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DE DÉCOUVERTE EN DÉCOUVEUTE

Jane n'avait pas perdu connaissance.

La violence de la commotion qu'elle avait reçue opéra elle-même une réaction.

Elle se soutint à la grille et s'appuya sur le bras de M"= Mercier. Elle était pâle comme une morte.

Elle dit presque sans voix ; — Léon!...

Léon des Roselles s'était arrêté, iVappé de stupeur, semblable à un homme subitement aveuglé, au moment où il avait reconnu Jane.

Il la regardait avec surprise et dans ses yeux brillait tout l'amour qu'il n'avait jamais cessé d'avoir pour elle, stimulé tout à coup et exalté par sa présence.

A la séparation injuste dont il souffrait comme elle et dont l'acerbité même avait accru l'intensité de son affection si longtemps contenue, si cruellement torturée et toujours inassouvie, se joignait la compassion sincère et ardente que lui inspirait le supplice enduré par la malheureuse.

Il tendit timidement une main vers elle, ému, aimant, luttant contre lui-même, car il comprenait bien que la manifestation de son amour serait aujourd'hui coupable.

Mais Jane qui s'était ressaisie tout entière, qui, dans un éclair de sa conscience, guidée par le sentiment du devoir et de l'honneur, entrevit l'abîme qui la séparait de Léon, plaça sa main dans la sienne et elle lui dit d'une voix dont elle n'eut pourtant pas la force de chasser l'émotion :

— Je sais tout aujourd'hui, mon ami!... oui, tout!... Je sais que nos filles sont vivantes... Elles sont là!... Je n'ai pu résister au désir de les voir... vous le comprenez, n'est-ce pas?... et je les ai vues!... mes fdles!...

Puis, elle retira sa main que déjà Léon des Roselles pressait tendrement, et faisant un nouvel effort sur elle-même pour contenir sa douleur qui menaçait d'éclater :

— Adieu!... ajouta-t-elle. Dieu aura peut-être pitié de moi un jour en me rappelant à lui !... Adieu!.., Adieu!.,.

Et elle partit.

Elle s'en alla d'un pas aussi rapide que celui d'une course,

Léon n'osa pas la retenir.

Il la regarda s'éloigner et, plus fortement que jamais, plus douloureusement aussi, son cœur se serra en compatissant au sort injuste de cette infortunée qu'il adorait aujourd'hui sans espoir.

M"' Mercier n'avait pas eu la force de faire un gesie, ni la voix pour prononcer une parole.

Son saisissement, en voyant Jane et Léon en présence, avait été tel que la pensée elle-même lui fit défaut.

Elle n'eut que la brusque et cruelle sensation de la souffrance qu'ils devaient éprouver l'un et l'autre.

Mais, Jane ayant disparu, Léon des lloscllcs se retourna vers elle et, lui prenant la main ipi'il serra avec une force convulsivc, il lui dit :

— Que s'esl-il passé?... Qu'a-t-elle dit?,.. Elle a parlé de ses filles I... Que sait-elle donc?...

MARIÉE EN BLANC lo65

L'amie de Jane recouvra ses facultés un moment anéanties par la stupeur.

-~ Mon cher ami, répondit-elle avec un sourire que, malgré sa peine, le bonheur esquissa sur ses lèvres, une nouvelle heureuse vous attend... et cette joie vous est bien due pour compenser tout ce que vous souflrez...

Léon avait compris.

— Ma fille!... s'écria-t-il, Miette!...

— Oui, vous avez deviné... dit M"= Mercier. Votre cœur ne vous trompe pas... Miette est là!...

— Ma fille!...

Léon ne se contenait plus.

11 ouvrit la grille du jardin et il s'élança vers la maison.

— Ma fille! répétait-il encore en proie à une émotion extraordinaire.

— Je l'ai retrouvée !... dit M"« Mercier en le suivant. Je vous l'ai ramenée!...

Mais le père, délirant de bonheur, oubliant tout dans sa joie immense, ne se préoccupait que de revoir cette enfant qu'un espoir secret lui avait toujours promise.

Il ne songeait même pas à questionner pour savoir ce qui était arrivé.

