LA HARPE
Oh ! ne pouvoir trouver une ame assez hardie, Qui veuille réchauffer ma poitrine cngouidic !
LÀ HARPE DOSSIAN. 57
Un cœur dont mon destin puisse faire partie; Un bras qui me dérobe aux coups de l'océan !
Je regardai le ciel et j'y vis Ossian.
11 était comme un dieu, ceint d'une ardente écharpe;
Et de son doigt brillant il m'indiquait sa harpe.
« Ramasse, me dit-il, cet auguste débris,
« Que ton ame et tes rocs deviennent ses abris;
1 Et rends, à l'ayenir, le rude chant gallique
« Frère de tes zéphyrs, parfumés de musique. »
A moi, harpe des mers, m'écriai-je aussitôt, Viens, fille de Fingal ! et d'un pas intrépide J'escaladai le roc anguleux et rapide... Mais quel flot colossal court sur nous, ou, plutôt. Quel mont mouvant s'avance, engrondant, vers la cime Où la harpe se livre au transport qui l'anime. Comme sur l'ennemi fondait le soldat roi! Horreur ! le flot , tandis que je pâlis d'effroi , Déferle sur le roc, prend la harpe... et l'abîme!!