‹ MarieAntoinette et le procès du collier d'après la procédure instruite devant le parlement de ParisChapitre 30 sur 48 · DEUXIÈME INTERROGATOIRE DE MADAME DE LAMOTTE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME INTERROGATOIRE DE MADAME DE LAMOTTE

Du lundi 8 mai 1786.

Par-devant nous Jean-Baptiste-Maximilien-Pierre Titon, conseiller du Roi en Parlement, a été amenée, en l’une des salles du gouvernement du château de la Bastille, la dame de Lamotte de Valois.

Interrogée de ses noms, surnoms, âge, qualités et demeure,

A dit se nommer Jeanne de Valois de Saint-Remy de Luz, épouse de Marc-Antoine-Nicolas, comte de Lamotte de la Pénissière, âgée de vingt-neuf ans, demeurant à Paris, rue Neuve Saint-Gilles.

Interrogée si elle a fait valoir auprès de M. le cardinal sa faveur et son crédit auprès de la Reine ,

A dit jamais, et s’en réfère à ce qu’elle a dit précédemment à ce sujet.

Interrogée s’il n’a pas existé entre elle et le cardinal une correspondance comme étant une intermédiaire entre la Reine et lui ,

A répondu que non, et qu’elle n’avait pas l'honneur de voir la Reine, ainsi qu’elle l’a dit.

' Archives de [Empire, X 5 , 2576.

Interrogée si ce n’est pas le sieur de Villettequi écrivait sous sa dictée les lettres en réponse au cardinal comme venant de la Reine,

A répondu que non, et qu’elle s’en est expliquée visà-vis du sieur de Villette.

Interrogée si le cardinal ne l’a pus entretenue souvent de l’envie qu’il avait de n’étre plus dans la disgrâce de la Reine; si elle ne lui a pas -promis de faire ce qui serait en elle pour cela, et si elle ne lui u pas fait espérer qu'elle y réussirait,

A répondu que M. le cardinal lui avait confié qu’il voyait la Reine depuis le mois d’avril jusqu’à la fin de juin 178!, ainsi qu'elle l’a dit dans ses confrontations vis-à-vis de lui, mais qu’il s’était brouillé envers elle par les inconséquences qu’il avait commises.

Interrogée si elle n’a pas promis au cardinal une entrevue avec la Reine, et quels sont les motifs qui la conduisaient pour lors,

A répondu qu’elle s’est expliquée vis-à-vis de M. le cardinal du motif «pii l’avait engagée à faire cette scène, qui est (pie M. le cardinal lui avant fait part de sa nouvelle disgrâce auprès de la Reine, elle lui fit espérer, dès ce moment-là , que par ses alentours auprès de la Reine elle parviendrait à la voir, et qu’elle lui ferait part de la peine que lui, cardinal, ressentait d’avoir encouru de nouveau sa disgrâce; en conséquence, cinq ou six jours avant, elle prévint le cardinal qu’elle avait ■ réussi, et que la Reine lui donnerait une entrevue dans une charmille du jardin de Versailles, ce qui fut exé-

cuté par ia fille d’OIiva à la fin de juillet, ainsi qu’elle s’en est précédemment expliquée.

Interrogée si la fille d'OIiva a su qu’elle jouait le rôle de la Heine,

A répondu que non ; qu'elle lui a dit seulement qu’elle voulait jouer un tour à son amant, que son rôle ne serait pas long, qu’elle n’avait qu’une rose à donner ainsi qu’à dire les paroles qu’elle a précédemment dites; qu’il ne lui a pas été difficile de persuader la fille d’OIiva de jouer ce rôle-là, parce qu’elle est fort bête.

Interrogée si quelque temps après cette entrevue elle n’a pas fait écrire une lettre au cardinal au nom de la Reine pour avoir 50 ou 60,000 francs pour des personnes auxquelles la Reine s’intéressait,

A répondu que non; qu elle n’aurait pas pu le faire, puisque, quelques jours après la scène de la fille d’OIiva, elle a dissuadé M. le cardinal de la vérité de l’entrevue avec la Reine en lui disant que c'était une plaisanterie qu’elle avait faite pour le calmer des inquiétudes qu’il paraissait avoir. Sur quoi le cardinal lui répondit qu’il allait écrire à Bazin, garçon de chambre, pour faire parvenir sa lettre à la Reine et lui demandergrâce et pardon ; et répète qu’elle, répondante, n’avait pas l’honneur de voir la Reine.