Il n'aspirait qu'à rejoindre sa fille qui était là, chez lui, et faisant irruption dans le salon où, à sa vue, Magali, pleine de joie, s'écria :

— 0 mon père!...

Il s'avança vers Miette et la prenant par les mains, la contemplant un instant dans un ravissement inexpressible, ses lèvres tremblantes répétèrent encore :

— Ma fille chérie!... Mon enfant adorée!... Miette!... Je suis ton père!... Mon amour!... Oh! que tu es belle!...

Il l'attira à lui.

11 la pressa sur son cœur.

Il l'embrassa en des transports délirants et des larmes, de grosses larmes que le bonheur faisait couler se mêlaient à ses baisers.

— Mon père!... mon père!... disait Miette.

Les larmes venaient à tous les yeux, car tous ceux qui étaient témoins de. cette scène, mus par une mutuelle et puissante affection, partageaient cette joie délirante.

Puis, ce furent les explications nécessaires, le récit des événements dramatiques de la journée.

En écoutant, Léon ne pouvait détacher ses regards du visage de sa fille qu'il ne se lassait pas de contempler.

1566 MAHIÊE EN BLANC

Les lacunes qui subsistaient dans le souvenir de Miette furent comblées par le récit des faits que fit le père de Miette et de Magali.

Le nom seul de leur mère ne fut pas prononcé.

Léon, M"= Mercier et Norine, disant tour à tour ce qui s'était passé, apprirent à Miette, — comme sa sœur le savait déjà en ce qui la concernait, — l'intrigue abominable dont elles ava:ient été les instruments inconscienls et les victimes.

On lui révéla toute la partie ignorée de son enfance.

Elle sut que, confiée par son père, ainsi que Magali, à Mourcdti et à Norine, la vigilance de ces amis dévoués avait été trompée par les manœuvres les plus habiles d'un misérable qui poursuivait une vengeance atroce.

Elle apprit comment elles avaient été toutes deux emmenées avec leur nourrice, Magali emportée en Italie où son père et Mouredu l'avaient si longtemps cherchée, et elle livrée à une femme inconnue qui l'avait abandonnée aux mains des époux Loiseau, les gardes du château de .Monllhéry. Léon raconta toutes les découvertes qu'il avait fiiites en Espagne et dans les Pyrénées pour arriver à démasquer l'infâme qui l'avait privé de ses enfants.

Il s'était rendu au Vernet, cette petite localité que le véritable Georges de Lizieux avait habitée jusqu'au jour où il avait trouvé une mort horrible dans la catastrophe de Cerbère.

L'agent Loubet, cet ancien collègue de Bertin à la Sûreté générale, l'avait accompagné dans les Pyrénées et était revenu ensuite avec lui à Paris.

Ils avaient rapporté la photographie de la têlc de M. de Lizieux que reconnurent, sans hésitation, les personnes qui avaient connu, au Verncl, celui que tout le monde appelait le Sauvage.

Ce portrait allait encore être monlré à M. Grandciianip, qui avait été l'avocat (hi mari de Carmen l'abla. 11 le reconnaîtrait à son tour, sans aucun doute.

Désormais, la preuve du décès de M. de Lizieux était irréfutablement établie et ainsi la criminelle usurpation de Berlin était déiiionlréc.

Léon avait pleinement réussi dans ses recherches, grâce au concours dévoué de l'agent Loubet.

Tout ce que Berlin avait fait était découvert.

Loubet se chargeait de prouver que c'était bien lui qui avait pris une première fois le nom de Ilaoïil de Cliabertin et qui s'était installé ainsi au boulevard .Maleslierbes pour exploiter la haine que M""^ de La Possonnière nourrissait à l'égard de Léon des Rosollcs.

MAUIÉE EN BLANC 1567

En Espagne, rien de ce qu'il avait fait n'était inconnu.

L'assassinat de la mère de José avait donné lieu à une enquête qui avait été abandonnée un moment, lorsque l'on crut que l'assassin de Carmen Pabla s'était réfugié en Algérie et avait trouvé la mort à Mostaganem ; mais cette nouvelle avait été controuvée et il était établi, par les recherches nouvelles qui venaient d'être entreprises lorsque Léon des Roselles réveilla ces souvenirs, que le coupable, au lieu de franchir la Méditerranée, avait passé les Pyrénées et se cachait en France.

