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rence de prix. Nous en avons des exemples dans les na- vires affectés au transport des voyageurs de Calais à Douvres et de Dieppe à Newhaven. Ce dernier service n’est pas subventionné. Les bateaux filent 20 nœuds, mesurent 82 mètres de longueur, et leur prix de revient ne dépasse pas deux millions. Ceux-là, au moins rempliront-ils remarquablement le rôle de croiseurs auxiliaires ? Il se trouve que le ministère de la marine, après examen, les a reconnus impropres au rôle assigné en guerre. On ne peut même pas, paraît-1l, y installer deux pièces de 14 cm., ce qui serait un minimum d'armement. Il faut et ceci résulte de la déclaration de M. Boucher, ministre du commerce, que les navires armés en guerre soient plus considérables.
À cette opinion s’en oppose un autre (1). Il existe entre l’Angleterre et l'Irlande, entre Southampton et les îles de la Manche, de petits vapeurs britanniques. Leurs dimensions sont semblables à celles des vapeurs « Dieppe- Newhaven ».CGes navires qui filent 20 et 22 nœuds, sont, paraît-il, considérés par l’amirauté anglaise comme très aptes à porter des canons. |
D'ailleurs, une autre comparaison s'impose. IT existe dans la marine de guerre de fort petits bâtiments, dont les tailles sont plus réduites que celles des navires en question. Ceux-là portent des canons. Ceux-là peuvent être armés.
(4) M. Lockroy.
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Or bien souvent ils filent des vitesses très inférieures. Personne ne songe à les déclarer inutiles en temps de mobilisation. :
A l'Etranger enfin, à côté des paquebots types devant remplir les fonctions de croiseurs auxilaires, les petits bateaux à marche extra-rapide sont destinés à éclairer les escadres.
Telles sont les deux opinions contraires.
Nous devons nous incliner devant la première, puisqu’elle a été admise par le ministère de la marine. Ce dernier, en effet, est seul juge, d’après la loi, des plans et des navires qui lui sont proposés. |
Le problème est donc ainsi posé :
Pour obtenir la surprime, est-il possible à des armateurs de construire des navires filant 17 nœuds 5, et capables d’être armés en guerre?
Supposons un instant que la vitesse de 17 nœuds 5 soit suffisante, et qu'il y ait quelque utilité à primer des navires pouvant fournir cette vitesse. Il n'en résulte pas moins que les obligations imposées par le ministère ne sont mathématiquement pas exécutables.
Il existe une loi de construction navale, dite Loi de Fronde, qui peut se chiffrer ainsi : une augmentation de vitesse de 1 0/0 équivaut à une augmentation de longueur de 2 0/0, de déplacement de 6 0/0, de machine et de char-bôn de 7 0/0.
Ilest dès lors évident que les navires construits en vue d’une vitesse supérieure à leur moyenne commerciale
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coûtent beaucoup plus cher que les autres. La surprime n’est alors plus suffisante pour combler la différence.
Le conseil de la société des Etudes coloniales et marilimes a, dès 1894, présenté des observations au ministre de la marine. MM. Duprat, directeur des Chargeurs Réunis, et Muller ont exposé ce qui suit :
Un navire de 3.000 tonnes de jauge brute, filant à 19 à 13 nœuds aux essais, et 10 nœuds en service, coûte 1.500.000 francs. : |
Si le même navire doit filer 17 nœuds 1/2, il coûtera > millions.
Dépenses annuelles résultant de l’excédant de capital : (usure 5 0/0, assurances 5 0/0, intérêt 5 0/0) = 225.000 francs. |
Les deux types naviguent commercialement, à 10 nœuds, pendant 180 jours par an, et parcourent 43.200 milles.
Le navire non surprimé touchera : 119.232 francs (1). Le navire surprimé : 248.400 francs (2).
C'est donc ün avantage pour le surprimé de 129.168 francs. Mais il faut en déduire les dépenses annuelles d'intérêt, etc. soit 225.000 francs. L’armateur sera donc en déficit.
La vitesse du surprimé est-elle de 15 nœuds, soit 360 milles sur 180 jours par an ?
4. 43.200/100 X 3.000 tx X 0.92 (prime de 1.10 par tonneau pour une moyenne de 10 années) (décroissance).
2, 43.200/100 X 5.000 XX 0.92 — 198.720 + 25 0j0.
FLN SO ER ES CRT ATEN RT MARNE CEE
Il touchera 372.600 francs (1).
Le navire non primé ne touchant que 119.232 Es il existe en faveur du surprimé une différence de 253.368 francs. \
Mais aux frais pleure de 525.000 de coût, il y a lieu d’ajouter : charbon — 324.000 fr. (2) ; huïles — 32.400 fr. ; gages de l'équipage plus nombreux (30 hommes à 1.500 fr.) — 45.000 francs.
Soit 926.400 fr. dont il faut retrancher 253.368 fr. de surprime.
Déficit net : 673.032 fr.
L'augmentation du nombre de voyages ne couvrira jamais ce chiffre. $ La vitesse demandée, dans les conditions de l’arrêté ministériel, est donc impossible.
M. Muller indiquait alors au ministre l'exemple du paquebot Savoie, des Transports maritimes à vapeur, qui, destiné à la ligne du Brésil, filait aux essais 15 nœuds sans que la compagnie, harcélée par des compagnies concurrentes, songeât un instant à réaliser un type à surprime,
Le ministre de la marine a répondu le 5 mars 1894. Et : sa lettre a eu tout au moins l'avantage de préciser nettement la question.
La surprime ne peut et ne doit être accordée qu'a ‘aux
1. 64. 800/1000 X 5.000 tx X 0,92 — 298.080 + 25 0/0. 2. 60 tx 180 jours x 80 fr.