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plus ; «ur les plages déserte» comme sur les rives fréquentées. Depuis quand? jusques à quand? Réponse perdue dans l'immcnsilé !
Il va trois choses, voyez-vou?, chez nous, danslemidi, qui, à elles seules, feraient un poète; et ce sont elles qui ont fait Poney. Trois choses mariées ensemble : la mer, le vent, le soleil.
La mer, que le vent quelquefois caresse ameureusement, promenant sur son sein un frémissement de plaisir, un mouvement de vie et des courants de fraîcheur voluptueuse; que d'autres fois, comme un jaloux furieux, il saisit, il étreint jusque dans ses profondeurs, »1 soulève et brise violemment contre les rochers; ou bien qu'il abandonne comme un infidèle, dans son lit de sable, morte, immobile, grande surface inanimée.
Le soleil, qui réserve pour la mer tousses feux, tous sesdiamants , tous ses ruisseaux d'or , de perles , déraeraudes et de pierres aux mille couleurs, qui les lui verse en longs reflets , qui la poursuit dans chacune de ses vagues, et, sous le brûlant de ses baisers, l'attiédit, l'attire à lui, l'élève, l'entraîne en vapeur; puis, qui , dans un jour de caprice , se retirant d elle der-
lière dopais nuag:es, la laisse froide et noire, elle iia- {;iière si liéde et si rcsplendissanle.
Ces trois choses ont fait Poney poêle.
Quel inonde de pensées, de sentiments, dimag:cs , de synil)oIes; quel monde d'événements n'y a-l-il pas, pour une ame rêveuse, dans la moindre des parcelles de tout ce qui se rallache à ces grandes choses : un débris de lié;:e dans la mer, une feuille dans le vent, une traînée d'atomes dans un rayon de soleil.
Quavez-Yous vu ^ Poney, dansées parcelles infimes, quand vous vous êtes laissé prendre à elles, et que vous êtes resté debout, sur le port, une heure entière à les considérer?
Ce liège que la même vague porte et remporte dans une oscillation incessante, et qui a laut de mal à prendre terre : esl-ce un vaisseau de haut bord luttant contre lorage près de la côte? Esl-ce la dernière missive, le dernier signal d'cxislence que le naufragé, en sombrant, a confié à la mer, et que la mer, en messager fidèie, veut rendre au monde habité? Esl-ce le désir humain, sans cesse attiré et sans cesse repoussé? Celle feuille que pousse et ballotte le vent : est-ce l'espoir, esl-ce l'amour, esl-ce la promesse, est-ce la vie de ihomme : quatre jouels d'un souffle? Esl-ce une ame coupable que l'esprit de justice chasse dans le
oar LelLc.: