Souteneurs, qui n'ont passé que leur raacalauréat
Gomme ces aigrefins n'avaient à leur service aucune preuve de l'innocence qu'ils s'étaient, moyennant la forte somme, chargés de faire éclater, ils se sont rabattus sur les premiers arguments qui leur tombaient sous la plume ou sur la langue. Et, comme nous soutenions que Dreyfus est on ne peut plus coupable, ils ont essayé de faire dévier le débat en nous accusant de cléricalisme : ce qui est juste aussi loyal et aussi spirituel que d'accuser M. de Morenheim de trabison.
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Et Jaurès, cet ex-puritain devenu purotin et qui, ayant en qualité de normalien son diplôme du baccalauréat, ne rougit pas de collaborer avec d'anciens souteneurs qui n'ont passé que leur macalauréat, feint de croire que c'est en haine delà religion dans laquelle est né le traître que nous le poursuivons avec cet acharnement.
Est-ce assez bête et assez piteux I Mais supposons un instant que ce soient nos enfants et non les siens qui aient été baptisés avec de l'eau expédiée de Palestine; admettons même que nous nous préparions à faire maigre le vendredi de la semaine prochaine et à faire nos pâques le dimanche d'après. En quoi cette soumission à des pratiques imbéciles infirmerait-elle la culpabilité du chenapan que la Cour de cassation s'apprête, nous l'espérons fermement, à attacher plus solidement et plus inexorablement que jamais aux *aspérités dé son rocher ?
Si nous disposions, comme le fait le sous-jésuite Jaurès, notre progéniture à recevoir sous forme de petite galette — pas de galette dreyfusarde, laquelle est beaucoup plus grosse — le corps de Notre-Seigneur Jésus- Christ réduit en tablettes comme le café dé la maison Reinach, nous serions de sinistres crétins, mais Dreyfus, auquel les fumistes de la bande tentent de substituer M. de Mohrenheîm, n'en serait pas moins le monstrueux gredin pour la libération duquel toute la juiverie des deux mondes a déjà dépensé plus de soixante millions.
On assure que là Cour de cassation est résolue à se dégager, dès le premier jour, de toutes les superfétations dont la canaille dreyfusarde a encombré systématiquement r <( Affaire. » Les nouveaux magistrats que le vote de la Chambre vient d'adjoindre aux anciens n'auront pas à examiner si la réhabilitation de Dreyfus ne constituerait pas une éclatante revanche de la Saint-Barthélémy et une protestation contre les autodafés dont Voltaire a tracé dans son Candide une si spiritaelle
description. Ils jugeront le criminel sur des docaments et des dépositions, et il y a tout lieu de le croire, ils auront vite acquis la certitude que le vrai coupable n'est pas Russe et qu'il ne s'appelle pas Morenheim.
Le clou de la pantalonnade est le lazzi décoché à Jaurès, à travers « le corps de Notre-Seigneur Jésus- Christ ». Le Père Du Lac est réjoui. Le prophète ne prépare pas de chemise soufrée. Il est beaucoup pardonné à Rochefort parce qu'il a beaucoup haï : il ira droit au Paradis, avec indulgences plénîères : ses oraisons jaculatoires méritent bien cela. Saint Pierre lu? prépare la meilleure place : il prie Louis Veuillot de céder son fauteuil au clown. Ah I si quelque youtre commettait cet attentat à la religion traditionnelle du peuple français !
Ce serait une autre antienne : naais les bons pères s'accommodent aux circonstances : cela coûte si peu.
Le 23 mars, Drumont publie « Les Images » :