Qui m'a appelé? Je n*ensais rien
Je n'ai jaoïais mieux compris rimbéclllité des jours présents qu'en lisant tout ce qu'on a imprimé à propos de mon article sur Ësterbazy et sur le général de Boisdeffre. Mon œuvre, cependant, est bien simple, et, pour tout être de bonne foi, elle est d'une saisissante unité.
J'ai été l'homme d'une vocation; j'ai été appelé, vocatus pour accomplir une mission, pour avertir mon pays des dangers que lui fait courir le Juif qui a été, chez tous leà peuples et à toutes les époques, considéré comme un ennemi public, parce que, chez tous les peuples et à toutes les époques, il a été un agent de dissolution, de corruption, de division, de trahison et de ruine.
Qui m'a appelé? Est-ce le bon Génie de la France qui m'apparut comme le Génie de l'Empire apparut à Julien dans le palais des Thermes ? Est-ce le Génie de la Révolution méconnue par ceux qui en ont profité? Peut-être. Je n'en sais rien.
La vérité est que je trouvais la désignation dure et le fardeau un peu pesant et que je médis :
ce C'est vraiment une tâche ardue, lorsqu'on n'a pas le sou et que l'on n'est qu'un modeste écrivain que le grand public ne connaît pas encore, d'être chargé de renverser de leur trône d'or des hommes qui ont des milliards, qui disposent de la Presse du monde entier, qui, en réalité, ont tout à eux. »
Je ne fais nulle difficulté d'avouer que j'eusse préféré que le choix tombât sur un autre. Mais de tels appels ne souffrent pas qu'on se dérobe. J'aurais voulu ne pas écrire mon livre, que je n'aurais pas pu ne pas l'écrire.
Mes lecteurs ne verront dans ce que je dis aucune
Digi
g@6 UVRE QUATRIÈME
comparaison sacrilège, mais, au fond, l*œuvre des Antisémites a beaucoup d'analogie avec celle de Jeanne d'Arc.
On aperçoit maintenant Théroïnè poétisée et grandie par la Victoire et le Malheur; mais il est probable qu'elle était bien anxieuse, bien angoissée, la pauvre et vaillante enfant, lorsque, dans sa robe de toile rouge de paysanne, elle allait trouver Baudricourt pour lai dire cette chose énorme qu'elle était chargée de sauver la France. '
Quand j*eus commencé à parler, il se trouva que j'avais traduit les colères, les indignations, les haines qui s'agitaient confusément dans Tâme de tous. La foule acclama en moi, non pas un écrivain éloquent, mais l'écho de sa parole intérieure à elle, le reflet de sa pensée à elle, foule. *
Beaucoup alors dirent néanmoins :
ce II y a du vrai dans ces livres, ces articles, ces discours, Qiais un élément d'exagération et de parti pris s'y mêle peut-être. »
2. — Les synagogues, les choules, les kéhilas des cinq parties du monde.
Aujourd'hui, après l'affaire Dreyfus, l'opinion de tous est faite. On a vu des misérables qui avaient reçu chez nous la plus généreuse et la plus naïve hospitalité, qui s'étaient enrichis à nos dépens, organiser contre nous la plus monstrueuse et la plus infâme des campagnes, chercher à nous frapper dans cette Armée qui était la chair de notre chair.
Il a été prouvé, attesté, démontré, que tout ce que j'avais dit sur la formidable puissance des Juifs, sur la solidarité qui les unissait d'un bouta l'autre de la terre était encore au-dessous de la vérité.
Pour organiser le « chambardement général » en France, on a vu les journaux de l'univers marcher d'accord, les synagogues, les choules, les kehilas des cinq parties du monde se cotiser et les Juifs à tire-bouchons de Gallicie payer des taxes pour la campagne
entreprise comme les Juifs les plus huppés des grandes capitales.
Les Français sont fixés désormais et il n'est pas un homme jouissant de son bon sens qui ne soit parfaitement Gonvaincn que la prochaine Révolution se fera au cri de : <sc A bas les Juifs I » comme la Révolution de 89 s'est faite au cri de : « A bas les Nobles ! »
Les Juifs un peu intelligents n'ont eux-ïnèmes aucune illusion à ce sujet. Pour employer cet argot qu'ils affectiennent, ils comprennent qu'ils ont « fait dans notre malle et qu'ils ont sali jusqu'au cadenas. »
L'idée antijuive est entrée dans les moelles de la nation tout entière, comme les idées de Rousseau étaient entrées dans les moelles de la génération qui a fait la Révolution française.
Les classes moyennes, les petits commerçants, les voyageurs de commerce, tous ceux^qu'éorase la concurrence déloyale des Juifs, sont depuis longtemps avec nous. Les ouvriers qui ont un peu lu et réfléchi nous viennent tous les jours ; ils ont été écœurés, en effet, par les exercices extravagants auxq[uels les chefs socia* listes se sont livrés à propos d'un traître avéré 1
Cette campagne a été pour le prolétariat un trait de lamière. Il n'y a pas en effet, à Paris du moins, un ouvrier qui osât vous soutenir sans pouffer de rire que ce gros rhéteur de Jaurès, ce féroce strug for lifeur qu'est Clemenceau aient le cœur tellement bon, telle* ment tendre, tellement sensible qu'ils aient écrit des centaines et des centaines d'articles par pure sympathie pour un capitaine d'état-major qui n'avait rien de particulièrement intéressant.
Il est bien évident pour tout être raisonnable que s'il s'était agi d'un pauvre diable, on n'aurait pas dépensé des millions, fondé des journaux et organisé des syndicats pour le tirer d'embarras.