‹ MarieRose drame en cinq actesChapitre 73 sur 113 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

. MARIE -ROSg.

Et les méchants qui me poursuivaient? . ,

LA MIGNONNE

Us sont partis.

mauib-hose, avançant sur le palier.

Ah !.. . ( Regardant le ciel.) Comme le temps est calme, à présent; comme l’air est pur.

LA MIGNONNE

Il fait bien bon travailler au soloil. ( Feignant de botteler une gerbe.) Ne voulez-vous pas descendre pour m’aider?

MARIE-ROSE

Descendre. . . non . . ils me verraient.. . ils reviendraient... Ici. ». je les brave. . . car j'ai l’incendie pour mp défendre.

LA MIGNON* B, à part.

Mon Dieu ! (Ici Robert, gui s'était egehé derrière la meule, paraît au premier plan à droite.)

MARIE-ROSE

L’incendie I... c’est beau. Tu ne sais pas ce que c’est, peut-être? Attends, je vais t’en faire voir un. (Elle va rentrer dans la grange; Robert, gui a son fusil, ajuste Marie-Rose; mais la Mignonne Fa vu* d’un bond elle s'élance , et, de ses deux petites mains, abaisse le canon du fusil.)

la mignonne, avec effroi.

Ahl

marie-rosk, s'arrêtant et se retournant.

Ce sont eux, n’est-ce pas?

la mignonne.

Non, madame. . . ils sont partis.

MARIE-ROSE

Ils sont partis ?

LA MIGNONNE

Oui. . . ils sont loin. . . bien loin.

marib-rose.

Mais on dirait que toi aussi, tu as peur.

la mignonne, affectant la sécurité.

Peur !... moi !. .. pas du tout, madame.

troisième couplet.

Plier vaut donc mieux que pleurer;

Qui prie a le droit d’espérer.

marie rose, descendant l'escalier.

Console-toi, pauvrette,

Dieu voit ce qu’en regrette.

LA MIGNONNE

Le bien perdu te reviendra.

marie rose, continuant à descendre.

Vu bel aDge qu’il enverra

68 MARIE-ROSE

Te le rendra.

MARIE-ROSE et t.\ MIGNONNE.

v Un bel ange qu’i! enverra .

Te le rendra.

[A mesure que la Mignonne a vu descendre Marie-Rose, elle a fait h

Robert des gestes suppliants pour l'éloigner. Quand Marie-Rose est

au bas de l’escalier, Robert a disparu derrière la meule.)

MARIE-ROSE

Cet air. ., qui donc te l'a appris ? .. ■> ■

LA MIGNONNE. ... il.../ • .

Une sainte femme qui m’a élevée

MARIE-ROSE

Tu avais raison... on est bien au soleil... ( Elle étend les bras; l’un d'eux est ensanglanté.)

LA MIGNONNE

Du sang! . . . vous êtes blessée !...

Blessée. . . je ne sais pas.

la mignonne, déchirant son mouchoir de cou.

Attendez. . attendez.. . [Elle bande la plaie.) Vous devez bien souffrir. . . n’esl-ce pas?

MARIE-ROSE

Je ne sens rien.. . rien... qu’à la tôle. . . Oh!. .. là. . . là... j’ai bien mal.

LA MIGNONNE

11 ne faut pas rester au soleil, alors. . . Venez vous placer là, à l’ombre. . [Elle amène et fait asseoir Marie-Rose sur une sorte de brancard qui a servi, au commencement de l'acte, a apporter des gerbes. Ce brancard se trouve tout à fuit à l' avantscène, et abrité par la meule. Ainsi placée, Marie-Rose ne peut pas voir Caussade qui, pendant la scène qui suit, sort de la ferme et monte doucement dans la grange pour aller chercher sa lanterne. Marie-Rose, aisise, reste un moment la tête appuyée sur ses deux mains, et comme cherchant un souvenir.)

MARIE-ROSE

Cet airl. . . ma bonne mère me berçait en le chantant... plus tard, moi, j» le chantais à Ambroise. . . Ambroise. . . qu’il y a longtemps que je no l’ai vul est-ce que c’est lui qui t’a envoyée pour me chercher ?

la mignonne, vivement.

Oui. . . oui. .. c’est lui.

marié-rosé, lui prenant les deux mains pour la mieux

voir en face.

Regarde-moi donc !... C’est singulier... je ne te connais pas...

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