Interrogée si dans le mois de novembre suivant elle n'a pas envoyé au cardinal, qui était à Saverne, une lettre comme étant de la Reine, par laquelle Sa Majesté demandait une autre somme de 100,000 livres,

PIECES JC STI F ICA TI VE S.

A répondu que non, par les mêmes raisons qu’elle vient de nous dire.

A elle représenté qu’elle peut d’nutnnt moins nier ces faits, «pie Villette est convenu avoir écrit les deux lettres en question sous la dictée d’elle répondante, et qu’elle a dû voir, par sa confrontation avec le baron de Planta, qu’il lui a .porté, en deux fois differentes , les 150,000 livres en question,

A répondu qu’elle n’a jamais fait écrire une lettre semblable par le sieur de Villette; que quant à ce qu’a dit le baron de Planta, elle s’en est expliquée vis-à-vis de lui dans sa confrontation pour lui faire voir la manière dont cela lui avait été suggéré.

Interrogée si dans la fin de décembre la négociation du collier n'a pas été entamée entre elle, Achette, Laporte et Bassenge, d’après les annonces qu’elle avait faites de son crédit auprès de la Reine, et si elle n’a pas annoncé à ces particuliers que la Reine achetait le collier,

A répondu qu’elle n’a vu qu’une seule et unique fois le collier dans le courant de janvier, et qu’il lui a été apporté, ainsi qu’elle s’en est déjà expliquée; que du reste elle ne s’est point vantée d’avoir du crédit auprès de la Reine.

Interrogée si vers la fin de janvier elle n’a pas cherché à persuader au cardinal que la Reine désirait le collier, et que c’était un moyen pour lui de rentrer dans ses bonnes grâces,

A répondu que non, et qu’elle s’en est déjà expli-

(|uéc dans ses precedents interrogatoires et confrontations.

Interrogée si le cardinal ne lui a pas apporté le marché du collier signé par les joailliers, et ne le lui a pas remis en lui disant qu’il fallait qu’il fût approuvé et signé par la Reine ,

A répondu qu’elle n’a jamais vu cet écrit que lorsqu’il lui a été représenté lors de son interrogatoire.

Interrogée si elle n’a pas fait mettre par Villette, au bas et en marge du marché , les approuvé et la signature Marie-Antoinette de France,

A répondu que non .

A elle représenté qu’elle ne peut pas nier ces faits-là, parce que d’abord il est prouvé que l’écriture des approuvé et de la signature est celle de Villette, qu’il avoue lui-même l’avoir fait, et que c’est elle, répondante, qui l’y a déterminé en lui disant que cet écrit ne sortirait pas des mains du cardinal, et en lui promettant une forte récompense,

A répondu qu’elle a dit vis-à-vis du sieur de Villette les motifs et les raisons qui l’avaient déterminé à dire que c’était de son écriture; qu’elle ne lui a point tait faire,, et que par conséquent ce n’est point de son écriture ; que quant à la ressemblance de l’écriture , on ne peut en rien conclure, puisqu’on a trouvé dans ses papiers différentes lettres qui paraissent avoir quelques rapports avec l’écriture des approuvé.

Interrogée si le cardinal connaissait Villette et son écriture,

PIECES J CST I F IC ATI V ES.

A répondu qu'il n’a jamais vu le sieur Villette, mais qu’il connaissait son écriture par un mémoire que ledit Villette a fait pour le frère de sa femme de chambre, qui est aveugle.

Interrogée à quelle époque ce mémoire, écrit de la main de Villette, est parvenu au cardinal, si c’est avant ou après le marché du collier,

A répondu que c’est en l'année 1785, à peu près au mois de mai ou de juin.

