LIV. 17Ù. — MARIÉE E.N BL.A.NX. LIV
les parages du numéro 27, de façon à voir qui entre et qui sort, et si vous voyez M. de Lizieux, le propriétaire de cet hôtel ..
— Té, dis-lui un peu comment il est fait, M. de Lizieux, puisque tu le connais, dit Tistin en s'adressant à son ami.
— Un grand, répondit le Narbonnais, avec le lorgnon en or, tout rasé, très chic.
— Eh bé ! si vous le voyez entrer, vous viendrez à bride abattue me prévenir ici, ajouta notre ami.
— Compris, fit le cocher.
Tistin lui mit une pièce de cinq francs dans la main, et il ajouta :
— Voilà pour boire un coup à ma santé et pour tuer le temps pendant la faction.
Ghichois remercia et partit.
— Maintenant, à mon tour, se dit notre ami.
— .\ltends un peu, hé ! lui dit Bouguarès. 11 ne faut pas partir à jeun, c'est malsain, mon cher. Voilà justement la bourgeoise qui nous annonce que le café au lait est servi; arrive.
— Eh bé ! tout de même, mon bon, un peu de lest dans la cale, ça ne fait naviguer que plus droit.
Le déjeuner du matin était servi.
M'"^ Bouguarès veillait elle-même à tous les détails de son ménage, travaillant avec sa bonne, comme dans le temps où elle faisait tout ellemême.
Tistin promit de revenir à midi.
Il allait, ce matin-là, se rendre à la rue Marbeuf, espérant bien, au moyen de Pélago, savoir où il trouverait José de Lizieux et, par lui, essayer d'arriver à son prétendu père.
C'est ce qu'il fit, en effet.
H se rendit aux Champs-Elysées, grâce à une combinaison de correspondance d'omnibus dont il connaissait admirablement la pratique.
11 monta l'avenue jusqu'à la rue Marbeuf et, ayant à peine' pris le temps d'examiner la maison qu'habitait Pélago, il se présenta à la concierge.
Notre ami avait combiné, pendant le trajet, de quelle manière il allait s'y prendre.
Il demanda :
— C'est bien dans votre maison, pas viai, que demeure M"' Pélago.
— Oui, répondit la concierge rcctiliant : M"" Pélagie.
— C'est ça; Pélagie, Pélago, vc, c'est comme moi Baplistin et Tistin.
— C'est au premier.
— Bon. Je voudrais savoir si M. José de Lizieux, son amoureux, est à Paris en ce moment.
— M. José.
— Voui, le fils de M. de Lizieux de la rue de Courcelles. Je suis un ami de son papa et je voudrais le voir.
— C'est tout ce qu'il y a de plus facile; M. José est depuis samedi ici.
— Ici!...
— Oui, chez M°" Pélagie.
— Oh bé! tron de l'air! ça tombe joliment bien.
— Vous n'avez qu'à monter au premier. M. José y est, mais je ne sais pas s'il est déjà levé.
— Merci, ma bonne dame, je monte.
Et, sans hésiter, notre ancien quartier-maître gravit l'escalier que la concierge lui indiqua, en face de sa loge.