‹ Mariée en blancChapitre 18 sur 142 · LA CONFESSION NÉCESSAIRE · texte numérisé non relu

LA CONFESSION NÉCESSAIRE

Tout ce que le malheureux père avait souffert se réveillait en ce moment en lui et de quelque force d'âme qu'il fût doué, il se sentait, à ces impitoyables souvenirs, brisé, anéanti par la douleur.

— Vous!.., répéta Paul avec l'accent de la plus sincère compassion. Quel malheur a donc brisé votre vie ?

— Ah ! tu l'as dit, mon cher enfant, répondit l'amant de Jane. Oui, ma vie a été brisée... oui, j'ai souffert...

Il avait les yeux pleins de larmes qu'il cherchait à refouler au fond de lui-même.

— Ne m'interroge pas, dit-il, car je ne pourrai rien te dire... Cet aveu, je te le devais. Tu comprends maintenant quelle affection j'ai pour cette enfant, pour ma fille... Mais je ne pourrai pas l'en dire davantage, car tu dois ignorer toujours le nom de sa mère et je veux que tu me jures que tu ne feras rien pour le découvrir.

— Oui, mon oncle, je vous le jure.

— Écoute, reprit Léon des Roselles en surmontant son émotion et sa douleur. La mère de Magali est mariée...

— Mariée ! . . .

— Oui... Oh! ne la blâme pas, s'empressa d'ajouter l'infortuné, car elle n'est pas coupable envers moi, ni envers notre enfant... Elle a été victime d'une machination épouvantable...

Affolés l'un et l'autre par l'amour qui nous animait et contre lequel une femme maudite, un démon élevait tous les obstacles, nous nous sommes donnés l'un à l'autre... et deux enfants... deux filles sont nées.

C'est ma confession que je te fais, et j'avais besoin de te dire ces choses... mais avant d'aller plus loin, viens... c'est devant elle, devant ma fille que je dois te dire le reste, car elle aussi a besoin de savoir... Viens, allons la trouver. M"" Mercier est auprès d'elle, car ce soir, ainsi que c'était convenu avec nous, elle devait de son côté lui dire ces mêmes choses.

Ils se levèrent.

Mais au moment où ils allaient ouvrir la porte, Magali parut.

M"' Mercier était avec elle. »

L'adorable visage de la jeune fille était transfiguré et dans ses yeux splendides brillaient des larmes de joie.

— Mon père !... s'écria-t-elle en se jetant au covi de Léon. — Ah ! je sentais bien que vous aviez en moi une autre tendresse que celle que vous m'inspiriez... C'était le cœur d'une fille qui battait... mon père... mon père !...

— Oui, ma fille... ma bien-aimée... Je suis ton père, c'est vrai, dit Léon des Roselles en embrassant son enfant.

— Mon père!... répétait Magali, que je vous aime maintenant que je sais loiit ce que vous avez souffert 1... mon père !... mon père chéri !...

— Ma chère enfant !...

Paul était considérablement ému.

Ses regards ne se détachaient pas un seul instant de son oncle et de Magali.

— Mes chers enfants ! reprit Léon des Roselles en lui tendant la main qu'il prit avec effusion et en l'attirant vers lui.

Et les tenant tous les deux embrassés, unis, il répéta encore avec une sublime expression de bonheur et de tendresse : ■ — Mes chers enfants 1

— A la bonne heure !... Bravo, mon commandant, bravo, bravissimo ! s'écria Mouredu qui survint à cet instant avec Norine.

Le bonheur n'aurait pas été complet si le brave quartier-maître n'avait pas été admis à le partager.

Tistin savait ce qui se préparait.

Léon des Roselles voulait rendre hommage à son dévouement et à son amitié, comme au dévouement et à l'amitié de Norine et de M"' Mercier.

Il voulait qu'ils soient là tous les trois pour les importantes révélations (ju'il avait encore à faire à ceux qu'il appelait si chèrement « ses enfants ».

II les réunit tous autour de lui.

Alors, s'asseyant sur un canapé, ayant à ses côtés Magali dont il tenait toujours la main entre les siennes, il dit :

— Vous devez tout savoir aujourd'hui, mes chers enfants,... tout... et cependant il est un nom que je ne peux vous révéler...

— Ma mère ! dit Magali.

— Oui, celui de la mère... Ah! que ton esprit ne l'accuse jamais et que Ion cœur la plaigne sincèrement, ma fille bion-aiméc, car elle aussi a été bien niallieurcuse...

— Elle est morte, n'esl-cc pas? demanda la jeune fille.

• Alors, ma mère vit toujours? demanda la jeune flUe en proie à une vive émotion. (P. 924.)

