‹ Mariée en blancChapitre 20 sur 142 · CHAPITRE CXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXI

UN STRATAGEME

Ses occupations n'avaient pas permis à Adrien de Salverne de retourner au Ministère.

Raymond ne s'était pas trompé.

C'était bien dans l'intention de donner sa démission qu'il s'était rendu auprès du chef de Cabinet du Ministre.

Le jeune capitaine d'état-major avait revu Miette, l'ayant attendue un soir, après son dîner, à l'heure où il savait qu'elle quittait son atelier avec la fille de M""= Davoul.

Il avait accompagné les deux amies à l'avenue de Glichy et il y avait passé la soirée.

Adrien était plus sombre, plus mélancolique que jamais.

Il était évident qu'une grave préoccupation l'absorbait et Miette s'en élait aperçue.

Elle ne pouvait pas en comprendre la cause et elle ignorait les luttes douloureuses qui se livraient dans l'esprit de celui qu'elle aimait.

Elle osait à peine l'interroger.

C'est le lendemain de cette entrevue, après de longues réllexions, qu'Adrien de Salverne avait résolu de démissionner sur-le-cliamp, sans hésitation nouvelle, afin de s'épargner les amertumes de l'indécision.

Il s'était rendu au Ministère, dans le but d'exposer lui-même au colonel chef du cabinet du ministre les motifs qui le faisaient agir, afin de s'épargner les insistances qu'on lui aurait opposées.

Par bonheur, il n'avait pu le voir.

Le lendemain matin, il fut vivement surpris quand le chef d'étatmajor l'ayant fait appeler, lui dit :

— Capitaine de Salverne, vous allez vous rendre au Ministère auprès du généra! d'Yrvoix qui vous a fait demander. Il a besoin, pour les travaux de mobilisation, d'un collaborateur tel que vous. Je lui ai promis votre concours.

— Mon général... essaya le jeune officier.

Mais le chef d'étal-major n'eut pas l'air de l'entendre.

— .-Vllons, lui dit-il, c'est votre quatrième galon que vous allez gagner là.

Et Adrien se retira, car à ce moment le gouverneur entra dans le cabinet du gi'néral.

liayniond lri(>ni|iliail .

11 savait ([u'Aiirien de Salverne serait obligé d'ajourner son projet de démission, car il aurait à cœur de ne pas se retirer au cours des importants travaux qui lui étaient confiés.

Ces travaux dureraient plus de trois mois assurénienl. C'était un long ri'jiit de gagni'.

— Pendant ce temps, se disait le fils du baron de Coursades, il faudrait que je sois bien malheiu'eux pour ne pas parvenir à le guérir de sa folie.

Et il entreprit aussitôt re qu'il a|ipelait une « guérison. »

.\vanl tout, jiensait l'ami d'Adiien, il était indispensable de oonnaitre celle jeune fille qui lui avait ins|tiré un lel amour.

Il fallait amener de Salverne à la lui présenior lui-mcmc, cl il se gar-

Le domestique le suivit et, arrivé sous la marquise, lui indiqua un coupé éloigné des autres.

derait bien de combattre son affection, car il savait de quelle obstination sont capables les amoureux persécutés.

C'est par diversion qu'il agirait, aidé en cela par ses parents d'une part et d'autre part par le général d'Yrvoix, qui maintenant était comme eux dans la confidence.

Les deux amis, réunis par les mêmes travaux, étaient presque continuellement ensemble.

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