‹ Mariée en blancChapitre 114 sur 142 · G8 MA'.UÉE EN HI-ANG · texte numérisé non relu

G8 MA'.UÉE EN HI-ANG

souleva d'unanimes enthousiasmes avec sa merveilleuse toilette de brocart gris aux larges agrafes de vieil argent.

La duchesse d'Azergues descendit à son tour, et tandis que l'on relevait la traîne majestueuse de sa robe de satin giroflée aux longues franges de jais, Adrien s'approcha d'elle et lui offrit le bras pour la conduire dans le temple.

Enfin Luce parut.

Elle était ravissante dans sa robe de satin blanc, toute drapée par devant et ourlée d'une frange d'oranger.

Un long cordon de fleurs partait de l'épaule droite et glissait jusqu'au bas, passé en sautoir.

Par derrière, un flot de' dentelles en hauts volants de vieux Venise floconnait sur toute la traîne.

Une mantille, qu'attachait sur ses cheveux d'or ondulés une mince couronne d'cranger, affilait ses longues pointes, se mêlant aux dentelles de la jupe et les continuant de façon à former une mignonne tranchée qui partait du chignon pour courir à l'extrémité du costume.

Puis, un voile à la juive, jeté sur toute la toilette comine un flot de brouillard, l'enveloppait et l'idéalisait, noyant dans ses brumes aériennes le profil délicat de la jeune fille dont les yeux noirs, pleins de flamme de joie et d'orgueil, scintillaient pareils à deux étoiles.

Luce prit le bras de son père.

Le cortège se forma, précédé par les deux suisses dont les hallebardes retentirent sur les dalles.

Miette avait vu tout cela.

A l'apparition de Luce, vêtue de blanc comme une vierge, parée de la n(?ur qui symbolise la pureté de l'àme et du corps, un bouillonnement épouvantable se fit dans sou sang dont le flux brijlant inonda tout à coup son cerveau.

Elle eut un éblouissement.

Elle la regarda avec des yeux étranges, subitement allumés par une fureur terrible et par une incoercible indignation.

— En blanc!... Elle se marie en blanc!...

Alors Luce n'avait pas avoué sa faute!...

Elle trompait Adrien comme elle avait trompé tout le monde!...

Elle mentait encore sous son costume virginal!...

Pas une rougeur de honte à son front!...

Miette n'eut jias la force de supporler cela.

Affolée, hors d'elle, elle écarta, de ses bras doués à cet instant d'une force prodigieuse, ceux qui étaient devant elle.

Elle s'élança sur l'indigne fille de Jane et, au moment où elle gravissait au bras de son père le premier degré du péristyle, elle la saisit avec fureur, elle déchira violemment le voile qui la recouvrait, elle arracha les fleurs d'oranger qui paraient son front et, hors d'elle, d'une voix qui n'avait plus rien d'humain, elle s'écria :

— Misérable !... Tu mens à tous ici, impudente!... Tu es indigne de ces fleurs virginales!... Tu trompes un honnête homme!... Moi, je te dénjasque!... Voilà la justice !...

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