‹ Mariée en blancChapitre 61 sur 142 · LIV. 14o. — MARIÉE EN BL.\NC. Liy. 14o · texte numérisé non relu

LIV. 14o. — MARIÉE EN BL.\NC. Liy. 14o

Iln4 MAniÉE EN nLANC

rais pas me trouver dans sa culotte, car je suis sûr qu'il se fera tailler une de ces boutonnières qui n'ont rien à voir avec le capitaine d'habillement.

Pierre Lion n'osait questionner son ami, car il avait compris ce que souffrait Miette.

Alice lui avait fait un signe.

— Voyons, dit-il pour cbanger de conversation, on ne va pas s'être retrouvé pour se lâcher comme ça.

— Parbleu! lit le hussard. Mais pas en ce moment, car je suis on retard; l'officier qui devait me remettre les flamberges n'était pas là el j'ai posé plus d'une demi-heure.

— Demain, alors?

— Oui, si toutefois je ne suis pas consigné, car c'est demain malin que mon commandant va sur le pré et il est probable qu'il aura besoin de moi pour m'envoyer porter des nouvelles aussitôt la chose réglée.

Jean Renaud ajouta :

— Enfin, puisque tu es définitivement à Paris, on aura le temps de se voir.

— Je le pense bien. D'abord tu viendras à ma noce. — N'est-ce pas, Alice?

— Ce n'est pas de refus, répondit l'ordonnance d'Adrien de Salverne.

La jeune fille acquiesça d'un signe de tête.

— Où demeures-tu? questionna le hussard.

— Chez ma tante, M'"'^Davoul, 10, avenue de Clichy, répondit le sousofficier.

— Bon, c'est noté là. Au revoir, cai' je suis pressé.

Pierre prit la main que Jean Renaud lui tendait et il lui dit :

— Au revoir.

Le vieux cavalier sahia galamment les deux jeunes filles ol il accéléra le pas en s'éloignant.

Alors, Pierre el Alice purent s'occuper de Miette dont la i>àlt'ur faisait peine à voir.

La fille de M'"'' Davoul, uni lui dimnail le bras, lui dit :

— Ma pauvre mignonne, lu le lourmcnlcs... J'ai bien compris ce que lu souffrais.

— .Non... balbutia Mii'Kc, c'est le saisissement... de celle nouvelle...

Tu l'aimes loujours, va.

MAltlKE EN BLANC H5o

La pauvre fille était incapable de répondre.

Elle était confuse de laisser paraître sa faiblesse et elle voulait la dissiper.

Elle y parvint à la longue, pendant qu'on s'était remis en marche et que Pierre Lion causait, s'efforçant de la rassurer.

Elle fit un héroïque effort sur elle-même et elle parvint un peu à imposer silence à son cœur.

Miette conjecturait en elle-même, pendant que Pierre Lion et Alice lui parlaient.

Elle essayait de comprendre les motifs de cette rencontre d'.\drien de Salverne.

Elle n'en trouvait aucun.

Ce n'était pas avec un officier qu'Adrien se battait.

Avec un civil!... Pour quel motif?

Quelque chose disait à .Miette que le mariage d'Adrien n'était pas étranger à cette affaire.

Mais que s'était-il passé?

Page 1