Interrogée si lorsque le cardinal a reçu ce mémoire écrit de la main de Villette, elle n’a pas craint que le cardinal ne s’aperçût de la ressemblance de l’écriture de ce mémoire avec celle des approuvé et signature étant au bas du marché, et si le cardinal ne lui a pas témoigné aucuue inquiétude à cet égard,

A répondu qu’il est naturel de croire que si elle avait fait faire au sieur Villette les approuvé et signature, elle n'aurait pas présenté de l’écriture du sieur Villette sous les yeux du cardinal ; que cela doit être une preuve qu il n a pu faire cette signature et les approuvé ; ajoute qu’elle l’aurait fait faire par un autre, comme par sa femme de chambre, (pii a une fort jolie écriture.

A elle représenté que lorsqu’elle a présenté au cardinal un marché dont les approuvé et la signature étaient de Villette, quoiqu’on les annonçât comme étant de la Reine, elle a voulu tromper le curdinul et se servir de lui pour s’approprier le collier , ou bien elle ne doutait pas que le cardinal lût participant au projet qu’elle avait de s’approprier le collier,

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A répondu qu’elle n’a point fait faire les signatures et approuvé, que par conséquent elle n’a eu aucun projet.

A elle demandé pourquoi elle a été le matin chez les joailliers les prévenir de prendre leurs sûretés lors de la conclusion du marché avec le cardinal, et à elle représenté que de cette précaution il résulte que dès lors elle ne croyait pas que le marché fût pour la Reine, et qu’il était au contraire pour le cardinal,

A répondu que n’ayant dit à M. le cardinal que par forme de conversation que les joailliers lui avaient apporté le collier, en ajoutant audit cardinal les propos qu’ils lui avaient tenus, quelques jours après le cardinal lui fit envoyer, à sept heures du matin , un billet par lequel il demandait l’adresse des joailliers , et le même jour elle alla sur-le-champ chez eux pour leur dire que le cardinal allait sans doute venir, et que s’il faisait achat du collier, ils aient a prendre leurs précautions; que pour elle, elle n’y était pour rien; ajoute que si elle leur avait dit, ainsi qu’ils le prétendent tous, que M. le cardinal serait chargé de la part de la Heine d’acheter le collier, elle ne leur aurait pas dit de prendre leurs précautions.

A elle représenté qu’il parait au contraire qu’elle est convenue avec le cardinal que le mnrché ne sortirait pas de ses mains, et que de cette précaution il s’ensuit qu’elle avait des craintes que le marché ne fût connu et ne dévoilât l’intrigue,

A répondu que n’ayant pas remis cet écrit entre les

mains de M. le cardinal, elle n'avait par conséquent aucune crainte à avoir d’une intrigue qui n’existait pas par elle, et qui n’a même pas été à su connaissance.

Interrogée si, au contraire, pour faire adopter au cardinal une condition aussi singulière que celle de garder le marché entre ses mains, et par là de priver les joailliers de leur titre , elle ne lui a pas fait écrire par Villette une lettre prétendue de la Reine commençant par ces mots : « Je n’ai pas coutume de traiter ainsi avec mes joailliers » , et finissant par ceux-ci : « Vous garderez le marché » ,

A répondu qu’elle n’a point fait écrire cette lettré par le sieur de Villette , mais que M. le cardinal la lui a montrée quelque temps après l’achat du collier, ainsi qu’elle le lui a soutenu lors de sa confrontation , lettre qu'il lui a dit venir de la Reine, et qu’elle n’a pas par conséquent engagé M. le cardinal à garder ce titre par devers lui, puisqu’il lui était inconnu.

Interrogée quel pouvait être le motif du cardinal de lui montrer cette lettre-là , et s’il lui a témoigné à cette époque quelque inquiétude sur la vérité de ce marché ,

A répondu que cette lettre lui u été montrée par M. le cardinal par suite de la confiance qu'il avait en elle, comme il lui .a montré nombre considérable de lettres qu’il lui disait recevoir de la Reine, et qu’il ne lui a témoigne aucune inquiétude d’un marché qui n’avait pas été d’abord à sa connaissance.

Interrogée si le cardinal ne lui a pas remis le collier

le 1" février et ne le lui a pas porté à Versailles dans la soirée ; à elle demandé ce qu’elle en a fait ,

A répondu que M. le cardinal ne lui a point apporté le collier, que par conséquent elle ne peut pas dire ce qu’il est devenu.

