Nous sommes toujours sûrs de gagner
[on œuvre consiste à avertir les Français à leur atrer, à leur faire en quelque sorte toucher du doigt éril que font courir à la Patrie ces Juifs, dont la for- :able puissance vient de s'affirmer d'une si insolente )n et qui veulent livrer la France à l'étranger. In réalité, je n'ai pas à défendre le général de Boisre que je n'ai jamais vu, pas plus que le général ise, le colonel Henry ou le colonel du Paty de Clam. )ans l'intérêt immédiat de mon pays, je souhaite que général de BoisdefTre reste dans l'armée. Il est, au e de tous les amis et même de tous les adversaires raux de la France, le seul chef d'Etal-Major qui
poisse mettre en mouvement cette de la mobilisation.
Eq considérant l'intérêt de ma Pal vae plus étendu et plus lointain, en m de vue de l'avenir, je crois que Texp de Boisdeffre de Tarmée pourrait i résultats.
Je pense, en eiïet, que la France r lorsqu'elle sera délivrée des Juifs q déshonorent et la trahissent.
Or, les mesures qui seraient prises de Boisdeiïre et d'autres chefs de Vi qa'accélérer encore le mouvement rendant plus intense ^t plus profon Jaif qui atteint déjà des proportions DOS Hébreux eux-mêmes ne se doutent
Chacun se dirait :
c Gomment! voilà des ofQciers qui états de service, qui ont vaillamment France, qui se sont dévoués à la réorgî arméCé Ils se sont peut-être exagéré présenteraient certaines révélations ; faire Dreyfus; ils ont pris pour conj des moyens qui n'étaient pas toujou été affolés par l'audace du Syndicat pas dans ce qu'on leur reproche de chai.
» Et ce sont ces braves gens que T»
qui? sur Tordre dequi? Sur l'ordre d" qui est le neveu, le gendre et le succe rable von Reinach, qui était notoirer un agent allemand. L'homme qui sen France serait ce Joseph Reinach qui ombre de pudeur, aurait dû, après Panama, aller cacher loin de chez jamais déshonoré. »
Si les officiers qui ont été mêlés étaient immolés aux rancunes du Syi
222 LIYRB TROISIÈME
quelques bons serviteurs de moins dans notre armée. Il y aurait aussi quelques cris de fureur de plus contre l'infamie de ces Juifs qui font chasser des rangs les meilleurs parmi nos officiers parce qu'ils ont déplu à TAUemagne.
De quelque côté que se prononcent les événements, nous sommes toujours sûrs de gagner^ puisque nous avons l'âme et le cœur de la France avec nou«...
Conclusion de l'interpellation Pabre. — Séance du Sénat du 21 mars 1899. — Rochefort larde Jaurès à travers le corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ. — Edifiante résignation de saint Drumont et du père Dulac, — Saint Drumont renifle l'àlcôve des vieilles juives. ~ Pieuse componction du Père Dulac. — Lqs Petites Affiches publient la séparation de corps entre la « miraculée du document libérateur » et son mari. »
Le prophète éructe au début de sa jérémiade un verset sur l'ingratitude de ses amis : « Vomir » et « ignobles injures » tombent de ses lèvres. Noble suavité de langage, signe manifeste d*inspiratîon divine 1 « Si Méline avait eu une étincelle de patriotisme! » Le prophète en a une fournaise, avec baîllon, chemise soufrée, tout un lot d'antiquailles de llnquisition. « El alors nous n'aurions pas eu Fachodal » Il faudrait voir ; c'est comme l'empoisonnement de Félix Faure ; ce n'est pas sûr ; mais ça fait tant plaisir aux pieux lecteurs de la Libre Parole!
