‹ MarinesChapitre 22 sur 76 · LEVER DU SOLEIL · texte numérisé non relu

LEVER DU SOLEIL

Un grand cercle écarlate incendia le ciel . Et nue étincelante, et brume violette, Tout suivait le soleil qui, fier de cette fête, Semblait voler vers l'Éternel.

Mais il s'éleva seul : et son pompeux cortège S'effaça, se perdit, comme un flocon de neige. Et, comme une traînée ardente de soleils, Du rougeâtre honzon jusqu'à la rive sombre, On voyait ses reflets étinceler sans nombre Dans les ondes des flots vermeils.

La tête du Coudon*, immense, monstrueuse, Noire dans l'ouragan, fut belle et lumineuse Au solennel instant qui m'électrise encor. Ses étages de rocs, escaladant les nues, Quand le soleil frappait sur leurs épaules nues Semblaient des citadelles d'or'

• Montagne près Je Toalon.

Celle lêle penchail par delà les montagnes, Et d'un œil arrogant plongeait dans les campagnes. On eût dit, en voyant le cadavre du mont, Qu'un léopard géant , dont le regard flamboie , Cuetlail, silencieux, quelque superbe proie Errante au loin dans l'horizon .

Et toi, ma Désirée, à cet instant sublime, Oii les feux du soleil volaient de cime en cime. Que faisais-tu? Peut-être un souvenir d'amour Te retenait charmée et rêvant sur ta couche : Ou que, les yeux en pleurs, tu collais sur ta bouche Un portrait plus cher que le jour!

SOLEIL COUCIIAM.

Laissez-moi coiUera[)ler ce couchant du soleil î Laissez-moi voir le ciel tapissé de vermeil!

Des lambeaux de nuages pendent Dans le rouge occident. D'im magnifique éclat Les monts brillent : tandis que dans le vallon plot

Les ombres du soir se répandent.

Les têtes de ces monts, ceintes de blancs frimas Se dressent, étalant sous nos tièdes climats Un rude tableau moscovite !

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