Jouons cartes sur table, cher monsieur Rochefort
Ou H. de Freycinet qui, comme protestant et panamiste, a tout pour faire un dreyfusard, est par-dessus le marobé un traître, ou les paroles qu'il a prononcées à la
. V':«iff?ï
tribune : « Il n'y a pas de secrets militaires et l'espionnage est une légende, ont exprimé tout le contraire de sa pensée, ou enfin les agents du Syndicat Dreyfas, qui triomphent bruyamment de ces aphorismes, travestissent volontairement les déclarations du ministre de la guerre.
Je ne crois pas qu'il y ait jamais eu au pouvoir et peut-être au monde un homme plus profondément roaé que M. de Freycinet. A Tinstar de son coreligionnaire Brisson, il semble toujours qu'Hun abîme se soit creusé de lui-même entre ce qu'il a dit et ce qu'il a voulu dire. Avec son air modeste de pasteur à la retraite, il est évident qu'il cherche à mettre M. Dupuy dans sa poche et qu'il essaye momentanément de contenter tout le monde, en vue d'un ministère dreyfusiste, dont il serait le chef avéré ou occulte, et qui assurerait peu à peu le triomphe définitif des Reinach, des Trarienx, des Dreyfus et des Picquart.
Ce ministre chargé de défendre l'armée est, bien plus encore que M. Loubet, à la merci de ceux qui la vilipendent au profit du militarisme allemand, que ces antimilitaires ne cessent de célébrer. Boule-de-Juif le tient par les papiers de l'escroc Jacques de Reinach; M. Clemenceau ne Ta pas moins à sa discrétion, grâce aux papiers de Cornélius Herz. Ce dernier qui, plusieurs mois avant l'explosion du Panama, lors de mon exil à Londres, m'avait demandé une entrevue, vint me supplier de cesser mes attaques contre Constans, à ce moment ministre de l'intérieur, et dont V Intransigeant publiait l'instructif et intéressant dossier.
Le vieux forban, très lié avec lejuif américo-allemand commanditaire de la Justice^ l'avait certainement délégué auprès de moi pour tenter la cessation d'une campagne qui le menaçait non pas seulement dans son honneur, dont il avait depuis longtemps fait le sacrifice, mais dans son portefeuille, dont il ne voulait à aucun prix se séparer. Et voici ce que me dit, textuellement et en présence de témoins, le maître chanteur Cornélius Herz'
« JouoQS cartes sur table, cher monsieur Rochefort. Cessez seulement pendant quinze jours vos attaques contre Gonstans, et je m'engage ici, devant vous et les personnes présentes, à le faire monter à la tribune pour y déposer en votre faveur un projet d'amnistie pleine et entière. »