N DE DREYFUS
l'affaire Drejfas a été un symptôme de décomposition nationale.
Et voilà pourquoi, Marcel Habert et moi, nous ayons voulu faire une tentative de guérison nationale.
Noos entrons ensuite avec M. Paul Déroulède dans l'histoire et dans une triste histoire du parlementarisme. Les scandales successifs qui ont rendu si tristement intéressantes certaines périodes du régime parlementaire nous sont rappelés avec un luxe de détail que je juge inutile de reproduire ici. Ils sont encore trop proches pour que nous les ayons oubliés. Tout ceci aboutit natarellement pour le président de la Ligue des Patriotes à la nécessité de faire tomber la troisième République.
Il y a, continue-t-il, une question sociale, mais cette question ne sera jamais résolue par le pouvoir parlementaire actuel, car il faut pour la résoudre un pouvoir fort et juste! Les parlementaires actuels ont infbsé dans les veines de la justice le virus des lois constitutionnelles...
Et comme M. Paul Déroulède prononce le nom du président de la République, un incident se produit.
M. LE PRÉSIDENT. — Je mc vois obligé devons interrompre. Votre système de défense est d'accuser les institutions qui nous régissent. Je vous ai laissé libre. Je n'ai pas voulu vous arrêter quand certaines expressions auraient pu m'y autoriser, mais je ne vous permettrai pas de mettre en cause la personnalité du président de la République.
M. DÉROULÈDE. — Pardon, monsieur le président, je suis obligé de parler de l'élection du président de la République, M. Loubet, puisque c'est son élection que j'ai combattue et qui m'a poussé en avant. D'u reste, je n'en parlerai qu'avec modération. Je ne l'ai pas outragé autant que je le pense !
M. Lombard, avocat général. — Je tiens à protester contre les dernières paroles de M. Paul Déroulède, et je l'avertis qu'au moindre outrage, je prendrai cpntre lui les réquisitions d'usage.
delà se gâte. La salle murmure. Quelques exclamations se font entendre. M. Déroulède adresse un geste menaçant à Tayocat général :
J'obéirai au président, •s'écria-t-il, mais moi, accusé, je Le m'inclinerai pas de)vant les menaces de TaTOcat ^ral. ^
a salle part en bravos. Mais des protestations traverle prétoire. « Vive Déroulède I » crient les uns, et autres ne demandent rien moins que la « Haute r I » On exagère, et voilà tout de suite que Ton ne à l^incident plus dUmportance qu'il n'en a. Ainsi va-t-il toujours, dans ces réunions publiques, où cun garde difficilement son sang-froid. Mais enfin, rentre dans l'ordre, grâce à quelques explications tives de M* Oscar Falateuf.
tM. Paul Déroulède continue :
1 ! on ne veut pas débarrasser la France du parlementaie« eh bien, nous, les plébiscitaires, nous ferons tout ' nous en débarrasser, et le ùioyen libérateur c'est d'asr, une bonne fois, la souveraineté nationale, c'est de i faire l'élection du président de la République par le )le, c'est d'avoir des magistrats qui rendent la j-ustice et soldats à i'armée> en un mot, c'est la réorganisation plète de l'Etat.
est pourquoi, messieurs les jurés, j'ai tenu à avoir vos âges, ceux de votre conscience et ceux de votre esprit! L, d'ailleurs, ce que j'ai dit au général Roget, je lui ai : « Sauvez la France ! Sauvez la République ! Que notre soit un 4-septembre militaire sans efifasion de sang ! » îla ne constitue ni un pronunciamiento, ni un coup at, mais une révolution populaire soutenue par Tarmée 5S bons républicains se demanderont si cet acte ne cons- 1 pas une tyrannie militaire ; non, car il faut que les oirs civils soient aidés par les pouvoirs militaires, m, monsieur le président, non, messieurs les jurés, il | < pas vrai de dire que j'ai prêché l'indiscipline aux petits 3tts. J'ai échoué auprès de leur chef, c'est vrai, mais B fera son chemin, elle reprendra sa marche et rien ne ra l'arrêter.
lelqu'un mettra de nouveau la main sur la bride doree heval d'un général et réussira là où celui qui vous parle )as réussi. C'est là, messieurs les jurés, que sera le sale la République et de la France. C'est là ce que j'avais à
REVISION DE LA CONDAMNATIOIf DE DREYFUS 423
VOUS dire. Et ce que vous entendrez par la suite, déposition, déclarations de témoins, etc., rien ne modifiera ma pensée, ni, pour Tavenir, ne changera mes actes.
Sur ces dernières paroles, le président suspend Taadience*