« Mon œuvre consiste h avertir les Français, à leur montrer, à leur faire en quelque sorte toucher du doigt le péril que font courîr àla Patrie les juifs dont la formidable puissance vient de s'affirmer d'une si
insolente façon. » Tes juifs, ô prophète, s'appellent Grimaud et Duclaux, Seheurer-Kestner et Zola, Monod et Hervé de Kerohant, Picquart et Lebloîs, Bérenger et Maxime Lecomte : sont-ils plus circoncis que toi? Un seul des magistrats de la Chambre criminelle de la Cour de cassation est-il juif? Non- Et cependant, de par toi, ils le sont tous ; il y a en 1899 des millions de circoncis en France.
Tu transformes en défenseurs des juifs quantité de Français qui prennent en horreur ton antisémitisme brutal et injurieux. C'est ton premier miracle.
a De quelque côté que se prononcent les événements, nous sommes sûrs de gagner. » Çà, le charlatan le conte au roi de la fable du bon La Fontaine. Tu as prophétisé d'ailleurs le 16 décembre 1898. « L'affaire a avancé de cinquante ans le triomphe de l'antisémitisme, qui est la France de l'avenir (1). » Le Charlatan demande dix ans, sans plus, pour faire de son âne un lecteur de la Libre Parole : ton boniment retarde.
Le 21 mars 1899, Joseph Fabre poursuit son interpellation au ministre dé la guerre.
1. — Fabre retire soq interpellation et la chanfçe en question. — « Pourquoi le Président du Conseil n'a-t-il pas perquisitionné au siège de la Patrie française, dès le 14 février? — Pourquoi le ministre de la guerre n*a-t-il pas empêché l'embauchage d'officiers par la Patrie française? — Le ministre de la guerre s'est effacé, lors de la souscription Henry, souscription de guerre civile. — Pourquoi ne fit-il pas un exeniple, dès le premier jour oU le nom d'un officier figura à la souscription?— Lettre d'un général. — J'attends ce qu'en dira le ministre de la guerre. »
M. Joseph Fabre. — Messieurs, en remontant à la tribune, j'ai à cœur d'exprimer au Sénat mes regrets, mes excuses et mes remerciements. M. Le Président et nos collègues m'ont donné un témoignage d'extrême bienveillance, que je n'oublierai jamais.
(l) Tome VlUi p. 2*4;
Messieurs, je n'avais d*autre but^ en interpellant, que d'amener le Gouvernement à nous apporter quelc[ues déclarations catégoriques que je juge nécessaires poumons rassurer sur son intention d'empêcher toute immixtion de l'armée dans la politique.
Dès lors, j'avais pensé tout d'abord à ne poser qu'une simple question à M. le Ministre de la Guerre. Mais Thono. rable M. Le Provost de Launaym'ayantpl'évenuqueses amis et lui se proposaient de faire transformer ma question en interpellation, il me parut plus simple et plus commode pour tout le monde d'opérer moi-même cette transformation.
Depuis, il s'est produit un incident, qui modifie la situation, Au cours de la dernière séance, M. Le Provost de Launay a déclaré à la tribune que la droite renonçait à intervenir dans ce débat.
M. Le Provost de Launay. — Gela dépend de ce que vous direz.
M. Joseph fabre. — Alors, l'autre jour, vous n'avez renoncé à parler que parce que la discussion semblait devoir tourner court, faute de contradicteurs.
Vous ferez ce qu'il vous plaira. Quant à moi, n'ayant plus de motif pour maintenir mon interpellation, je la retire, et» revenant à mon idée première, je me bornerai à poser à H. le Président du Conseil et à M. le Ministre de la Guerre une simple question, à laquelle ils acceptent de répondre. [Très bien !)
M. Le Provost de Launay. — Je demande la parole pour UD fait personnel.
M. Le Président. — L'interpellation étant retirée, je vais donner la parole à M. Joseph Fabre pour poser la question que le Gouvernement accepte. Mais auparavant je la donne à M. Le Provost de Launay pour un fait personnel.
M. Le Provost de Launay. — Je ne viens pas reprendre l'interpellation. Je profite simplement de l'occasion que m'a fournie M. Joseph Fabre, en me nommant, pour apporter à la tribune une rectification.
