n’oserait rien dire ; et de fait, les manœuvres sont tellement multipliées que certainement le répondant aurait préféré payer, ne rien dire, et laisser la dame de Lamotte jouir du fruit de ses intrigues ; mais que toutes les connaissances acquises au procès doivent suffisamment prouver qu’ils ont agi comme le répondant l’a déclaré dans tous ses interrogatoires, et que la fuite du mari et d’un de ses agents prouve la vérité de ce qu’il avance.
Interrogé s’il veut croire les témoins,
A répondu que oui, s’ils disent vérité.
Titon. le Cardinal de Rohan.