‹ Marin, Paul. Histoire documentaire de l'affaire DreyfusChapitre 34 sur 78 · Les alcôves des vieilles Juives · texte numérisé non relu

Les alcôves des vieilles Juives

Le Peiit'Bleu publiait l'autre jour un beau dessin, un dessin qui faisait penser.

Gela représentait une sorte de gentleman- far mer, montant un grand cheval solide mais sans allure.

L'homme apparaissait vigoureux encore sous le poids des ans, mais d'aspect simple et rustique. Il portait une veste commode de paysan un peu aisé, un pantalon grossier, des bottes fatiguées.

On avait, devant cette vision, comme le souvenir d'une eau-forte de Rembrandt, représentant un cavalier roulé dans son manteau et chevauchant sous des rafales de tempête et de pluie.

C'est un dessin que la Ligue de la Patrie française devrait répandre. Le cavalier, en effet, n'était autre que lancien chef d'état-major général, l'élève et le successeur de Miribel, dans lequel avait confiance un pays qui

a donné sans compter son or et ses enfants pour avoir une armée. Négociateur heureux d'une alliance que deux grandes nations désiraient ardemment, il était aux côtés du Tsar au moment des fêtes russes, et on Tacclamait comme la personnification de patriotiques espérances qu'on croyait déjà près de devenir des réalités.

L'éloquence du dessin est dans un imperceptible fléchissement des épaules, qui indique Thomme qui tient encore, mais qui trouve tout de même que la charge est un peu lourde. Ce n'est pas un vaincu; c'est un homme qui semble en avoir assez.

Celui-là, en effet, n'a pas seulement reçu une cheminée sur la tète, il a reçu une montagne tout entière : la montagne d'injures, de mensonges et de calomnies que la Juiverie fait rouler sur ceux qui la gênent dans ses opérations malpropres, le bloc d'ignominies que le Juif, expert en de tels travaux, peut tirer de la vénalité, de la corruption et de la prostitution des grandes capitales où il règne en maître.

Sur les épaules de ce cavalier un peu courbé il y a les 500 articles que Clemenceau, qui n'a jamais écrit une ligne pour défendre Turpin, l'enfant du peuple et le grand inventeur, a consacrés à la cause du sympathique et vertueux Dreyfus. 11 y a les interminables et filandreuses tartines de Jaurès; il y a la prose d'Yves Guyot qui n'est pas légère. Il y a les insultes des socialistes enjuivés et les perfidies du Figaro, journal lu, comme on sait, par le monde selecty journal aimé des familles aristocratiques qui ont des fils officiers, journal cher aux châtelains et châtelaines élevés dans des établissements religieux.

Il y a tout ce qui a pu sortir d'abominable et de fétide des alcôves des vieilles Juives, des salons interlopes, des banques internationales et des agences d'informations antifrançaîses; il y a tout ce que le monde juif traîne après lui de parasites, de mercenaires, de sophistes, de ratés qui dînent chez Shylock en attendant l'honneur d'être présentés à Nucingen.

II y a les Protestants et les Anarchistes, les Intellectaels et les Dynamitards, les rédacteurs du Temps et du Père Peinard fraternellement réconciliés sous les auspices de la Synagogue. Il y a Lavisse qui pontifie, Anatole France qui essaie d'ironiser, Pressensé qui, d'une voix tremblante, crache des canailleries. Il y a le Prussien, l'Anglais, le Belge; Conybeare, Bjoernson, Maeterlinck, il y a les cartes postales que les Juifs ont mises en circulation dans toute l'Europe...

Le fait est qu'il y a beaucoup de choses sur les épaules de ce pauvre et vaillant soldat et Ton s'explique qu'involontairement il baisse un peu, sous une telle avalanche, une tète qu'il tenait droite sous la mitraille.

Page 1