LIV. 116. — HECTOR DE MO.NTPERREUS. — IIARIÉE EN BLANC. — i, ROOFF ET c'', ÉD. UV. 116.

— Non... elle vit!.,, répondit Léon des Roselles. — Elle vit et pour toi, ma pauvre enfant, c'est comme si elle n'existait pas, car le malheur qui nous a frappés tous les deux ne te permettra pas de la connaître.

Ecoutez ce que je veux vous dire à tous deux maintenant que vous vous aimez, maintenant que vous devez être tout l'un pour l'autre... Devant ces amis dévoués qui ont été les témoins de toutes mes souffrances, je veux tout vous apprendre.

Le malheureux souffrait horriblement au torturant souvenir de ce qu'il avait enduré, et pour cette confession nécessaire il puisait des forces dans l'amour immense qu'il avait pour sa fille.

— Je n'avais pas qu'une fille, reprit-il avec l'accent de la plus affreuse tristesse, j'en avais deux, toi, ma bien-aimée, dont le nom est Marguerite, le nom de ma mère...

— Voui, dit Mouredu, c'est vrai. Magali, c'est le nom que je t'avais donné moi-même.

— Et que nous t'avons conservé, ajouta le malheureux père. — Ta sœur, belle comme toi, s'appelait Marie, comme la mère de celle qui vous a donné le jour...

— Ma sœur!

— Ta pauvre sœur a été ravie à ma tendresse. Elle a été égorgée pendant la guerre de 1870 par ces bandits qui ont envahi notre pays... Mais attends... attends, il faut que tu saches comment tout cela s'est passé, pour que tu comprennes le mystère qui a entouré jusqu'ici ta naissance et que tu saches tout ce que tes malheureux parents ont souffert.

Je vous avais donné mon nom à toutes les deux, car j'ai fait moimême la déclaration de votre naissance et vous portez le nom que je devais consacrer le jour où j'aurais pu le donner aussi à votre mère.

Par malheur, ce mariage avait déchaîné contre nous la haine d'une femme qui avait juré de l'empêcher par tous les moyens imaginables, à n'importe quel prix, et qui a trouvé un misérable pour servir ses abominables desseins.

Pendant que j'étais au loin, tenu par mon service, les lâches ont pu mettre à exécution la machination infernale qu'ils avaient ourdie contre moi. Au moyen de faux qu'ils n'ont pas hésité à commettre, ils ont fait croire à celle que j'aimais que je l'avais abandonnée et que je m'étais marié à l'étranger.

Ils l'ont trompée et ils l'ont éloignée de moi, et comme cela ne suffisait pas, pour la détacher complètement, pour qu'elle n'eut plus le lien que nos enfants créaient entre nous, ils lui ont dit que nos deux filles étaient mortes, et ils lui en ont même fourni une preuve mensongère.

924 MARIEE EN RLANC

— Les misérables! s'écria Paul.

■ — Pauvre père ! dit Mogali en l'embrassant. Léon n'avait plus la force d'achever.

Ce fut M"= Mercier qui poursuivit à sa place les douloureuses révélations.

— Ce n'est pas tout, dit-elle en s'adressant particulièrement à Magali, la sœur et toi, vous aviez été enlevées des mains de notre ami Mouredu f|ui vous élevait, qui veillait sur vous... et lorsque ton pauvre père revint en France où il comptait retrouver les trois êtres qu'il aimait, il apprit que ses enfants avaient disparu et que celle qu'il considérait comme son épouse devant Dieu, celle à qui il venait, libre alors, donner son nom, appartenait à un autre. — Indignement trompée, elle avait été contrainte à se marier... J'y étais, moi, ma chérie, et je sais tout ce que ta pauvre mère a souffert.

— Alors, ma mère vil toujours? demanda la jeune fille en proie à une vive émotion.

— Oui, répondit l'institutrice, mais tu vois bien qu'ainsi que ton père te l'a dit, elle n'existe plus pour toi... Tu ne devras jamais la connaître... elle croit que ses enfants sont mortes!

— . Et Dieu a permis ces choses-là!... Ma pauvre mère!... mon bon père!... s'écria Magali dans un transport d'ardente afl'eclion. Mais il m'a laissée auprès de vous pour que je puisse vous aimer et vous consoler...

Et maintenant que je sais tout, je vous aime plus encore !...

Léon <les Roselles acheva ses douloureuses révélations, aidé par M"' Mercier, par Mouredu et par Norinc qui, tour à tour, dirent les tristes épisodes de cet affreux calvaire.

Puis, lorsque ce pénible récit fut achevé, ( haïuu s'ell'orça d'en dissiper les traces.

11 ne fallail pas que des douleurs vinssent assonduir le bonheur dont tous nos amis avaient un aussi grand besoin.

Léon lui-même ne demandait aujourd'hui qu'à oublier tout à fait cet épouvanlalile |)assé et à partager la joie de sa lille, de celle de ses doux enfants qu'il possédait.