Cet homme était inconnu, mais il résultait des renseignements que l'on venait d'obtenir récemment, qu'il avait été l'amant de M"' de Lizieux et l'on savait aussi que c'était un Français qui était arrivé à Barcelone peu de temps avant le crime.

La police espagnole avait repris ses investigations.

Elle aussi établirait de son côlé, aidée par les renseignements que Léon des Roselles et l'agent Loubet lui avaient communiqués, que c'était bien le véritable Georges de Lizieux qui avait péri dans la catastrophe de Cerbère.

Ainsi, Bertin serait démasqué de la manière la plus irréfutable.

Il venait s'élever contre lui les preuves les plus formelles.

Toute dénégation serait impossible.

Léon expliqua tout cela et il parla encore d'une personne dont le témoignage serait accablant pour le misérable, de Palmyre Putot, qui avait été sa maîtresse et sa complice dans le procès infâme qui avait été intenté à M. de Lizieux.

L'agent Loubet la connaissait et il était siir qu'elle reconnaîtrait son ancien amant malgré la transformation qu'il avait accomplie.

Alors, en entendant ce nom de Putot qu'elle connaissait si bien, Miette eut sur le visage une subite expression d'étonnemenl et elle le répéta.

— M"= Putot!...

Son père l'interrogea.

La sœur de Magali raconta à son tour ce qu'elle savait et la nouvelle intrigue ourdie par Bertin fut bientôt démasquée.

Il devint certain, après les explications que Miette donna, que cette dame Putot était bien Palmyre, et que le prétendu inspecteur d'assurances qui était venu si à point habiter l'avenue de Clichy n'était autre que Bertin qui avait voulu empêcher le mariage de Luce d'Azergues, pour que José puisse l'épouser.

Le signalement que Miette en donna coïncida de point en point avec celui que Mouredu avait obtenu du rédacteur du Scandale du Jourel qu'il avait répété à M"" Mercier.

L'heure avançait et l'émotion était si grande parmi toutes les personnes qui étaient réunies dans la villa de Cormeilles, l'intérêt était si puissant, que l'on n'éprouvait aucune fatigue.

Il fallut bien cependant songer à prendre un repos nécessaire, car le lendemain Léon de Roselles devait être de très bonne heure à Paris où il avait rendez-vous avec l'agent Loubet.

La journée promettait d'être décisive.

Norine, aidée par Mariic, avait préparé, pour Miette, une coquette chambrelte, voisine de celle de Magali.

Les deux sœurs, qui s'aimaient déjà comme si elles n'avaient jamais été séparées, embrassèrent leur père et M"= Mercier.

Paul des Roselles mit un baiser au front de sa fiancée et serra tendrement la main de Miette.

Puis les deux filles de Léon se retirèrent.

L'officier de marine retint encore un instant son neveu qui se disposait à partir.

11 avait à lui parler en particulier au sujet d'Adrien de Salverne et des événements qui venaient de s'accomplir.

Il avait des recommandations importantes à lui faire.

Leur entrelien, auquel M"' Mercier assista, se prolongea encore pendant près d'une heure.

Puis le fiancé de Magali partit.

Léon des Roselles ne put goùler le repos dont il avait besoin, tant son esprit élait à la fois délicieusement et atrocement agité par tout ce qui venait de se passer.

11 ne cessa de penser à Miette si providentiellement retiouvée et à la malheureuse ïane qu'il avait revue après une aussi longue séparalion.

11 songeait, lui qui connaissait le crime épouvantable commis par Berlin dans la nuit qui précéda le mariage de l'infortunée, lui qui savait que Luce était du sang de ce misérable, à celte mystérieuse destinée qui avait conduit Miette d'Adrien de Salverne à sa mère qu'elle ne devait pas connailrc.

Toute la nuil, il njiassa dans son esprit tous ces événements qui semblaient avoir été conduits par la fatalité la plus aveugle.

Le jour le sur|)rit étendu sur son lit où il n'avait pu goûter un instant de somnieil et ce ne liil qu'alors que, harassé, il parvint à s'endormir louidemcnl en songeant encore à Jane et à Mietle.

