‹ Marine Marchande Primes Et SubventionsChapitre 64 sur 70 · M. Pichon, Contre-projet. Chambre des députés · texte numérisé non relu

M. Pichon, Contre-projet. Chambre des députés

De Lyon à Brest, Soieries : 198 fr. 55 ; tissus : 122 fr. 55.

De Genève, les cotonnades coûtent, pour le Havre, 100 fr. 50; pour Brest, 127 fr. 25. |

De Bâle pour le Havre : 62 fr.12; pour Brest: 114 fr. 90. |

La situation commerciale du Havre est donc supérieure, à celle de Brest, de Cherbourg ou de La Palice-Rochelle, : puisque ce sont les trois ports aujourd’hui opposés au. Havre. Il est vrai que la Palice est plus proche des frontières du Sud-Est de la France etque les marchandises venant de Lyon auraient un fret moindre à payer. Il parait néanmoins établi que le grand commerce transatlantique est localisé dans le Nord de la France.

Les défenseurs du Havre ont de plus rappelé l'exemple de Brest, escale des navires de la Compagnie générale Transatlantique, de 1861 à 1874. Les marchandises étaient embarquées et débarqüées au Havre. A Brest, le commerce était nul. De plus, en 1873, sur 4.293 passagers, 314 seulement sont allés s’'embarquer à Brest, et, au retour, sur 3.181 passagers, 798 son descendus à Brest,

D'où cette conclusion que Brest n’est pas plus un port à voyageurs qu'un port à marchandises.

Ceci nous amène à envisager le véritable côté de la question. Les vapeurs de la Compagnie générale Transatlantique sont des navires postaux. [ls doivent aller vite. Il leur faut rechercher les ports où la marée ne les arrête pas, et parcourir la route la plus courte de France aux Etats-Unis.

Mais si Brest, en 1873, était délaissé par les voyageurs, la cause en est simple. Les vapeurs dela Transatlantique n’abordaient pas à quai. Ils restaient en rade. L’attérage était difficile. Les chemins de fer étaient encore lents. Aujourd’hui, il existe des quais, des voies ferrées sur ces quais, et les trains transatlantiques peuvent atteindre des vitesses beaucoup plus considérables. Brest n’est pas un port à marchandises. Il peut être un port à voyageurs.

À côté de Brest, Cherbourg. On prétend que l'entrée à Brest est difficile, que les passes sont dangereuses et les accidents fréquents. Cherbourg possède le même avantage que Brest. C’est une rade. La marée ne s’y fait pas sentir. Les compagnies allemandes l’ont bien compris. Elles en ont fait leur port d’escale. En 1895, 2.470 passagers y étaient débarqués, en six mois ; en 1896, 5.415; en 1897, 5.263. Et le rapport aux actionnaires de la Compagnie Hambourgeoise-Américaine disait en 1896 : « Les vapeurs à double hélice Augusta-Victoria, Columbia, Normannia et Fürst-Bismark ont donné des résultats particulièrement beaux. Ils doivent l’augmentation de leurs recettes au transport des voyageurs de 1 et de 2e classe, et à notre décision de faire escale sur la ligne de et pour New-York à Cherbourg » (1).

Il est vrai que la dépense de chemin de fer est plus considérable de Paris à Cherbourg que de Paris au Havre.

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