Son cœur dr yriv, (jui avait tant soiilTcrI, liouvait alors de célestes compensations.

Il lui semblait qu'il pouvait être encore heureux et il l'élail en vérité.

Le bonheur de .Magali le transfigurait.

N'avail-il pas trouvé pour clic, en se laissant guider par l'invisible main de la Providence, le seul époux qu'il eût pu désirer?

Par quel autre que par Paul, qu'il aiuiail comme son fils, sa chère enfant eût pu être mieux aimée?

A qui, mieux qu'à lui, eijt-il pu faire connaître les douleurs dont il avait été si injustement abreuvé?

Maintenant il y avait des formalités à remplir.

D'une part, Magali ne pouvait se marier sans produire son acte de naissance.

Or, à la mairie de Marseille, son décès avait été déclaré, ainsi que nous le savons.

Il fallait la remettre en possession de l'état-civil qui lui appartenait.

Pour cela, un jugement était nécessaire.

La procédure éloignerait inévitablement le jour de la célébration du mariage, mais il fallait se soumettre à cette nécessité.

Ce ne fut que le lendemain que Léon des Roselies s'entretint de cette conjoncture avec son neveu.

Il allait immédiatement faire les démarches nécessaires.

L'action à intenter ne causerait aucun bruit, car elle devrait être portée devant le tribunal de Marseille.

En outre, elle serait conduite discrètement.

On ferait agir toutes les influences dont on disposait pour que rien ne s'ébruitât.

— C'est à cause de cette malheureuse que j'ai tant aimé, expliqua Léon des Roselies, que je veux agir ainsi. En croyant ses entants mortes, elle a retrouvé la paix, elle est heureuse aujourd'hui et je ne veux pas lui infliger des remords épouvantables et de nouvelles douleurs.

Paul l'approuva complètement.

Il aimait Magali et il savait qu'elle serait à lui.

Son cœur avait assez de ce bonheur.

Mais il y avait une autre raison qui dictait la conduite du malheureux père.

Paul avait pour tuteur Claudius d'.\zergues, le mari de Jane.

Ce mariage ne pouvait être célébré sans qu'il en fût informé, puisque son consentement était nécessaire.

Or, c'est cette perspective qui épouvantait Léon des Roselies.

Par Claudius, Jane saurait inévitablement que celle que Paul allait épouser était sa fille.

Elle comprendrait tout alors.

A tout prix Léon voulait lui épargner cette immense douleur, pour cela?Que ferait-il.

926 MARIÉE EN RLANC

Son esprit était incapable d'y songer en ce moment et il n'osait pas affronter ce redoutable problème.

Mais il avait confiance.

— Dieu qui a permis que je retrouve ma fille, se disait-il, Dieu, qui a conduit vers elle celui qu'elle devait aimer, ne voudra pas nous infliger ce nouveau martyre!... Notre faute a été assez cruellement expiée... Il faudra bien que Jane ignore toujours la vérité puisque, pour elle, ses filles sont mortes.

Et il attendait tout de la Providence.

Il pensait qu'au cours de cette procédure nécessaire qu'il allait entamer et dont la durée serait sans doute de quelque importance, il trouverait le moyen de réussir comme il le désirait.

En attendant, rien de ce qui avait été dit ne sortirait de celte maison.

Les cboses resteraient avec les apparences qu'on leur avait données et que le temps avait consacrées.

Pour tous, Magali demeurerait l'orpheline que Léon des Roselles avait adoptée.

Elle ne conserverait que ce nom.

C'est de cette orpheline seule que Paul des Roselles avait fait sa fiancée.

CIL\P1TRE ex

L AMI D ADIUEN

Pendant toute la journée qu'Adrien de Salverne avait passée chez ses parents, Raymond de Coursades n'avait cessé de l'observer attentivement, et il avait fort bien compris que son ami était agité par de graves préoccupations.

Ces préoccupations ne pouvaient èlrc que ce que Paul dos Roselles lui avait dit.

Raymond avait instruit confidentiellement son père du projet de son ami, et il lui avait demandé de se joindre à lui pour tenter de le distraire de cette affection à laquelle il était prêt à sacrifier son avenir.

Le baron de Coursades, comme tous ceux qui le connaissaient, avait en très grande estime le jeune officier d'état-major, et il avait été péniblement affecté en ap|)renaiit la funeste résolution qu'il avait prise.

Il avait dit à son fils.

MAHIÉE EN BLANC 927

— C'est inadmissible !... M. de Salverne ne donnera pas sa démission pour épouser une jeune fille qui n'esl pas de son monde et qui n'a aucune fortune. S'il en est venu là, c'est le manque de relations qui en est cause, et je comprends bien ce qui se passe.