Tout à coup l'amant de Lucc tressaillit. (P. 1576.)

Quand il s'éveilla, le soleil projetait ses rayons lumineux à travers les rideaux de sa chambre.

(1 s'habilla à la hàle et plongea son visage dans l'eau fraîche pour dissiper la torpeur qui le tenait.

Il entendait ses lilles qui, déjà levées depuis longtemps, étaient dans le jardin, avec M"' Mercier.

Il s'approcha et, à travers les stores, il les vit.

1570 MARlÉb: EN BLANC

Puis, lorsqu'il fui prêt, il les rejoignit et il les embrassa toutes deux avec amour.

Le facteur venait de passer un instant auparavant pour faire sa première distribution.

Parmi les lettres, il y en avait une, sur laquelle iM"° Mercier et Norine avaient reconnu l'écriture de Mouredu.

On la remit au père de Miette et de Magali.

Celait la lettre écrite la veille au soir par Tistin, chez Pélago, avant de partir pour Versailles.

Dès que Léon en eut pris connaissance, il eut l'explication la plus complèle de tout ce qui s'était passé, car l'ancien quartier-maître faisait un récit longuement circonstancié de tout ce qu'il avait appris.

Mouredu annonçait qu'il était sur la piste de Berlin. ■ 11 racontait tout ce qu'il avait fait pour le découvrir et les dispositions qu'il venait de prendre d'accord avec Pélago dont il explicpiait le rôle et dont il annonçait le télégramme qu'elle enverrait de Bougival, si Berlin y paraissait.

Léon sentait le but approcher.

Le misérable qui s'était fait le complice de M"'= de La Possonnière et l'artisan de tous les malheurs qui avaient fondu sur Jane et sur lui, allait enfin avoir à rendre ses comptes à la Justice.

Grâce à Mouredu, Berlin ne larderait pas à être arrêté.

La Justice allait cire immédiatement mise en action, car il avait été convenu entre Léon des Roselles et l'agent Loubet qu'une plainte en escroquerie et en faux serait portée contre lui soit par le notaire qui avait fait la vente de la maison du Vernel, soit par les banquiers déposilaires de la fortune de .M. de Lizieux que Berlin avait accaparée à l'aide des pièces faussement établies et des tilres volés.

Léon annonçait M"'' Mercier ce ipi'il allai! faire et il lui donna ses instructions.

Puis, il embrassa ses filles et il parlil.

L'agent Loubel raltindiil à FarriviM; du liaiii.

Ils se rendircnl tous les deux dans un des calt'ï v(ii>in> de la gare afin de pouvoir s'enirelenir.

Lorsque Léon des Uoselles cul ,i|iiiris à l'agciil du KinMiial de Barcelone ce qu'il savait depuis la veille, l>ouhcl vil lout de >uile le parti qu'il y avait à tirer des rirconslances.

Il dit :

MARIÉK EN BLANC 1571

— Du côté de Versailles, nous n'avons qu'à laisser ayir volro ancien matelot; c'est un homme énergique et qui connaît très bien notre Berlin.

— Oh! je réponds de Mouredn, dit l'ancien olficier de marine. Je vous ai déjà parlé de son dévouement et de son affection.

— Oui, fil Loubet, si Berlin lui tombe sous la main, il ne le laissera pas échapper. Seulement, il faudrait pouvoir lui donner des instructions afin qu'il n'hésite pas à s'emparer de lui ou à le faire arrêter.

— Je vais aller le rejoindre à Versailles, dit Léon des Roselles.

— Ce sérail préférable, approuva le policier.

Quant à moi, ajoula-t-il, mon plan est tout tracé ; je ne vais pas attendre la lettre de celle dame Pélago, car Berlin pourrait disparaître de nouveau avant que nous soyons arrivés. Je préfère être là. Elle ne me connaît pas et je pourrai l'assister sans qu'elle s'en doute et au bon moment j'interviendrai.

— Vous savez, dit Léon, que le forban est capable de tout pour tenter son salut!

— Soyez sans crainte, répondit Loubet en lapant sur la poche de sca panlalon où l'étoffe dessina la forme d'un revolver, j'ai là ce qu'il me faut pour le tenir en rcspod.

— C'est une e.\cellente précaution avec lui.