A elle représenté qu’elle ne dit pas la vérité d’après ce qui est établi au procès; que le collier a été dépecé dès les premiers jours de février; que Villette a été chargé par elle de vendre des diamants dès le 1 2 ; qu’il les a proposés à des juifs, et qu’elle-méme en a vendu et échangé, dans le courant de février, à différents marchands,

A répondu qu’il ne peut être établi au procès que des soupçons que ces diamants proviennent du collier, mais que quand ils lui ont été donnés par M. le cardinal tant pour vendre qu’en pur don, il ne lui a pas dit que ces diamants vinssent du collier ; qu’au contraire, il lui a dit que c’étaient d'anciennes parures à lui qu’il ne mettait plus; que d'ailleurs les diamants que M. le cardinal lui a remis entre les mains ne se montant qu’à 377,000 livres, que c’est bien éloigné de faire la totalité du collier; que quant à ceux qu'elle a donnés au sieur de Villette à vendre, et qu’il a proposés au sieur Vidal, juif, n’étaient qu’au nombre de quarante-deux et ont été vendus 15,000 francs à Paris; que ce fait s’est passé le 15, ainsi que cela est prouvé par le rapport de Brugnières.

Interrogée si lorsque les termes des payements convenus étaient près d’expirer elle ne s'est pas concertée

avec le cardinal pour différer le payement, ou si elle ne lui a pas fait écrire à ce sujet des lettres comme venant de la Reine,

A répondu que non , et qu’elle n’a jamais fait écrire aucune lettre de la part de la Reine.

Interrogée si ces différents délais pour le payement n’ont pas donné des inquiétudes au cardinal sur la vérité du marché ; s’ils ne lui ont ]uis fait faire d'observations, et si pour le tranquilliser elle ne lui a pas fait écrire de nouvelles lettres ,

A répondu que M. le cardinal lui faisait part de toutes ses affaires et de tout ce qui regardait l’affaire du collier, comme des époques de payements; qu’il lui a toujours paru rassuré que les payements seraient faits par la Reine ; qu’il lui disait continuer d’avoir l’honneur de la voir, et qu’il savait bien que la répondante ne voyait pas la Reine; qu’elle n’était par conséquent pas son intermédiaire, et qu’elle ne pouvait pas lui faire écrire aucune lettre comme venant de ia Reine.

Interrogée si elle n’a pas su que les signatures étaient fausses, comment elle l’a su et à quelle époque ; si elle a donné des conseils au cardinal , ou si au contraire elle n'a pas employé toutes sortes de moyens pour le perpétua - dans l’erreur où elle l’avait jeté,

A répondu qu’elle a su, le 3 août, que la signature et les approuvé étaient faux par M. le cardinal, qui le lui a dit en lui apportant des lettres, qu’il disait venir de la Reine, qu’ils ont confrontées avec trois morceaux

des débris d’une lettre de la vraie écriture de la Reine, ainsi qu’elle l’a déjà détaillé dans sa confrontation visà-vis de M. le cardinal; ajoute que n’ayant jeté M. le cardinal dans aucune erreur, elle n’a par conséquent employé aucun moyen pour l’y perpétuer.

A elle représenté qu’il parait qu’à la fin de juillet le cardinal lui dit qu’il s’était assuré de la fausseté des écritures et signatures, et qu’elle l’avait trompé; que pour lors elle chercha à le rassurer; qu’elle lui dit que la Reine l’avait chargée de lui remettre 30,000 francs pour tenir heu aux joailliers des intérêts pour le retard du payement,

A répondu qu’elle n’a point remis 30,000 francs à M. le cardinal de la part de lu Reine, puisqu’elle ne la voyait pas.

Interrogée si elle et le cardinal, étant convaincus de la fausseté du marché et craignant que cette affaire n’éclatât, n’ont pas concerté un plan de défense respective en bridant toutes les lettres de leur correspondance et en faisant disparaitre le sieur Villette,

A répondu qu’il ne parait pas prouvé au procès qu’il y ait eu entre elle et M. le cardinal un projet d’intelligence; qu’elle n’a point brûlé aucune des lettres de M. le cardinal, mais qu’elle les lui a remises étant chez lui en chartre privée, et que le sieur Villette, étant poursuivi par sa famille pour le faire enfermer, avait alors le projet de voyager; qu’elle lui a prêté 4,000 francs en l’engageant de ne jamais parler de la scène de la fille d’Oliva, à laquelle il avait été présent.