Ton ami n'a malheureusement pas de fortune personnelle, puisque son grand-père, le général de Salverne, a été spolié par la Révolution qui lui a fait perdre tous ses biens ; ce manque de fortune lui fait fuir la société à laquelle il appartient autant par sa position que par sa naissance. Il n'a pas de relations, il vit isolé, et dans cet état il devait se laisser prendre aux premiers beaux yeux qu'il découvrirait sur son chemin : c'est ce qui est arrivé.

Aujourd'hui, le mal est fait et il ne faut pas lutter contre des sentiments dont on accroîtrait sûrement l'intensité en les exaspérant. — 11 faut procéder par diversion, comme je crois que tu l'as bien compris. Il faut détourner M. de Salverne de celle qu'il aime pour ainsi dire sans qu'il s'en doute, et le placer dans les milieux où il trouvera sûrement un jour une jeune tille digne de faire battre son cœur.

Le baron de Coursades avait été heureux que Raymond eut pensé à lui amener son ami.

II se promettait d'agir habilement et amicalement sur lui pour le détourner de cette affection qui menaçait d'être si préjudiciable à son avenir.

Il l'entretint pendant tout le déjeuner et ensuite pendant une partie de l'après-midi, lui parlant de sa famille et de son avenir.

Mais Raymond, en observant Adrien, comprenait bien quelle était la nature de ses préoccupations.

Il se demandait ce qu'il avait fait de sa matinée puisqu'il savait par Jean Renaud, son ordonnance, qu'il était sorti de bonne heure, et en y réfléchissant, il était persuadé qu'Adrien était allé voir cette jeune fille dont il avait été séparé pendant quelque temps.

Cela ne faisait maintenant aucun doute pour lui.

Où serait-il allé, en effet, alors qu'à peine rétabli Adrien lui avait promis de l'attendre ?

Il était donc urgent d'agir énergiquement pour le détourner au plus tôt de cette affection malencontreuse.

Il fallait opérer habilement, comme l'avait recommandé avec raison le baron de Coursades, afin de ne pas engager une lutte apparente contre le cœur d'Adrien.

Mais avant tout il était indispensable de connaître celte jeune fille à

laquelle il avait donné son cœur et c'est à cela que le capitaine de Coursades résolut tout d'abord de s'appliquer.

Adrien de Salverne passa toute la journée à l'hôtel du baron de Coursades qui le retint encore le soir à dîner, sous le prétexte de le présenter à des anciens amis de sa famille, M. et M™= de La Faloise qu'il n'avait pas vus depuis plusieurs années.

Nous savons, en effet, que M. de La Faloise, pourvu d'un poste diplomatique, avait passé quelques années en Orient, et Adrien était bien jeune lorsqu'il partit.

II le connaissait à peine, ne l'ayant vu que tout enfant, et il l'avait perdu complètement de vue.

Dans la soirée, lorsque M. et M"'^ de La Faloise se letirèrent, Raymond de Coursades accompagna son ami, afin de passer encore quelques instants avec lui.

Il le conduisit au Cercle des officiers et ne le laissa qu'après minuit, lorsqu'ils se séparèrent pour rentrer chacun chez soi.

Les deux amis demeurèrent ensuite trois' jours sans se voir, leur service les ayant empêchés de se rencontrer.

Alors, lorsque Raymond revint chez Adrien, et qu'il ne le trouva pas, il questionna Jean Renaud.

— Savez-vous où je puis trouver votre capitaine? demanda-t-il.

— .Non, mon capitaine, répondit le hussard. M. de Salverne n'est pas allé à son bureau ce matin, car il avait affaire au Ministère de la guerre.

— Au Ministère !... II y est allé et il n'est pas venu me serrer la main.

— Je crois qu'il y est allé, d'après ce ([u'il m'a dit, mais je n'en suis pas certain.

— Il ne doit pas être venu, sans cela je l'aurais vu, dit Raymond de Coursades.

— C'est probable.

— il n'a pas dit à quelle licure il rentrerait ?

— .Non, mon capitaine, répondit Jean Renaud.

— Savez-vous s'il dinrra au im^s'.'

— C'est probable.

Kn somme, aucun icnsi'ignrnieril.

Raymond se demandait (pii'l l'Iiiil Ir muliile de celle visite (juc son ami devait faire au Ministère.

— Une question de service, peusa-t-il ; quelque renseignement à se se procurer pour le chef d'/'lai-majur ou pour le Gouvei mur.

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Do Salvei-nc, reprit Kaymoml, est en train de fane une irréparable bêtise!... ^P. 934.j

Mais cette explication ne le satisfaisait pas.

Tout à coup :

— Si c'était une démarche qu'il aurait faite en vue de sa démission ! se dit le capitaine de Coursades. — Alors, c'est pour cela qu'il ne serait pas venu me serrer la main !... Oh ! il faut que je le sache.

Et aussitôt, il se rendit à la rue Sainl-Dominique.

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