‹ Marine Marchande Primes Et SubventionsChapitre 46 sur 70 · CO EP NAT FR PE SUR · texte numérisé non relu

CO EP NAT FR PE SUR

Quel est le but de ceux qui veulent la suppression de la

demi-prime ?

Substituer aux navires achetés à l'étranger des navires construits en France. L'augmentation de primes accordées aux armateurs doit compenser la dépense supplémentaire qu'ils doivent faire pour acheteren France leurs navires. | | |

La suppression de la demi-prime empêche, nécessairement, un armateur d’acheter un navire ailleurs qu’en France. Il ne sera plus soutenu dans sa lutte journalière avec les navires étrangers et français. Un navire construit en France reçoit la prime directe à la construction de 65 fr. ; plus la prime de navigation de 250 fr. par tonneau, soit 313 fr. Un navire de 100 tonneaux recevra ainsi 315.000 francs. Que pourra faire un armateur livré à ses propres moyens ?

Nous nous trouvons alors en présence de deux catégories :

€ Il ya d’abord les armateurs existants, ceux qui ont des lignes établies, qui sont en possession d’un trafic ma-

ritime déjà prospère. À ceux-là est faite une libéralité excessive. On leur maintient des primes opulentes, pour des navires que dans les dix dernières années, ils ont eu le temps d’amortir par les bénéfices qu’ils ont faits »... (1).

Mais à côté de ceux-là se trouvent de nouveaux armateurs, disposés à placer leur argent dans une entreprise maritime. Ceux-ci hésitent. Ils sont forcés d’acheter leurs navires en France. C’est, malgré la prime, une dépense excessive, parce que les chantiers français produisent à des prix beaucoup plus élevés que les chantiers concurrents. S'ils achètent leurs navires à l’étranger, ils ne peuvent lutter non plus contre les lignes déjà établies, puisqu'alors la prime leur fera totalement défaut.

La suppression de la demi-prime crée un obstacle à tout développement nouveau du commerce maritime.

« Ce que nous voulons incontestablement pour notre commerce, ce qui peut nous décider à maintenir le principe de la loi de” 1881, c’est la possibilité, non seulement d’expédier en tous lieux ou de recevoir et de transporter nos produits, mais encore de les transporter nous-mêmes. Nons savons en effet, que la localisation des transports crée la stagnation des affaires, que la nationalité du navire est, au contraire, la vulgarisation des produits, qu'il y a dans la circulation des navires à travers le monde une puissance attractive el expansive, et que c’est là le meil-

Page 1