Interrogée si c’est volontairement qu’elle s’est retirée pendant deux jours chez le cardinal, ou si c’est le cardinal qui l’a forcée d’y venir en chartre privée, et s’il. lui a proposé de passer au delà du Rhin.

A répondu qu’elle a été en chartre privée chez M. le cardinal pour les motifs qu’elle a expliqués dans ses interrogatoires et confrontations , et que pendant qu’elle était chez lui, il lui a proposé, ainsi qu’à son mari, de passer au delà du Rhin.

Du jeudi 1 1 mai 1786.

A elle représenté que jusqu’à présent elle nous a dissimulé la vérité; l’avons sommée de nous dire si elle a fait écrire les approuvé et la signature étant en marge du collier,

A répondu qu'elle n’a aucune part aux approuvé et à la signature.

A elle représenté qu’il est prouvé au procès et que Villette convient les avoir écrits, et qu’il ne peut l’avoir fait que par ses ordres, et qu’elle-même a dit que si Villette était auteur des approuvé et signature, ce ne pouvait être que par ses ordres ,

A répondu qu’on a inspiré au sieur de Villette de dire qu’il était l’auteur de ces approuvé et signature, parce qu’on voulait la faire regarder comme la principale coupable, d’après ce qu’elle avait dit que si Villette les avait écrits, il n’aurait pu le faire que par ses ordres, et qu’elle serait la principale coujîuble, et

PIÈCES JCSTIFICATIVF.S.

qu’elle persiste toujours à dire que ce n’est pas elle qui les a fait faire.

Interrogée si quelque temps avant la scène de la fille d’Oliva le cardinal lui a témoigné qu’il désirait avoir quelque relation avec la Reine et l’a engagée à faire pour ce quelques démarches,

A répondu qu’elle ne peut que répéter ce qu’elle nous a déjà dit, que dès le mois d’avril M. le cardinal lui a fait confidence qu’il avait l’honneur de voir la Reine, et à la fin de juin qu’il avait perdu de nouveau ses bonnes grâces , et que c’est sur cela qu’elle a imaginé la scène d'Oliva à la fin de juillet, ainsi qu'elle l’a déjà déclaré.

Interrogée si c’est avec le cardinal qu’elle est convenue de présenter un mémoire à lu Reine,

A répondu que oui, comme il la conseillait dans toutes ses affaires.

Interrogée si lorsque le cardinal lui a demandé quelle avait été la réussite de sa démarche, elle ne lui u pas dit qu’elle avait vu la Reine, qui avait parlé avantageusement de lui,

A répondu que non.

Interrogée si dans le mois de juin ou juillet 1784 le cardinal ne l’a pas engagée à employer ses bons offices pour lui auprès de la Reine,

A répondu que M. le cardinal n’a pu lui dire cela, puisque lui-mème disait qu’il voyait la Reine, et qu’il savait qu’elle, répondante, ne la voyait pas.

Interrogée s’il n’y a pas eu une correspondance de

MS

lettres entre le cardinal et elle comme étant censée intermédiaire entre la Reine et le cardinal,

A répondu que non, et que M. le cardinal n’aurait pu s’y laisser tromper aussi longtemps qu’il le dit.

A elle représenté que cela est prouvé au procès et que cette correspondance a existé, et sommée de nous déclarer quel en a été l’objet ,

A répondu qu’il y a eu correspondance entre elle et M. le cardinal directement depuis l’année 1782, au mois de mai, mais qu’elle n’a jamais été l’intermédiaire entre la Reine et le cardinal, qui lui a montré, depuis le mois d’avril 1784 jusqu’au mois d’aoùt 1785, des lettres qu’il disait avoir reçues de la Reine, ainsi que d’autres particularités.

Ajoute qu’il n’est point probable de croire que si elle eût reçu des lettres de lu Reine, elle eût eu l’indiscrétion de les montrer aux espèces de gens qui en ont pu déposer.

Titon. Comtesse de Valois de Lamotte.

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