‹ Mariée en blancChapitre 34 sur 142 · LIV. 128. — MAlmiE EN ULA.NC, LIV · texte numérisé non relu

LIV. 128. — MAlmiE EN ULA.NC, LIV

lOiS MARIÉE EN BLANC

Il chantonnait en marchant.

Jean Renaud, son ordonnance, fut stupéfait de le voir ainsi métamorphosé, et le brave hussard s'en réjouit, car il était affectueusement attaché à son officier.

Ainsi que cela avait été convenu, Raymond de Coursades devait venir prendre son ami chez lui pour se rendre à la rue de Grenelle, et lorsqu'il arriva, il constata lui-même, sans en comprendre les motifs, le changement qui était survenu en lui.

Il observait Adrien tout en lui parlant, cherchant à quoi attribuer ce qu'il voyait et il ne parvenait pas à trouver une explication.

Les deux officiers avaient en outre rendez-vous avec Paul des Roselles qu'ils devaient aller prendre, rue de Lille.

La voiture de Raymond les y conduisit, et de là à l'hôtel du duc d'Azergues.

Déjà de nombreux invités étaient réunis dans le grand salon de l'hôtel.

Le général d'Yrvoix en grande tenue et la générale, Blanche leur fille; M. et M""' delà Faloise, Gaston leur fils; la baronne de .Cheinillé avec la marquise de Varades, sa lîlle et le marquis ; le vieux docteur Vandal qui était en ce moment à Paris, tous les parents et les amis les plus intimes de Claudius et du comte de Bellegarde.

La duchesse d'Azergues et Régina se prodiguaient avec la meilleure grâce, ravissantes en leurs magnifiques toilettes.

Luce, qu'une robe de salin crème couverte de point d'Angleterre mettait réellement en beauté, était aussi dans le salon.

Elle tressaillit lorsque, après avoir annoncé Paul des Roselles et le capitaine de Coursades, elle enteiulil le valet de pied prononcer le nom d'Adrien de Salverne.

Il se passa à l'instant en elle quelque chose de mystérieux et d'indéfinissable.

Elle se souvint de la fête récente donnée chez le baron de Coursades, au cours de laquelle elle avait eu plusieurs fois le jeune capitaine pour cavalier.

Pourquoi aujourd'hui Adrien produisait-il sui- elle une imnrcssion si ililférente?

Pourquoi se S(;nlail-t'lie attirée vers lui?

PoiM(|uoi éprouvait-elle une âpre convoitise à sa vue?

Pourquoi se scnlait-ellc on quelque sorte fascinée par lui?

Elle se demandait :

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— Ne serait-il pas amoureux?... Oui, il faut bien que son cœur soit pris pour qu'il ne me voie pas.

Et avec résolution et quelque dépit :

— Je le saurai bien ! se dit-elle.

Adrien lui avait seulement adressé un salut respectueux et il avait été aussitôt attiré par le comte de Bellegarde et par Claudius, qui lui reprochaient de ne pas se souvenir assez de leur amitié.

Les invités continuaient à arriver.

On n'attendait plus que le baron et la baronne de Coursades, les parents de Raymond.

Alors Luce, sous l'impression produite sur elle par Adrien de Salverne, dépitée en quelque sorte en ne le voyant pas plus assidu auprès d'elle, sortit un instant du salon.

Elle vint dans la grande salle à manger où la table somptueuse était dressée.

Elle regarda les noms écrits sur les cartes timbrées de la couronne ducale, indiquant les places des convives, et elle chercha celui du capitaine de Salverne.

Elle le trouva et elle prit cette carte qu'elle échangea avec celle de Gaston de la Faloise, que l'on avait mis à côté d'elle.

Habituée à faire ce qu'elle voulait, le majordome, qui surveillait les derniers préparatifs, ne prit même pas garde à ce qu'elle faisait.

Dans le salon, on n'avait pas remarqué son absence, qui n'avait duré que quelques secondes.

Elle revint et se mêla à la conversation de quelques jeunes filles de ses amies qui causaient d'un prochain mariage auquel elles devaient assister dans le Midi, où elles devaient aller pour le reste de la saison.

Puis, lorsque l'on annonça :

— Madame la duchesse est servie.

Luce d'Azergues prit le bras que Raymond lui offrit et elle lui dit :

— Est-ce une inspiration qui vous a guidé?... Vous allez être précisément mon voisin de droite à table.

— Ce sera un grand honneur pour moi, mademoiselle, répondit l'cfiicier.

— Et votre ami, M. de Salverne, ajouta Luce, sera à ma gauche.

— Alors l'armée aura le droit d'être fiera, dit galamment Raymond, et certainement elle saura apprécier son bonheur.

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