L'autre jour notre honorable collègue avait entrepris de démontrer que le rôle d'un député, actuellement retenu en pri- |80D, avait revêtu un certain caractère.
Je lui ai fait remarquer, dans une interruption, qu'il n'avai t Das le droit d'attaquer un homme hors d'état de lui ré-
rd
!. Destieux-Junga . — Vos amis ont bien attaqué le coel Picquart qui ne pouvait, pas non plus leur répondre. I. Le Provost de Launay. — Nbus parlerons de^lui quand is voudrez. En tous cas, je ne crois pas avoir jamais mêlé Lom du colonel Picquart à nos discussions, lais pour revenir au député dont il s'agit, je tiens accuser que j'ai eu ce matin la confirmation de Tobservation 5 j'adressais à M. Fabre. Je suis en mesure de déclarer que propos prêtés à M. Déroulède sont absolument inexacts I. Le Président. - La parole est à M. Joseph Fabre. I. Joseph Fabre. — Je ne puis me dispenser de répondre ïlques mots à M. Le Provost de Launay. L'autre jour j'ai que devant la statue de Jeanne d'Arc, M. Déroulède avait lé de Jeanne d'Arc comme étant la vraie femme de ince, prétendant qu'il voulait être lui-même le vrai homme France. {Mouvements divers,) I. Le Provost de Launay. — 11 n'a jamais dit cette sol-
I. Joseph Fabre. — C'est une sottise, soit : il ne Ta pas î. Mais enfin M. Déroulède est allé devant la statue de nne d'Arc, et s'adressant à ses partisans leur a dit : « Je is donne rendez-vous à jeudi. » (Interruptions à droite,) 'arrive à la question que je désire poser à M. le Président Conseil. Ne se contentant pas de glorifier la patrie et mée, la Ligue da la Patrie française a fait œuvre polile dés son origine : elle est devenue la réserve de la nde armée nationaliste, dont la Ligue des patriotes et la ae antisémite constituent la double avant-garde. Cette )ciation politique a provoqué des affiliations occultes d'ofîFS, et je demande à M. le Président du Conseil s'il na
eu, dés le début, connaissance de ces pratiques, et s'il pas songé à aviser immédiatement .
3 lui demande si, alors que la presse a été saisie, alors
moi-même, dès le 14 février, j'ai demandé à poser une stion au Gouvernement, s'il n'aurait pas pu se livrer à
enquête qui lui aurait appris toute la gravité des abus imis, et s'il n'aurait pas dû dès ce moment procéder à
perquisition au siège des ligues.
uelques jours après, au lendemain de l'équipée de la cale de Reuilly, le Gouvernement a jugé qu'il ne pouvait tinuer le bénéfice de tolérance gouvernementale à la Ligue la Patrie française ni à la Ligue des Patriotes, ni à la
Ligue Antisémite. Ces ligues ont été perquisitionnées, trop tard il faut le reconnaître, et elles devront répondre de leur existence devant la justice.
Peut-être le Gouvernement expliquera-t-il pourquoi il a ' préféré suivre cette voie vis-à-vis de ces groupements plutôt que de procéder à leur dissolution, par mesure administrative, comme il le fît pour la Bourse du Travail ; il eût ainsi évité de leur préparer l'éclat d'un procès retentissant, dont déjà on escompte l'effet.
 M. le Ministre de la Guerre, je demande pourquoi il n'a pas notifié aux généraux qui furent les premiers adhérents lie la «Patrie française «^ qu'il leur conviendrait de s'abstenir de s'affîlier à une ligue politique, au moment même où la ligue poursuivait une campagne politique en faveurde la loi de dessaisissement. {Mouvements divers,)
Pour agir, M. le Ministre de la Guerre a attendu que le Parlement ait été saisi de la question.
Et alors qu'a-t-il fait? Selon l'habitude, il a rappelé l'existence des lois et règlements en vigueur.