— Avant d'aller à Bougival, reprit l'agent, je vais passer chez un de mes amis... un nommé Calixte, qui demeure rue de l' Ancienne-Comédie et qui connaît bien Berlin. Ce sera un témoin de plus pour le reconnaître s'il tentait de nier.

Léon et Loubet se séparèrent alors.

Tandis que le père de Miellé et de Magali retournait à la gare pour prendre le premier train à destination de Versailles, le policier monta dans un fiacre qui le conduisit au domicile du placeur du grand monde.

Il ne se doutait pas de l'utilité de la démarche qu'il faisait ainsi.

Aussi, dès qu'il eut dit à .M. Calixte :

— Dis donc, tu le rappelles bien Berlin, l'ancien maître de timonerie qui a été dans l'administration?

Calixte s'écria :

— Berlin?,., parbleu!... Je l'ai encore vu il y a quelques mois à peine...

— Lui!...

— Oui... Beilin!...

— Sapristi!

— Attends, fit le placeur en réllécliissanl, tiens, c'élail au mois de novembre dernier.

— Tu en es sûr?

— Il est venu ici... J'en suis donc aussi sûr que de te voir là en ce ■ moment.

La déclaration de Calixte dépassait les espérances que Loubel avait conçues.

Non seulement il avait en lui un témoin qui connaissait à merveille l'ancien agent de la Sûreté générale, qui se chargerait de le reconnaître lorsqu'il le verrait; mais le placeur de la rue de l'Ancienne-Comédie fournirait la démonstration la plus éclatante à opposer à Berlin.

il l'avait vu tout récemment; il pourrait donc prouver que Berlin n'était pas mort, comme cela avait été déclaré plusieurs années auparavant au moment de la catastrophe de Cerbère.

Aussi, enthousiasmé de ce résultat, Loubet voulut avoir de plus amples renseignements.

Il demanda aussitôt :

— Que venait-il donc faire?

— Il venait pour une affaire de service de ma partie, répondit le placeur qui à l'occasion était, comme nous le savons, l'auxiliaire de la police.

— Une affaire de service !... s'écria Loubet stupéfait.

— Oui; il paraît que l'aduiiuislration avait à faire exercer une surveillance chez le duc d'Azergues...

— Le duc d'Azergues!...

— Tu le connais'

— Oui... Va toujours... Je l'expliquerai cela tout à l'heure!...

— lîerliii voulait faire entrer eh z lui, comme femme de chambre, une femme qui le renseignerail, une nommée Zoé.

— Et tu as l'ait ce qu'il te disait?

— iNaturellement.

— Eh bien! mon vieux, lu as élé roulé.

— Boulé:

— Berlin ne fait plus parlie de l'adHiinisIration depuis bien longlemps.

— Que me dis-lu là?

— La vérité!

Alors Loubel raconta à son ami l'ody-ssée do l'ancien maître de timonerie el lui révéla loul ce qui le concernait.

11 avait compris lui-même le but que Berlin avait poursuivi en agissant ainsi.

Cette fille qu'il avait fait adiiiellre au service de Luce d'Azergues avait été la complice de José de Lizieux.

Tout s'expliquait.

L'agent Loubet était enchanté de sa découverte.

M. Calixle enrageait d'avoir été joué par Bertin, et il déclara qu'il était prêt à dire ce qu'il savait le jour où cela serait nécessaire.

Puis Loubet partit.

11 se rendit à Bougival et il n'eut pas de peine à trouver la propriété de Palmyre.

11 surveilla les environs.

11 prit habilement quelques renseignements et il sut que Péiago était auprès de la maîtresse de Bertin.

11 se posta lui-même à la gare de la ligne qui aboutit à la gare Montparnasse, afin de reconnaître Bertin, malgré la métamorphose accomplie, au moment où il arriverait.

Loubet passa presque toute la journée ainsi.

Le soir, le prétendu Georges de Lizieux n'était pas revenu.

Mais le policier était sûr que Bertin, qui se sentirait sûrement traqué, ne pouvait laire autrement que de revenir à Bougival où il croyait sa retraite inconnue.

11 résolut d'attendre encore, dut-il passer la luiil et la journée du lendemain.

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