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Tonnage net à vapeur

en compte en 1896 : 896.346, soit une augmentation de 464.646 tonnes.

L'Espagne passe, de 260.308 tonnes en 1886, à 339.920: en 1896 ; elle a gagné en ces dix ans, 78.912 tonnes ;

L'Italie, en 1886,comptait 129.482 tonnes, et en 1896, 218.599 : soit un accroissement de 89.110 tonneaux.

La Hollande, 141.071 tonnes en 1886, obtient 222.439 tonnes en 4896, et fait ainsi un bond de 81.368 tonnes.

La France enfin, perd 5.347 tonnes. Son chiffre de 1886, 494.093, s’est abaissé en dix années à 488.676.

En d’autres termes, l’Angleterre a augmenté en dix ans son tonnage à vapeur de 53 0/0, l'Allemagne de 107 0/0, l'Espagne de 30 0/0, l'Italie de 68 0/0, la Hollande de 97 0/0.

La France perd 1 0/0.

L'Allemagne, notre rivale d’hier, a donc fait ce bond prodigicux. Elle a plus que doublé sa marine. En 1871, au lendemain de ses victoires militaires, elle comptait à peine 500 navires, qui cubaient 500.000 tonnes. En 1897, son pavillon flotte sur 3.592 bâtiments, qui représentent 1.502.000 tonnes. Des ports immenses se sont construits, L'un d’eux, qui gardait du passé une splendeur antique, s’est modernisé au point de devenir l’une des premières villes maritimes du monde : Hambourg est un point de départ pour (ous les pays lointains. Brème s'est formé,

Bremerhaven s’est adaplé au commerce spécial transatlantique.

Le chiffre total du mouvement allemand se montait en 1888, à 23.900.000 tonnes ; en 1896, à 32.000.000 de tonnes. Hambourg reste en tête: son tonnage se chiffrait en 1880, par 5.500.000 tonneaux. En 1898, il atteint 14.800.000 tonnes. Brème, dépasse le chiffre de 4 millions. En 10 ans, il a gagné 700.000 tonnes. D’autres villes encore ont grandi. Et c’est là, le signe le plus certain de ia force vigoureuse du commerce allemand que cette progression monstrueuse de ses ports et de sa marine marchande.

Que dire, à côté de ces résultats, de l’état stationnaire des ports français. Celui de Marseille, a gagné 600.000 tonnes en six ans. Il atteint 4.900.000 tonnes. Mais le Havre, second port maritime de France, est tombé de 2.500.000 à 2.400.000. Bordeaux, Rouen, faiblissent, alors qu’auprès de nous, dans ces petits pays industriels qui sont nos rivaux aujourd'hui, Rotterdam, en 1897, voyait entrer dans ses bassins 6.200.000 tonnes et Anvers, 6.500.000. |

Nous ne parlons pas de l'Angleterre, qui traverse une crise, et dont le tonnage pourtant se chiffrait en 1889, par 39.100.000, et en 1897, par 44.900.000 tonnes. Sur tous les marchés du monde, des pays jeunes lui font une concurrence intense. L'Allemagne et les Etats-Unis, forment une association tacite, leur ligne de conduite estla même, ils suivent une marche parallèle. Et le Japon en

Extrême-Orient veut devenir un Royaume-Uni nouveau. Après avoir été le grand client de l'Angleterre, à laquelle il faisait des commandes considérables de navires, il commence à construire lui-même. Et l'Angleterre tremble pour sa suprématie navale en Extrème-Orient.

Nous ne voulons pas donner à cet aperçu plus de portée qu’il n’en doit avoir. Chaque marine doit être proportionnée à l’expansion du pays auquel elle appartient.

L'activité considérable de l'Allemagne a appelé nécessairement le développement de sa marine. Nous ne pouvons espérer un accroissement semblable. Mais quel que soit le point de vue, le résultat est précis. La marine marchande française décroît. Telle est la situation qu'a provoquée la loi de 1893. |

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