Je trouve qu'il arrive trop souvent qu'on soit obligé de rappeler leur existence (Très bienl à l'extrême gauche, ) Je préférerais que, par des mesures disciplinaires prises à temps, le Ministre évitât qu'on le mit dans la nécessité de les rappeler. (Très bien ! très bien I)
11 ne s'est décidé à agir que sous la pression de l'opinion publique.
Je ne doute pas que les affiliations n'aient cessé dès l'envoi de la circulaire ministérielle, mais je dois cependant constater que, cinq jours après, les 19 et 20 février, des bulletins d'embauchage étaient encore reçus par des officiers.
Peu auparavant, monsieur le Ministre, vous aviez donné un témoignage d'effacement de votre autorité, où je verrais presque une abdication, d'effacement de cette autorité si éclairée que je la voudrais toujours énergique et agissante.
C'est lorsqu'il s'est agi de la souscription Henry, de cette souscription que j'appellerai une souscription de guerre civile (Très bienl Applaudissements à gauche), quia été le rendez-» vous des appels les plus cyniques, les plus brutaux, les plus féroces : l'esprit de haine, d'envie, qui était de nature à créer chez nous une atmosphère de contre-révolution, et à nous faire descendre même au-dessous de l'Empire, de l'Empire
qui, lui au moins, se réclamait des principes de 1789 et se déclarait le défenseur de la liberté civile.
M. Le Provost de Launay. — Mais ce n'est plus une question. Vous sortes des limites du règlement. Vous parlez de TEmpire. Vous savez bien que la France entière le regrette tous les jours.
M. Joseph Fabre. — Vous êtes libre de le regretter. La France, qui lui doit les hontes de l'Invasion, ne le regrettera jamais.
Voix à droite. — Trouvez des expressions plus neuves.
M. Joseph Fabre (s adressant à la droite). — Je vous remercie, messieurs, de votre courtoisie.
Je disais que cette souscription a été le rendez-vous des appels les plus coupables, qu'elle nous faisait descendre audessous des pires régimes, quelle aurait pu nous ramener aux horreurs des guerres de race et de religion, aux quinzième et seizième siècles .
M. Le Provost de Launay. — De quelle souspcription parlez- vous?
M. Joseph Fabre. — De la souscription Henry.
M. Le Provost de Launay. — J'y ai souscrit et je m'en honore.
M. Destieux-Junca. — On s'honore comme on peut.
M. Le Provost de Launay. — - Je suis aussi honorable que vous et si vous voulez faire de cela une affaire pe]:6onnelie, je répondrai directement.
M. Joseph Fabre. — Je n'attaque personne individuellement.
M. Le Provost de Launay. — Je défends le bloc.
M. Joseph Fabre. — Dans cette souscription, on demandait une nouvelle Saint-Barthélémy, on déclarait que la France avait besoin d'un sabre, on employait des expressions que je ne répéterai pas, car elles souilleraient ma boucbe. (Très bien I très bienl à. gauche.)
Pourquoi, dès que cette souscription a été ouverte, dès qu'un nom d'officier y est apparu, M. le Ministre n'est-il pas intervenu pour couper court à ce nouvel abus, à cette nouvelle atteinte au principe essentiel que l'armée doit rester absolument en dehors de la politique ? Cela, il ne l'a pas fait, il a laissé le mal s'étendre. Et pour y remédier, qu^a-t-il trouvé ? Faire une nouvelle circulaire.
Je ne parlerai pas de certaine allocution où des génèraui
W^iR»
se sont départis de la discrétion qu'ils doivent observer sur tout ce qni touche à la politique, de certains articles de journaux envoyés par des officiers à des journaux, môme autres que la Libre Parole et Y Intransigeant^ qui, comme on le sait, ont Thabitode d'être honorés de semblables communications.
M. LE Mlnistre de la Guerre. — A quelle allocution faites-vous allusion ? Pourriez-vous citer des faits précis ?
M. Le Provost de Launay. — Vous dénoncez tout le monde. Cest odieux. L'orateur ne se renferme pas dans les limites d'une simple question.