SON | MEL
nœuds, contre les grands paquebots en service sur l’At- Jantique, dont la marche varie de 19 à 23 nœuds. La vitesse de 17 nœuds 3 servira-t-elle à les poursuivre ou à les fuir ? | ‘ Personne ne peut combattre cette constatation, pas même M. Normand, le grand constructeur du Havre, qui, dans un livre récent, a émis sur le combat des idées nouvelles. Les grandes vitesses, dit-il, sont inutiles en temps de guerre; si elles sont utiles à un pays qui, comme l’Angleterre doit garder sa supériorité sur les mers, elles servent peu à un pays qui, comme la France, ne cherche une supériorité que sur un point donné. Au reste, une escadre est faite pour combattre et non pour fuir : la rapidité diminue forcément son homogénéité ; elle force à réduire les cuirasses des bâtiments. Il vaut mieux posséder trois cuirassés lents que deux cuirassés rapides. Les grands croiseurs de guerre ne sont mêmes pas utiles. « Le vrai rôle du bâtiment de combat est de combattre ».
A la Chambre des députés (séance du 4 novembre 1897) M. Raiberti a cité cette théorie et y a trouvé la nécessité de la vitesse dans la marine auxiliaire puisqu'elle est niée dans la marine de guerre, car les croiseurs seront toujours chargés d’escorter les torpilleurs et les éclaireurs d’escadre.
Les croiseurs auxiliaires rapides remplaceraient ainsi les eroiseurs de guerre à grande marche.
Le raisonnement de M. Raiberti fausse un peu la situation. M. Normand n’a jamais voulu dire sans doute qu’une
PART 6 JR
flotte n’eut pas besoin de navires capables d’escorter des éclaireurs. C’est un principe premier en matière de tactique navale. Mais ce genre de navires est toul trouvé dans des bâtiments légers et rapides du genre « contretorpilleurs ».
De plus, un croiseur auxiliaire, par le seul fait qu'il remplacerait un croiseur de guerre tel qu’on le conçoit aujourd’hui, servirait d'unité de combat. Si, par un hasard de guerre, le New-York, un jour battit le Columbia, justement grâce à l’extrème mobilité de ses mouvements, il serait inexact de dire qu’un croiseur auxiliaire, encadré dans une escadre, soit autre chose, au moment du choc, qu’une unité gènante et d’avance battue. Le croiseur qui escorte des éclaireurs est fait au moment de la rencontre, pour se rabattre sur l’escadre et prendre part au combat. C'est alors que les forteresses flottantes deviennent utiles, mais les vapeurs de commerce, quel que soit leur armement, ne seront jamais comparables au moindre des eroiseurs cuirassés.
Reste donc aux croiseurs auxiliaires le rôle de corsaire. La vitesse est-elle alors, comme le disait M. Raiberti, la qualité nécessaire et suffisante? Il existe une autre condition indispensable. C'est le tonnage considérable du bâtiment.
On construit de petits navires à grande vitesse à des prix raisonnables : celle de 17 nœuds 5 peut, dans certains cas, être portée sans gêne à 20 et 21 nœuds sans qu'il en résulte pour l’armateur une trop grande diffé-